dimanche 24 novembre 2013

DANS QUEL MONDE SOMMES NOUS

Mobilisation des lutteurs pour la libération d’un présumé « trafiquant de drogue » : Le ridicule ne tuera jamais les illettrés Dimanche 24 Novembre 2013 - 11:17 A peine fut entamée la rédaction d’une contribution sur l’impact dans les rangs du discours du Chef de l’État Macky SALL lors de la Journées des Armées, que nous nous imposions l’épreuve du décryptage de la marche, dirigée par le zélé « roi des arènes », pour exiger la relaxe du promoteur Luc Nicolae. Cette marche, initialement prévue pour ce jeudi 15 novembre 2013, fut fort heureusement, interdite à la dernière minute, par le préfet de Mbour. Pensant que celle-ci allait être autorisée, nous écrivions, la veille de sa tenue, ce que vous lirez ci-dessous. Mobilisation des lutteurs pour la libération d’un présumé « trafiquant de drogue » : Le ridicule ne tuera jamais les illettrés Convenons-en. Si Luc Nicolaï est vraiment innocent, les juridictions sénégalaises n’attendront jamais une quelconque intimidation pour le libérer. Quel intérêt l’État sénégalais, et surtout nos juges, auraient-ils à maintenir dans les geôles déjà bondées de monde un individu qui ne constitue aucune menace, qui n’a commis aucun délit ou crime ? Il n’y a que l’illettrisme criminogène de ces sportifs qui peut expliquer cette volonté de tenir tête aux agents de contrôle et aux institutions sénégalaises. Mais attention ! Une autre question mérite réflexion. Cette marche n’aurait lieu qu’à la seule condition que les autorités aient donné leur approbation. Combien de marches ont été interdites sur, quelque fois, l’argument de « trouble ou de possibles menaces à l’ordre public » ? Des manifestions interdites donc, en raison de leurs caractères singulièrement illégaux quoique le droit à la marche soit inscrit comme principe constitutionnel incontestable. Même le cas Karim WADE, que le PDS aurait pu, par maintes ruses, utilisé pour réclamer la légitimité d’organiser des manifestations récurrentes et dénoncer l’emprisonnement de ce dernier, en s’appuyant notamment sur l’argument de « condamné ou prisonnier politique » afin de déstabiliser le Pouvoir en place, susciterait de nombreux doutes sur la bonne foi des organisateurs, dont le Peuple décrie encore et toujours la gestion quand ils tenaient les rênes de pouvoir. Pourquoi donc tant de zèles chez ces lutteurs qui osent croire qu’une marche pourrait faire reculer notre justice à laquelle même notre président Macky SALL ne saurait se soustraire ? Auraient-ils oublié que le roitelet de Bèthio THIOUNE, qui se croyait tout permis, a été ramené à son statut de simple citoyen du fait de son « implication » dans l’assassinat de deux de ses disciples ? D’aucuns croient, d’ailleurs, que si les preuves concordent pour l’incriminer, il n’aurait pas sa place auprès de ses épouses, mais plutôt en prison, quand bien même son état de santé resterait dégradant. Au-delà de l’inculture de ses lutteurs de l’arène, c’est véritablement l’illusion de la « noblesse » et de la « bourgeoisie » montante qu’ils « constituent » grâce aux cachets mirobolants de leurs contrats, mais également, l’infléchissement des valeurs sociétales sur leur popularité inique qui expliqueraient leur attitude audacieuse. Aux autorités, nous disions, dans l’une de nos contributions publiées sur de nombreux sites (Internet), que l’utilisation de l’image de Balla GAYE 2 pour ramener la paix en Casamance, plus qu’une erreur, était une insulte à toute l’ « intelligentsia » scientifique, diplomatique, politique et religieuse du Sénégal. Ne dites jamais à un singe qu’il est la meilleure créature de Dieu car il risquerait de se prendre un jour pour Dieu Lui-même. Ce rétablissement des faits et de la mémoire n’est, en aucun cas, ni une prévarication ni une invective à l’endroit de monsieur Luc Nicolaï (ou de qui que ce soit), à qui nous souhaitons d’ailleurs, une rapide relaxe si son innocence est avérée. Notre propos se veut sans ambages : La « nouvelle bourgeoisie illettrée » de la lutte sénégalaise doit être rappelée à l’ordre à temps, avant qu’il ne soit trop tard. Le Sociologue Rebelle

samedi 23 novembre 2013

COMMENT ASSUMER L HISTOIRE PERPÉTUELLEMENT REECRITE

Abdoulaye Wade : "Assumer l'histoire, quelle qu'elle soit " Samedi 23 Novembre 2013 - 20:04 Dans un hors-série du Monde paru en novembre 2008, Abdoulaye Wade, alors président du Sénégal depuis mars 2000, revenait sur l'instauration de la Journée du tirailleur. Avocat et éternel opposant à Léopold Sédar Senghor, Abdoulaye Wade s'est fait connaître par ses opinions tranchées et son franc-parler. Attaché à la réhabilitation du rôle des troupes coloniales, il répète avec vigueur que l'homme africain est bien entré dans l'histoire comme "bâtisseur du monde libre". Fils d'un tirailleur sénégalais, il évoque pour Le Monde l'histoire de son père et, au-delà, celle de ces centaines de milliers d'Africains partis se battre dans les tranchées de Verdun ou de la Somme. Abdoulaye Wade : "Assumer l'histoire, quelle qu'elle soit " En juin 2008 a eu lieu pour la quatrième fois, à Dakar, la Journée du tirailleur afin d'honorer les combattants des troupes coloniales qui se sont battues aux côtés de la France. Vous tenez beaucoup à cette cérémonie, pourriez-vous nous expliquer pourquoi ? ABDOULAYE WADE : Tous les Africains, particulièrement ceux de l'Ouest, et parmi ceux-ci les Sénégalais, sont très sensibles à tout ce qui touche les tirailleurs. Cela fait partie de notre histoire. Malheureusement, on avait tendance à les oublier. Par nature, j'étais enclin à plaider pour que les tirailleurs sénégalais (on qualifie ainsi indistinctement toutes les troupes coloniales noires) soient mieux perçus. Quand j'étais étudiant, j'ai visité plusieurs cimetières de soldats de la force noire en France. Pour faire connaître cette histoire, j'ai eu l'idée de lancer une Journée du tirailleur sénégalais afin d'expliquer chaque année la participation des soldats africains à la libération de la France et, au-delà, à la création du monde où nous vivons aujourd'hui, qui est un monde de liberté. J'ai donc consulté autour de moi, notamment le président Chirac, qui s'est dit enchanté. J'ai rencontré ensuite mes collègues présidents africains ainsi que les chefs militaires pour arriver au lancement de cette manifestation. Cette journée consiste en une cérémonie devant la gare Dakar-Niger, où arrivaient les tirailleurs avant de prendre le bateau pour la France. Les troupes défilent devant la statue de Dupont et Demba, qui représente un tirailleur et un poilu de la Grande Guerre. Cette statue n'est-elle pas un vestige du colonialisme? Cette statue, ce n'est pas moi qui l'ai commandée. Je pense qu'elle date de l'époque de Léopold Sédar Senghor [président du Sénégal de 1960 à 1980], lui-même ancien tirailleur sénégalais et prisonnier de guerre. Je comprends parfaitement que ce symbole ait eu une signification pour lui. Mais à son départ, on l'a enlevé. Un beau jour, je passe à l'endroit où elle était d'habitude, et elle avait disparu. Elle avait été reléguée dans un cimetière. Quand je suis arrivé au pouvoir, j'ai demandé qu'on aille la chercher car, pour moi, elle représente un pan de notre histoire. Il faut assumer l'histoire, quelle qu'elle soit. Il ne faut pas en effacer une partie parce qu'elle dérange. Ceux qui font des critiques trop sévères vis-à-vis des tirailleurs ou des régimes de l'époque et de Blaise Diagne [premier député noir à la chambre des députés], qui est à l'origine de l'engagement massif des tirailleurs dans la première guerre mondiale, sont des gens qui ne sont pas très justes. Certains qualifient Diagne d'agent de l'impérialisme. Je pense qu'ils ont tort. Pour apprécier son apport à l'histoire de l'Afrique, il faut le replacer à son époque, qui était une époque de non-droit. Les Africains n'avaient pas de droits. Ils étaient des sujets français. Et à cette époque, un homme s'est singularisé en prenant la défense des Noirs, c'était Diagne. A l'époque, les Sénégalais étaient contents de voir un Noir au Palais-Bourbon défendre la race noire. Il se battait contre le racisme. On récitait ses paroles, comme plus tard celles d'Aimé Césaire. Pour nous, Blaise Diagne était un symbole. Votre histoire familiale est liée aux tirailleurs et à la guerre de 14-18... Mon père et mon oncle sont tous les deux nés à Saint-Louis au Sénégal. En 1915, il y a eu une loi qui a permis aux citoyens des quatre communes (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis) de devenir français. Mais c'est une loi ultérieure, datant de 1917, qui en a fait des Français. Je suis dans ce cas-là : natif de Saint-Louis et donc, de ce fait, automatiquement français. L'avantage, c'est que nous étions ce que l'on appelait des "originaires". Dans l'armée, nous partagions le même régime que les Français : les mêmes vêtements, le même casque. Lorsque la première guerre mondiale a éclaté, la France a d'abord appelé ses citoyens. Tous ceux qui avaient la nationalité française devaient se présenter et faire leur service. Mon père et son frère, natifs de Saint-Louis, étaient concernés. Les Français ont regroupé tous les appelés à Thiès. C'est là qu'on formait les régiments qui partaient ensuite par mer pour la France. Mon père et mon oncle sont partis dans deux bateaux différents et à des dates différentes. Quand mon père est arrivé à Marseille, on l'a dirigé vers le front pour participer à la bataille de la Somme. Après, il a fait Verdun. Mon oncle lui a débarqué à Bordeaux, avant d'être envoyé directement en Afrique du Nord. Tous les deux ont fait la guerre, mais l'un s'est battu et l'autre pas. Mon père, blessé en 1917, est venu à Dakar en congé. Il a été soigné à l'hôpital principal de Dakar, on y trouve d'ailleurs encore son bulletin de santé. Après la guerre, mon oncle s'est vu remettre la Croix de guerre ainsi que d'autres médailles, il percevait également une pension. Et votre père ? Mon père fréquentait le foyer des anciens combattants à Dakar, mais il était vexé parce que lui n'avait pas eu de médaille. Même les avantages qu'on offrait aux anciens combattants, il n'y avait pas droit. Cela le révoltait. Un jour, il est venu me voir, j'étais devenu avocat, pour me demander de résoudre son problème. Je lui ai dit : "Papa, il n'y a pas de problème. La pension que vous recevez de la France, c'est trois fois zéro. Si tu veux, tous les mois, je te donne dix fois ça et on n'en parle plus, plutôt que de se lancer dans des procédures." Il est parti. Puis, un jour, il est revenu et m'a dit : "Je sais que tu as la capacité de résoudre mon problème, mais tu ne veux pas le faire. Je te préviens. Si tu ne le résous pas avant ma mort, je demanderai à Dieu que l'on ne se revoie pas dans l'au-delà." Je ne sais pas si vous voyez ce que cela provoque dans la conscience d'un musulman ? J'étais tellement secoué que j'ai confié mon cabinet d'avocats pour aller m'installer à Versailles en jurant : " Je ne bougerai pas d'ici avant d'avoir réglé ce problème ! " C'était au début des années 1980. J'ai donc commencé et j'ai fini par tomber sur un jeune colonel qui m'a aidé. Mais j'ai bénéficié d'une chance extraordinaire du fait de mon passage dans l'armée française. A l'époque, j'avais été affecté dans l'intendance, où je transcrivais des fiches. Je me suis dit que la confusion venait peut-être de là. Cette hypothèse s'est confirmée, parce que chez nous, on a l'habitude d'ajouter le nom du grand-père ou de la grand-mère au nom des enfants. Mon père s'appelait Momar Wade, mon oncle, Magatte Wade et mon grand-père, Massamba Wade. Ils s'appelaient donc Momar Massamba Wade et Magatte Massamba Wade. Je me suis donc dit : "Celui qui tenait les fiches était un Français qui n'avait pas connaissance de cela. Il s'est dit qu'il s'agissait d'une seule et même personne et il a tout fusionné." C'est exactement ce qui s'était passé. Charles Hernu, à l'époque ministre de la défense, lui a écrit une lettre : "Après des recherches fructueuses, nous avons pu attester que vous êtes un ancien combattant, que vous vous êtes battu dans la Somme, à Verdun", etc. Il lui a remis la Croix de guerre, la Légion d'honneur... Mon père était fier de ses médailles. Il les portait tous les jours sur son boubou. Cette guerre est importante dans votre histoire personnelle, mais est-ce aussi le cas pour les Sénégalais et les Africains en général ? La guerre 14-18 présente pour nous une grande importance et peut-être aussi un tournant dans l'histoire des rapports entre le Sénégal et la France. Faidherbe a créé le premier régiment de tirailleurs sénégalais en 1857. Certains tirailleurs ont participé à la guerre de 1870. Lorsque la guerre éclate, le 3 août 1914, vingt-sept soldats se portent volontaires ; en septembre, on en comptait deux cent vingt. Par la suite, la France a décrété qu'il fallait recruter des soldats dans toute l'Afrique. Les gouverneurs avaient reçu des instructions. Ce qui s'est passé alors est assez mal connu. Beaucoup de gens ne voulaient pas être soldats. Ils se sont sauvés. Il y a eu des exodes en Gambie, dans les territoires anglais, où le service n'était pas obligatoire, en Sierra Leone, etc. Les Français ont fait appel aux chefs religieux, notamment aux deux grandes confréries : les mourides et les tidjanes. Cheikh Ahmadou Bamba a donné plus de cinq cents soldats. Idem pour le calife des tidjanes. Ils ont réussi à convaincre les Sénégalais à s'engager dans l'armée. On a donc d'un côté les volontaires et de l'autre ceux qui étaient obligés de s'engager. Lorsque Clemenceau lance l'idée de faire venir quarante-sept mille soldats d'outre-mer, on assiste à de nombreuses révoltes. Au Mali, au Bénin, un peu partout en Afrique. Clemenceau a fait appel à Biaise Diagne. Ce dernier est venu en Afrique. Il a fait le tour des différents pays et multiplié les discours. Au lieu des quarante-sept mille soldats souhaités, il est parvenu à en recruter dans un premier temps soixante-dix mille. Il leur disait : "Vous voulez des droits. Si vous vous battez avec les Français, après la guerre, vous aurez les mêmes droits." Sa tournée l'a emmené dans toute l'Afrique occidentale française (AOF). C'est ainsi que les soldats sénégalais ont progressivement été engagés dans l'armée française. Ils ont participé à toutes les grandes batailles : la Somme, Verdun, la Picardie, le Chemin des Dames... Les soldats de l'Afrique de l'Ouest n'étaient pas seuls. La France avait aussi pris des soldats en Afrique équatoriale française (AEF) : Gabon, République centrafricaine, etc. Ils n'ont fourni que quinze mille soldats. Elle avait recruté à Madagascar (quarante et un mille), sur la Côte française des Somalis et en Inde. Les soldats africains représentaient environ deux cent vingt mille soldats, parmi lesquels soixante-dix pour cent d'Africains de l'Ouest. Ils ont participé à la guerre, puis ont été libérés par la suite. Ils n'ont eu aucune difficulté pour avoir des pensions, et il n'y a pas eu de problèmes avec les anciens combattants de la guerre 14-18, mais ils n'ont pas obtenu les droits politiques qu'ils espéraient. Au moment des indépendances, les tirailleurs ont été considérés comme des "suppôts " du colonialisme. Certains présidents africains ont dit qu'il fallait supprimer les pensions des tirailleurs sénégalais, et ces dernières ont été "cristallisées", gelées, par la France. Effectivement, Michel Debré [alors Premier ministre] a considéré qu'il fallait découpler les pensions des Africains des pensions des Européens. Selon lui, les Africains vivant chez eux avaient besoin de moins d'argent que les Européens vivant en France. L'autre argument, c'était de dire que si on leur donnait trop d'argent, cela risquait de créer de trop fortes disparités au sein des villages dans lesquels ils vivaient. Les pensions ont donc été cristallisées [gelées]. Cela a fait l'objet de revendications très nombreuses de la part des chefs d'Etat et des intéressés eux-mêmes. Certains sont allés jusqu'au Conseil d'Etat en France. Moi-même, j'ai travaillé là-dessus. C'est grâce à ces revendications que le président Chirac a décidé de rétablir les droits de ces anciens combattants. Nous étions surtout soutenus par les anciens combattants français. Ils se sont toujours battus unanimement pour le rétablissement des droits des tirailleurs. Le film Indigènes a fait progresser, en France, la prise de conscience du rôle des troupes coloniales dans les deux conflits mondiaux. Avec cette Journée du tirailleur, vous partagez cet esprit. De quelle manière, selon vous, ce message pourrait-il être mieux transmis en France? Je crois en fait que c'est la Journée du tirailleur qui a inspiré le film Indigènes. Nous voulons mettre l'accent sur l'Afrique au sud du Sahara, avec le rôle du tirailleur sénégalais, noir, mais nous n'ignorons pas les tirailleurs algériens, tunisiens ou marocains [l'Afrique du Nord a fourni deux cent soixante-dix mille combattants en 14-18]. Je constate d'ailleurs que le réalisateur nous a rendu la monnaie de notre pièce, car il n'y a presque pas de Noirs dans son film. J'ai demandé que la question des tirailleurs soit intégrée dans les manuels scolaires pour que les élèves sachent qu'à un moment donné, pour certains Sénégalais et certains Africains, la patrie, c'était la France. Ils l'ont assumé. Ils ont fait la guerre. Certains ont disparu. D'autres sont revenus. Il ne faut pas changer l'histoire simplement parce que cela ne nous arrange pas, parce que cela ne correspond pas à nos vues aujourd'hui. A l'époque, les gens étaient très fiers de dire qu'ils étaient des Français. S'ils ne s'étaient pas sentis français, ils ne se seraient pas battus. Le mot d'ordre des tirailleurs, c'était "morts pour la France". De nos jours, nous ne le concevons pas. Les travaux sur les tirailleurs sont nombreux aujourd'hui. Nous avons notre musée. Et je suis particulièrement frappé par la sensibilité dont fait preuve la population française à l'égard du problème des tirailleurs. Nous avons même décidé d'organiser des pèlerinages en France, en accord avec les anciens combattants français. Je pense que c'est très important. Vous avez également évoqué l'idée qu'un mémorial au tirailleur soit érigé en France. Vous pensiez à un monument comme celui de Vimy pour les Canadiens ? Je pense que ce ne serait que justice. Il faut se rappeler que la statue Dupont et Demba a été sculptée par un Français. Elle symbolise une camaraderie de gens qui ont vécu ensemble, qui ont fait la guerre ensemble. Pourquoi ne pas la dupliquer et lui trouver une place en France ? Ce serait bien que les gens se souviennent. Vous verriez bien cette statue à Paris ? A Paris ou à Lyon... Ce sont les soldats sénégalais qui, avec Faidherbe, avec Coppolani, sont allés conquérir le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, la Guinée, la Côte d'Ivoire, jusqu'à Madagascar. Après la deuxième guerre mondiale, ce sont les mêmes Sénégalais qu'on a utilisés pour aller en Indochine et en Algérie. Je n'en ai pas honte. Je le dis aux autres chefs d'Etat africains. Il y en a un qui nous a dit : "Vos ancêtres étaient des mercenaires." C'est absurde. Il faut replacer les choses dans leur époque. Je comprends ces tirailleurs qui sont allés se battre, c'est à cela qu'ils croyaient. C'est pourquoi je veux les réhabiliter. Pour faire mieux connaître cette histoire, vous avez organisé un colloque en septembre à Dakar sur les forces noires pendant la première guerre mondiale. Considérez-vous que, comme l'a dit Nicolas Sarkozy en juillet 2007, que " le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire " ? J'ai soutenu et parrainé l'organisation de cette manifestation, qui avait eu lieu auparavant à Metz. Ce colloque visait à mettre en lumière les différences de traitement entre les tirailleurs sénégalais, les soldats des Antilles et les soldats noirs américains. En dehors des ressortissants des quatre communes, qui avaient le statut de citoyen, tous les autres étaient des sujets français. Après, nous avons assisté à l'émancipation, puis à l'indépendance. Ces initiatives nous permettent de montrer aux Français que nous sommes fiers de notre histoire commune. N'oublions jamais que l'homme africain n'a jamais été un sujet couché. Il a toujours résisté au colonialisme comme à l'apartheid. Nous avons avec la France une histoire commune, faite de douleurs et de souffrances mais aussi de valeurs communes comme la liberté, la justice et la démocratie. La France ce n'est pas seulement Faidherbe et les colonisateurs, la France c'est aussi le pays des Lumières et de la Révolution. La France a répandu les idées de liberté et de droits de l'homme. Il faut maintenant enseigner l'histoire des tirailleurs et qu'elle soit présente dans les manuels scolaires, pour proposer un regard nouveau sur la relation afro-occidentale. Il y a eu sur ce sujet un silence coupable de mes devanciers, qu'il faut rectifier. Pour ce qui concerne la seconde partie de votre question, ne nous trompons pas d'adversaire. Nicolas Sarkozy est un ami de l'Afrique. Le président en l'occurrence a été victime de son "nègre", si je puis dire, c'est-à-dire l'auteur de ce discours. Si Henri Guaino connaissait l'histoire des tirailleurs, il saurait que le Noir est bien installé dans l'histoire et que nous étions là chaque fois que la liberté a été menacée. Peut-on être mieux installé dans l'histoire ? Quant à l'expression de "peuple emprunteur" qu'il a employée – il n'était pas le premier –, c'est oublier l'apport de l'Afrique à l'histoire de l'humanité, pas sous le colonialisme, mais avant, dans l'Antiquité. L'essentiel aujourd'hui, c'est de bâtir de nouvelles relations qui soient des relations de coopération, d'amitié. Autrement, on n'avancera pas. Imaginez si vous continuiez de reprocher aux Anglais d'avoir brûlé Jeanne d'Arc ou bien aux Romains d'avoir tué Vercingétorix... Malheureusement, l'histoire se construit comme ça. Ce qu'il faut espérer, c'est que nous allons pouvoir, en nous appuyant sur cette mémoire, construire un monde dans lequel il n'y aura plus toutes ces violences et tous ces antagonismes. Je suis peut-être un rêveur. Mais on peut me permettre de rêver. 14-18, les traces d'une guerre, hors-série Le Monde, novembre 2008. Olivier Herviaux Journaliste au Monde

LES EMPLOIS DE TROP

Mbacké Seck sur l'agence nationale d'assistance à la sécutiré de proximité «C'est une véritable milice» La création de l’Agence nationale d’assistance à la sécurité de proximité continue de faire des vagues. Après la sortie au vitriole du leader de Bës Du Niakk le week-end dernier, c’est au tour de Mbacké Seck, membre du Secrétariat national de Rewmi, de tirer la sonnette d’alerte sur ce qu’il considère comme «le dernier maillon d’une dictature». Mbacké Seck sur l'agence nationale d'assistance à la sécutiré de proximité «C'est une véritable milice» 0 inShare La mise sur orbite de l’Agence nationale d’assistance à la sécurité de proximité cristallise les contestations et autres inquiétudes de la classe politique. La semaine dernière seulement, le chef de file de Bës Du Niakk, Serigne Mansour Sy Djamil, alertait l’opinion sur le danger que constitue la nouvelle trouvaille du Président Sall. Serig ne Mansour Sy Diamyl qualifiat la structure en gestation, de «milice». Dans le même sillage, l’ancien président du Conseil national de la jeunesse et actuel membre du Secrétariat national de Rewmi, Mbacké Seck, attire l’attention des Sénégalais sur ce qualifie de «véritable milice en gestation». Selon le chargé de la vie associative au parti d’Idrissa Seck, «l’Agence nationale d’assistance à la sécurité de proximité est aujourd’hui le dernier maillon pour installer la dictature dans toutes ses latitudes». «Quand Me Khaly Niang (Dg de ladite agence) a parlé du décret 2013. 10-63 du 05 août, portant création de cette agence de proximité, cela a suscité tout de suite notre inquiétude», a fait savoir l’ancien président du Conseil national de la jeunesse, au cours d’un entretien. «Aujourd’hui, ajoute-t-il, la société civile est décapitée et toutes les grandes plumes de la presse sont embastillées au Palais», s’offusque l’ancien chargé de la communication de la Fédération sénégalaise de football. «L’Apr a annoncé la création d’une télévision et d’une radio. Avec ce népotisme, l’autre élément de dictature, c’est la proche famille du Président qui est au cœur de l’Etat», se désole Mbacké Seck. «Dans sa Déclaration de politique générale, rappelle M. Seck, le Premier ministre a annoncé que tous les dispositifs financiers pour accompagner les projets d’emploi des jeunes seront gérés dans la transparence et l’équité. Mais aujourd’hui, nous sommes inquiets de voir que c’est le cousin du Président, en l’occurrence Abdoulaye Timbo qui gère le Fnpj (Fonds national pour la promotion de la jeunesse et Birame Faye, membre de la famille du chef de l’Etat, qui gère l’Anej (Agence nationale pour l’emploi des jeunes).» Les points noirs de l’Acte III de la décentralisation Le responsable Rewmi de Hann Bel Air informe qu’en plus de la départementalisation, l’Acte III de la décentralisation prévoit la création de la Cellule administrative de base (Cab) dont le président sera nommé par un maire. «Cela rappelle les comités révolutionnaires de base (Crb) du Burkina-Faso, avec des gardiens de la révolution qui font un maillage des quartiers», dit-il. «Un danger qui nous guette», ajoute M. Seck. A propos de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), le chargé de la vie associative à Rewmi relève, pour s’en offusquer, «les transactions à n’en plus finir, des différentes incriminées et les convocations intempestives de leaders politiques à la Dic (Division des investigations criminelles).» «Les purges jusqu’à l’Hémicycle» Mbacké Seck s’offusque aussi « d’un plan publiquement décliné dans les médias par de hauts responsables de l’Apr (Alliance pour la République) pour démanteler Rewmi». «Une absence totale de démocratie à l’Assemblée nationale où un candidat à la présidence de l’institution parlementaire a été obligé de présenter ses excuses, il s’agit de Cheikh Dionne», se désole la sentinelle de la Baie de Hann. «Un autre député a été viré de son poste de Vice-président de la Commission contrôle et comptabilité de l’Assemblée, qui est donné aujourd’hui à une femme presque analphabète, n’ayant même pas le Bfem. Une nébuleuse totale», déplore encore l’ancien chargé de la communication de la fédération sénégalaise de football. Revenant sur l’Agence nationale de sécurité, M. Seck liste trois composantes essentielles de la structure. «Il s’agit du contrat local de sécurité pour mettre en place une cartographie de la délinquance. Ce qui ouvrira les portes de la délation», pense-t-il. «Aussi aura-t-on des comités départementaux de prévention composés d’affidés et de partisans du régime. Le troisième volet, le plus visible, est représenté par l’assistance à la sécurité», explique M. Seck. Renforcer les forces de sécurité «Cette agence dite de sécurité n’a aucune utilité. Autant renforcer la police, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers en termes d’équipement et d’effectifs», tranche-t-il. Pour le chargé de la vie associative à Rewmi, «9 900 recrues seront rémunérées à 50 000 F Cfa/mois, soit environ 600 millions/mois sans compter l’habillement et l’Agence qui coûterait au moins 6 milliards de F Cfa/an. Cette manne financière aurait pu permettre de renforcer les forces de sécurité». Notre interlocuteur propose l’abrogation du décret portant création de ladite agence, le renforcement du service civique national, de la police et de la gendarmerie.

mercredi 20 novembre 2013

L AVIS BIAISE D UNE CONSEILLERE DE MACKY SUR LE RISQUE ZERO

Leçons de la crise Malienne pour le Sénégal : l’inquiétante analyse du Dr Penda MBow Leçons de la crise Malienne pour le Sénégal : l’inquiétante analyse du Dr Penda MBow 0 inShare Le Dr Penda MBow est une personnalité importante de ce pays. Historienne, Maitre-Assistante à l’université de Dakar, analyste politique et membre influente de la société civile sénégalaise, elle a participé à la chute du Président Wade. Elle a par ailleurs l’oreille du Président Macky Sall Il est donc d’autant plus inquiétant qu’elle produise lors d’une rencontre tenue à Berlin, malgré l’éclairage de la crise malienne, une analyse extrêmement superficielle et, à notre avis, fausse des risques structurels de déstabilisation du Sénégal. Mme Mbow exprime la certitude arrogante, partagée par le peuple et l’élite sénégalaise, que ce qui s’est passé au Mali n’aurait pas pu survenir au Sénégal parce que notre société serait intrinsèquement meilleure que la société malienne. Son analyse ne nous paraît cependant pas fondé sur autre chose que des préjugés. Certes l’histoire institutionnelle des sociétés sénégalaises et maliennes n’est certainement pas la même. Notre système éducatif est meilleur, le Sénégal a presque toujours été une quasi-démocratie et notre élite est globalement plus valable que l’élite malienne. Mme Mbow a donc raison de pointer cette disparité de trajectoires. Elle ne semble cependant pas voir qu’il y a, entre le Sénégal et le Mali des ressemblances fortes mais surtout qu’une inflexion récente de la trajectoire sénégalaise a accentuée la fragilité de notre pays. Le Dr Mbow commence par commettre une faute de raisonnement en partant d’un postulat non vérifié mais conforme à ce que les maliens disent d’eux-mêmes. Elle affirme en effet que la mobilité sociale est faible au Mali et que les élites maliennes actuelles sont les mêmes que du temps de Soundiata Keita. Elle y voit une des causes de la crise malienne. Une telle affirmation est probablement fausse. La mobilité sociale est une caractéristique de toutes les sociétés même si elle est plus ou moins forte. Déjà en 1948 dans Dieu d’eau, l’anthropologue français, spécialiste des dogons, Marcel Griaule montrait que ces derniers avaient changé à quelques années de distance leur mythe fondateur pour le conformer au nouvel ordre socio-économique de leur société pourtant jugée primitive. S’il y a mobilité et réorganisation sociale dans une petite communauté malienne, il est hautement improbable que ce ne fût pas le cas dans la société malienne prise dans son ensemble. D’ailleurs Madame Mbow devrait savoir que tout le regain d’intérêt pour la figure de Soundiata Keita est récent dans la société malienne, accompagnant la révolution de 1992 et la redécouverte subséquente de la Charte du Mandé. Une autre cause de la crise malienne qu’identifie le Dr Mbow est que le Mali est un pays pauvre ayant un territoire immense qu’il peine à gouverner. Cette cause n’est pas aussi fallacieuse que celle invoquée précédemment. Elle est cependant à relativiser. Mme Mbow a raison de pointer les problèmes de gouvernementalité du Nord Mali. Il faut cependant signaler qu’à l’orée de la crise Malienne de 2012, le consensus parmi les chercheurs était qu’après la démocratisation de 1992, le Mali avait effectué un remarquable travail de décentralisation et que l’unité nationale était désormais préservée. Plus généralement, après vingt ans d’exercice démocratique à transitions pacifiques, le Mali était donné en exemple à l’ensemble du continent africain comme preuve qu’un État pauvre et multiethnique pouvait être pleinement démocratique. Mme Mbow pointe enfin la fragilité de l’armée malienne qui n’a pas su faire face à l’attaque islamiste et la contraste avec la supposée qualité de notre armée qui aurait d’après elle tenu le coup face à un tel assaut. Il est toujours difficile d’évaluer des contrefactuels. Il faut cependant noter que cette supposée fragilité de l’armée malienne n’empêche pas que nous y envoyions nos soldats se faire former. L’armée malienne tout comme l’armée sénégalaise est une armée de métier contrairement à ce que suggère Mme Mbow et la nôtre n’arrive pas non plus à mettre un terme à la crise casamançaise malgré le fait que les rebelles du MFDC aient très peu de soutien international. L’affirmation du Dr Mbow selon laquelle notre armée aurait fait mieux que la malienne est donc, pour le moins, dénuée de fondement en l’absence d’agression effective contre le territoire sénégalais. Ce que notre étude dans le cadre du Think Tank Ipode a montré c’est que les causes profondes de l’effondrement de la République malienne ne sont pas celles qu’identifie le Dr Mbow. Or si l’étude étiologique n’est pas bonne, il est impossible de comparer valablement les situations au point d’en conclure que le Sénégal ne pourrait s’effondrait comme le Mali. Qu’en est-il réellement ? Dans l’étude d’Ipode, plusieurs causes avaient été tenues pour responsables de l’effondrement du Mali. Il y avait certes les problèmes de gouvernementalité au Nord avec l’irrédentisme touareg aggravé par la chute de Kadhafi. Il y a avait surtout plusieurs causes internes à la société malienne dont la principale était un effondrement généralisé du d’une part à la défiance de la population envers ses élites et d’autre part à la médiocrité d’élites politiques et militaires mal formées, peu soucieuses de l’intérêt général et corrompues. Le Sénégal pourrait-il suivre le même chemin ? Il est à tout le moins douteux que la réponse soit un non péremptoire comme semble le penser le Dr Mbow. Tout comme le Mali d’avant la crise de 2012, le Sénégal apparaît comme un exemple de démocratie en Afrique mais il partage avec le Mali les mêmes problèmes structurels qui ont mené ce dernier pays à la catastrophe. Il y a au Sénégal comme au Mali d’avant 2012 une crise de basse intensité qui semble ne pas mettre en danger le pouvoir central. Depuis l’arrivée du Président Sall cette crise semble certes en passe de se résoudre. Ceci dit la Casamance est entourée de trois États en déliquescence (les deux Guinée et la Gambie) dont deux (la Gambie et la Guinée Bissau) sont des narco-États. Nous ne sommes donc pas à l’abri d’une explosion de la crise casamançaise à la faveur de l’implosion de l’un ou l’autre de ces États fragiles. Et ce d’autant moins que le Sénégal servirait lui-même, d’après certains experts, déjà de plaque tournante à certains cartels sud-américains. Une deuxième ressemblance entre le Mali d’avant la crise et le Sénégal est l’apparition de fortunes colossales à coté d’une population globalement pauvre. Au Mali on avait parlé de « milliardaires de la démocratie ». Au Sénégal, depuis le règne du Président Wade, une élite politique et affairiste s’est considérablement enrichie et l’affiche. Tous les indicateurs montrent que le Sénégal est extrêmement inégalitaire avec un coefficient de Gini[1] de 39,2 (celui du Mali est de 39,0) et un ratio de la population pauvre en fonction du seuil de pauvreté national de 46,7% (43,6% au Mali) selon le rapport 2011 de la Banque Mondiale. Le Sénégal est donc plus inégalitaire que le Mali. Cette inégalité elle-même pourrait, comme dans le cas malien mener à deux conséquences désastreuses. La première est un développement de toutes sortes d’activités délictueuses ces dernières étant les seules à même d’assurer le niveau de vie désiré. Ces activités iraient du banditisme violent, source d’insécurité, à la corruption généralisée nuisible au fonctionnement des institutions étatiques. Une seconde conséquence possible du creusement des inégalités est une perte de légitimité d’élites politico-économiques perçues à tort ou à raison comme corrompues. Une troisième ressemblance, plus grave à notre avis, est la médiocrité des élites sénégalaise et une dégradation généralisée du niveau d’éducation et culture républicaine dans la société sénégalaise en général. Tout le monde au Sénégal convient qu’il y a une dégradation extrêmement rapide de la qualité de notre enseignement du niveau primaire au niveau universitaire. Cette dégradation est cependant rarement pensée en termes de danger pour la société sur le plan institutionnel. La démocratie a pour condition de pérennité l’existence de citoyens informés et conscients des enjeux dont le vote contrebalance le pouvoir de la classe dirigeante. Vue la trajectoire que suit le système éducatif sénégalais depuis une trentaine d’années, ce sera de moins en moins le cas dans le futur. Plus grave encore, l’élite sénégalaise elle-même ne paraît pas à la hauteur des enjeux comme le montre la pauvreté de l’analyse des enjeux de la crise du Mali pour le Sénégal et la misère de notre débat public. Le Dr Mbow peut se gausser de l’armée malienne et accuser la classe politique malienne d’endogamie pluriséculaire ; il ne nous paraît pas du tout évident que l’élite sénégalaise dont elle fait partie soit plus ouverte ou compétente. La communauté universitaire, à laquelle elle appartient a eu l’irresponsabilité de déserter les amphithéâtres pendant six mois en 2012, notre pouvoir judiciaire a grogné pour que lui soient alloués des fonds communs indexés sur les produits de décisions judiciaires qu’il rend, la hiérarchie policière vient de vivre un scandale sur fond d’accusations de trafic de drogue. Quant à notre classe politique, elle semble vivre dans une telle autarcie que l’on a du mal à distinguer une opposition à la coalition au pouvoir. Cette confusion est dangereuse en ce qu’elle prive le peuple d’un recours démocratique et pacifique en cas d’insatisfaction devant les politiques menées. De plus cette classe politique, société civile comprise, semble inapte à proposer des solutions concrètes aux problèmes que vivent les populations que ce soit l’approvisionnement en eau et en électricité ou les problèmes de l’emploi et de l’éducation. Elle ne nous paraît donc pas plus capable que la malienne de réagir avec intelligence et pensée stratégique à une crise imprévue du type de celle qu’a causée au Mali le renversement de Kadhafi. La gestion désastreuse de la mini-crise qu’a été la rupture du tuyau de Keur Momar Sarr n’est pas de nature à nous rassurer sur ce plan là. Étant données les similitudes que nous avons relevées entre le Mali d’avant la crise et le Sénégal actuel, il nous semble que le Dr Penda Mbow est singulièrement malvenue de clamer que ce qui est arrivé au Mali ne pourrait arriver au Sénégal avec autant de légèreté dans l’analyse. Notre élite intellectuelle devrait être beaucoup plus modeste et analyser avec attention ce qui se passe dans notre sous-région afin d’en tirer les bonnes conséquences. Quoique Mme Mbow soit proche de notre président actuel, elle n’est pas son conseiller stratégique. Nous espérons que ceux qui conseillent le chef de l’état sur les questions de sécurité ne produisent pas des analyses aussi superficielles. Autrement, ce serait inquiétant. Dr. Mouhamadou El Hady Ba, Directeur général du Think tank Ipode.

vendredi 15 novembre 2013

L EQUATION MALIENNE

En toute vérité : La paix arrange-t-elle les narcotrafiquants ? Comme un serpent de mer, la rébellion ne cesse de remettre en cause la stabilité d’un pays pacifique comme le Mali. De nos jours, moins qu’une rébellion, il s’agit de terrorisme au bénéfice des magnats du narcotrafic international. La paix arrange-t-elle ces forces du mal ? Ce qui est sûr, l’ambition première du MNLA et de ses acolytes est de maintenir Kidal hors de portée de l’armée malienne et en faire le QG des narcotrafiquants, profitant des erreurs commises lors de la signature des accords d’Alger (retrait de l’armée) et l’alerte lancée par Sarkozy afin que les déserteurs touaregs de la Libye regagnent l’utopique Azawad. En second point, ils se contenteraient d’occuper des postes juteux dans l’Administration (Douanes, Impôts, Banques…) et intégrer l’armée nationale, pour réussir à petits pas leur mission et atteindre prochainement leur objectif de matérialisation de l’Azaouad. C’est pourquoi l’Etat doit rester sur ses gardes. Comme dit un internaute, » le MNLA a attrapé un os, il ne veut pas le lâcher, dans ce cas de figure, il n’y a qu’une seule solution : fracasser le crâne du chien « . Et pour ces raisons, Ibk se doit de libérer Kidal avant de l’octroyer à ses députés touaregs traitres de la Nation. Une fois couverts de l’immunité parlementaire, ces députés renforceront la branche politique du MNLA pour épauler les intégrés dans l’armée et dans la fonction publique. Si le MNLA refuse le désarmement à présent, malgré les accords préliminaires de Ouagadougou, c’est qu’il veut s’arroger des faveurs que le nouveau président leur accorderait dans leur entendement. Mais c’est méconnaître les réalités politiques du Mali nouveau, avec une classe politique diversifiée qu’aucun parti politique seul ne peut dominer, une société civile active et dans l’ensemble une population désormais avisée dès lors que les intérêts de la Nation sont en cause. En tout état de cause, la réaction des Maliens est vive depuis que le MNLA a repris les exactions et maintient sa suprématie sur Kidal. Le Président de la République l’a affirmé et réaffirmé : la situation à Kidal est intolérable. Le MNLA a promis de libérer le gouvernorat depuis hier, il va falloir aller loin et désarmer ces voyous de la République, même s’il faut écraser leur » crâne « . Et ce serait justice. Mamadou DABO

LE PALAIS AUX ABOIES

Macky Sall transforme le Palais en Quartier Général (QG) des élections Vendredi 15 Novembre 2013 - 13:37 Les audiences se succèdent et se ressemblent à une vitesse inestimable au Palais de l’Avenue Roume. Après avoir éloigné les ténors et cadres de son parti, Macky s’est lancé dans une pêche interminable pour prendre dans ses filets toute sorte de “poissons ” capables de lui rapporter un électorat pour affronter les locales de 2014 qui s’annoncent palpitantes. Le constat est qu’à presque deux ans de gestion du pouvoir, Macky a pris un malin plaisir à s’éloigner du carré de ses fidèles et amis. Il les rejette, et les voue aux gémonies. Tel un apprenti au pouvoir, Macky Sall a fragmenté son parti l’Apr avec l’abnégation d’un bûcheron. Aujourd’hui, sentant le torchon brûlé, le patron de l’APR multiplie les audiences au palais (Habib Thiam, ancien premier ministre, Me Mbaye Jacques Diop, Me Ousmane Seye, Cheikh Tidiane Gadio…). Le chef de l’Etat serait intéressé par les services de Famara Ibrahima Sagna, ancien président du Conseil économique et social, de Me Elhadji Diouf, le député du peuple et patron banni du PTP, de l’ex-ministre et ancienne partisane de Idy, Awa Gueye Kébé, de l’ex ministre de la jeunesse, Aliou Sow et de Souty Touré, ancien ministre et responsable du parti socialiste à Tambacounda. Macky a aussi l’œil sur de gros calibres du PS et PDS sans compter les râteliers qui lui font des clins d’œil avec les deux yeux. Une question mérite d’être posée : qui conseille Macky ? Au moment où le Chef de l’Etat parle d’éthique politique, de transparence, de rupture et de changement, il ferait mieux de se pencher sur les dossiers brûlants du moment que sont le chômage galopant et la forte demande sociale au lieu de se lancer dans une chasse aux transhumants politiques ” goudi akk beuthieuque “. Le peuple en a marre ! Si Macky travaille autant qu’il reçoit dans ‘notre’ Palais, il aurait sûrement trouvé des solutions aux maux dont souffrent les sénégalais. Le Peuple est ravagé par la misère et la faillite dans tous les secteurs d’activité. Les Sénégalais ont faim et sont très fatigués mais gardent néanmoins leur dignité. Non seulement Macky a promis une vie paisible aux sénégalais après Wade mais lui et son gouvernement n’arrivent pas à faire face à la crise qui sévit partout dans le pays. Le candidat Macky Sall avait promis s’il était élu Président de répondre aux sollicitations de millions de sénégalais souffreteux, mais aujourd’hui, le poids de leur fardeau est trop lourd et insupportable. Et la population est consciente qu’elle est prise en otage par un clan de politiciens qui ne pensent qu’à leurs poches. Le Peuple refuse tant bien que mal d’être le sacrifice d’une bande d’opportunistes de politiciens qui passent tout leur temps à profiter des délices du pouvoir. Pour régler les problèmes du pays, c’est la voix du peuple qu’il faut recevoir au Palais et non les ” politichiens “. Diouf et le PS avaient des milliers de mouvements de soutien politique à l’image de OTD partout dans le Sénégal et pourtant le peuple l’a sanctionné. Wade, sûr du soutien de Béthio Thioune, avait inondé le pays de milliards et pourtant les sénégalais l’ont viré. Macky avec son ” Yonnu Yokkuté ” sans tête ni queue risque d’être vomi par le peuple. Plus personne ne peut tromper le peuple sénégalais. Car le peuple subit et attend le moment d’utiliser une seule chose… …Sa carte d’électeur. Djibril Diallo/Dakar.xibaaru.com

jeudi 14 novembre 2013

AU ROYAUME DES ACROBATES ET DES MYTHOMANES

L’APR et les débats politiques: Grandes chaussures pour petites pointures L’APR et les débats politiques: Grandes chaussures pour petites pointures « Sur les plateaux, on peine un peu. Sur tous les plateaux, on devrait faire feu et flammes », s’est enflammé le Premier ministre Aminata Touré lors d’une rencontre récente avec la Convergence des cadres républicains (Ccr). Telle une enseignante devant ses élèves, la trique à la main, la dame de fer de l’Alliance pour la République (Apr) a enjoint aux cadres autoproclamés dudit parti d’avoir plus d’allant, de tonus et de pertinence dans les débats auxquels ils sont systématiquement conviés avec leurs homologues de l’opposition. Il est de notoriété publique que les « Apéristes » souffrent le martyre sur tous les plateaux télé ou dans tous les studios de radio. Elle suggère qu’un pool de 600 débatteurs puisse aller à l’assaut des médias pour mieux expliquer le programme « Yoonu Yokkute » du gouvernement. Le mot d’ordre est donc de s’adonner à de la politique-spectacle, du buzz, du choc, de la polémique pour convaincre des populations encore dubitatives sur l’efficience de ce gouvernement.Ainsi, cette flopée de débatteurs formatés par les communicants aguerris de l’Apr pourra constituer un véritable rempart contre cette opposition et les « sans-couleur » politiques qui règnent en maîtres dans les médias quand il s’agit d’aborder la politique gouvernementale. La mise au point de Mme Aminata Touré empreinte de colère témoigne de la nullité ou de la faiblesse de niveau des soi-disant cadres apéristes. Les échanges contradictoires auxquels ils participent sont au niveau zéro du débat politique. Leurs débats télévisés n’ont plus aucun intérêt parce qu’insipides voire insolents. Que peuvent apporter de productif dans un débat politico-intellectuel des politiciens insolents comme Ameth Suzanne Kamara, Youssou Touré, Moustapha Cissé Lô, Me Djibril War, pourtant très pertinent et structuré quand il était dans l’opposition, Mahmout Saleh et Abdou Mbow dont le quotient intellectuel ne dépasse pas celui d’un crapaud ? Abdou Aziz Diop fait des ronds de jambe, Sory Kaba et Birame Faye résistent encore aux tirs groupés de leurs adversaires. Moustapha Diakhaté ânonne et bafouille dans ses interventions rebutantes, Luc Malick Sarr et Seydou Guèye versent dans la langue de bois, Abdoulaye Diouf Sarr et Benoit Sambou se perdent dans ses élucubrations intellectuelles, Marième Badiane et Awa Guèye font mal leur baptême de feu. En sus, les médias d’Etat comme la RTS participent de la médiocrité du débat politique des « Apéristes ». Sinon, comment comprendre qu’au soir de la DPG du Premier ministre, le journaliste Khaly Seck invite sur son plateau Abdou Fall qui dirige son mouvement politique citoyen pro-gouvernemental, Alternative citoyenne/And Nawlé et Luc Sarr ? Finalement, le débat était à un niveau abyssal parce que orienté dans un sens univoque sans contradiction, sans critique. Dans les médias, à la place de vrais débatteurs qui ont de la bouteille et qui maîtrisent leurs sujets, on retrouve des flagorneurs de tout acabit qui passent le plus clair de leur temps à rabâcher incessamment « la vision du président de la République ». Une vision qui, en réalité, est enténébrée par son manque de cohérence dans sa matérialisation ou de pertinence dans son élaboration parce que n’étant arrimée à aucune ambition de développement. Les 400 milliards prêtés par la Chine et destinés au projet autoroutier Thiès-Touba sont un exemple patent de manque de vision de développement. Jeter autant de milliards dansun projetqui ne générerait rien qui booste une croissance est contre-productif et va à l’antipode de toute stratégie de développement.La seule chose qui motive cette autoroute onéreuse dont le financement est obtenu et le marché attribué dans des conditions totalement nébuleuses, c’est la drague de l’électorat mouride qui reste encore fidèle à Wade et à son fils Karim. Certes le gouvernement a esquissé des programmes sociaux tels que les bourses de sécurité sociale, la couverture maladie universelle mais à des fins purement électoralistes. Il a voulu copier des modèles sociaux de réussite mais les aires géographiques, les fondements idéologiques et la disponibilité des ressources qui ne sont pas les mêmes influent conséquemment sur l’efficacité de ces programmes sociaux. Ainsi, l’expérience embryonnaire, hasardeuse et irréfléchie du Sénégal ne peut pas constituer pour les débatteurs de l’Apr des arguments de défense solides sur un plateau parce que ne s’inscrivant pas dans une politique globale de développement comme il en a été au Brésil, au Mexique ou dans d’autres pays de l’Amérique du Sud, lesquels disposent de ressources considérables qui puissent supporter ces programmes d’aide alimentaire. Rares sont les débats dont les « Apéristes » ne sortent pas démolis ou esquintés par leurs vis-à-vis plus à l’aise pour clouer au pilori le programme gouvernemental.Ainsi la mission première des communicants de Mme Aminata Touré Mimi, devrait être de contrecarrer les « détracteurs » de tous crins par des arguments solides, étayés par des chiffres irréfutables. Malheureusement, ce n’est pas demain la veille que cette tendance sera renversée puisque ce qui doit leur servir de matière pour s’imposer dans un débat fait encore défaut. Ce sont les réalisations concrètes et visibles.Ce débat nous rappelle cette colère du président de la République contre ses ministres qui ne parviennent pas à communiquer sur les « réalisations » de son gouvernement. On avait même parlé d’une mise en place d’une plate-formequi organiserait la coordination de la communication gouvernementale en instituant dans chaque ministère un porte-parole. Mais cette tâche s’est avérée finalement impossible puisqu’il n’y a pas encore des réalisations majeures palpables qui puissent gagner l’adhésion des populations à la politique gouvernementale. Si par conséquent, au niveau du gouvernement, il n’y a pas encore matière réelle à débattre pour conquérir l’opinion des populations qui grognent du fait de leurs conditions de vie qui se dégradent de jour en jour, il en sera de même au niveau de l’Apr qui est l’arrière-cour de ce gouvernement. On a beau former ou informer les cadres apéristes mais ils ne débattront que sur des virtualités.La meilleure manière pour le Premier ministre d’aider ses cadres à tenir la dragée haute à leurs co-débatteurs, c’est d’attaquer avec ses ministres les vrais problèmes du Sénégal au lieu de s’adonner à des rustines sur jambes de bois. Aussi sa tâche risque-t-elle d’être laborieuse du moment qu’elle veut offrir des chaussures trop grandes à ses petites pointures. Les notes mensuelles émanant des ministères ne seront que des feuilles volantes si elles ne renferment pas en leur sein des réalisations visibles et des mesures concrètes contre la cherté de la vie qui puissent servir de tableau de bord aux cadres de l’APR pour défendre partout avec efficacité et pertinence la politique gouvernementale. SERIGNE SALIOU GUEUYE Peps Gueye Thanks God It’s Friday (T.G.I.F.) : de la myopie dans le management public et privé. Un poisson pourrit toujours par la tête. Les dirigeants de nos Etats, pauvres et endettés, oublient ou font semblant d’oublier les préoccupations essentielles des populations et s’orientent vers leurs activités de politique politicienne pour préparer leur réélection. Cette situation est symptomatique dans un contexte de désespérance, de doute, de perte de valeurs et de repères. Les coupures d’électricité persistent, les cercueils roulants circulent toujours avec leurs lots d’accidents mortels, une majorité de citoyens tire encore le diable par la queue. Ce n’est pas un hasard si les autorités interdisent les sondages d’opinion ou politiques pour permettre aux populations d’exprimer leur ressenti et leurs préoccupations. Le management public pousse la myopie jusqu’à ignorer les nécessaires réformes qui peuvent changer notre société. Ils dépensent leur énergie à contester le « doing business » et continuent d’ignorer le capitalisme national. Qui peut comprendre le choix d’un homme d’affaires étranger pour venir organiser un sommet de la francophonie au Sénégal ? Comment comprendre qu’un ministre donne sa préférence à une entreprise étrangère pour des projets d’infrastructures alors que des entreprises locales peuvent assurer ces travaux ? Comment les entreprises locales peuvent-elles se développer dans ces conditions ? Le pilotage à vue continue de plus belle. Nos dirigeants ont tous visité des pays où des progrès ont été réalisés. Comment peuvent-ils être si myopes devant tant de changements à effectuer dans nos pays ? Créer une agence de sécurité de proximité alors que la police et la gendarmerie agonisent est une bonne façon de décrédibiliser ces entités et jeter la suspicion dans la tête de beaucoup de compatriotes sur les objectifs réels de cet agence. L’administration est encore gangrénée par des parasites qui continuent de bénéficier de privilèges indus. Le rapport de la cour des comptes va se heurter à la myopie maladive de nos dirigeants. Tous les secteurs d’activité de la vie de nos sociétés sont concernés. Le manager privé est lui souvent myope devant le respect des règles contractuelles en matière de marché, de droit du travail, de salaires, d’évolution de carrière. Il ne se rend souvent pas compte que l’entreprise est un bien social qui doit être préservée de tout acte de prédation. Comme les faillites frauduleuses ne sont pas sanctionnées, il se livre à toutes les formes d’abus possibles, qui altèrent considérablement la viabilité et la pérennité de son entreprise. Ce type de dirigeant préfère aller donner des millions à son marabout ou entretenir ses différents « bureaux » que de payer leurs impôts ou les salaires de leurs employés…Est-ce réellement de la myopie ? ou est-ce de la turpitude, de la cupidité ou de l’oisiveté pour des individus qui ne connaissent pas la valeur de l’argent ou la manière de créer des richesses ? Ignorer les préoccupations de son peuple ou de ses salariés est le plus court chemin (yonnu) pour ne pas atteindre la prospérité (yokouté). Jummah Mubarak

LUTTE CONTRE LA PRECARITE

Papa Ndiaga Diop La lutte efficace contre la pauvreté doit se faire par la base avec des actes concrets et non des discours de lamentation. Au Sénégal, c’est tout le contraire qui se fait malheureusement, tout est dans le discours et peu dans les actes. La lutte contre la pauvreté est le cheval de bataille permanent et le prétexte tout trouvé de nos gouvernants, pour aller quémander de l’aide au nom des pauvres à travers le monde, ou alors d’emprunter à leur nom pour financer le développement. Et, ce constat indéniable, nous pouvons tous en témoigner si nous sommes de bonne foi. Car, la fameuse stratégie nationale de lutte contre la pauvreté tant vantée, n’a à ce jour, produit aucun effet significatif bénéfique aux pauvres, pour atténuer toutefois leurs peines, et ceci, depuis l’avènement de l’indépendance. Nous notons plus précisément, que la tendance s’est accrue négativement avec la survenue de l’Alternance en 2000, car Me Wade, d’autorité et arbitrairement avait pris la grave responsabilité d’enrichir à tout prix et sans cause, des individus à lui, sélectionnés parmi nous, au détriment de la grande majorité des pauvres, dont le nombre s’accroissait chaque jour davantage. C’est comme du reste, la potion magique que la Banque mondiale a ordonnée aux pays à faible revenu, à savoir les DSRP (Documents stratégiques de réduction de la pauvreté) qui n’ont rien réduit, bien au contraire. Ces pays se sont d’ailleurs endettés davantage, à cause du train de vie dispendieux qu’ils menaient et qui était insupportable par les ressources propres que pouvait générer leur économie. Aujourd’hui encore, la règle semble établie chez nous, qu’il faut d’abord et avant tout, mettre tout à fait à l’aise et à l’abri de tout besoin, la minorité bureaucratique qui gère l’Etat. Et tant pis pour le reste du peuple ! Ce qui revient à dire, le parti avant la Patrie ou autrement dit, à nous le beurre et aux autres le petit-lait. Il s’agit effectivement de ce personnel politique, collaborateur du chef de l’Etat au premier degré et à tous les niveaux de l’Etat, qui bénéficie plus que de raison déjà, de salaires faramineux et des privilèges exorbitants de tous ordres en sus, créés et décidés arbitrairement, sans aucun rapport avec les capacités, de nos ressources propres réelles de l’heure d’abord, et ensuite de leurs compétences avérées. Ce personnel particulier, allocataire de toute cette grappe de privilèges, est d’ailleurs plus au service politique exclusif du chef de l’Etat, que du peuple sénégalais. Nous savons tous que le train de vie du sommet de l’Etat est très au-dessus de ce qu’il devrait être dans les normes dans un pays pauvre tel que le nôtre. Celui-ci est sans rapport avec l’état réel de nos capacités financières du moment. Dans de pareils cas et en général, la souveraineté nationale et les prérogatives du chef de l’Etat lui dictent et l’autorisent, si réellement, sa véritable volonté, c’est de combattre efficacement la pauvreté, les inégalités et autres disproportions en cours dans le pays, de réviser de fond en comble tout cela en baisse et en conformité avec la situation réelle et la justice sociale. En quoi faisant : en révisant et ramenant à la juste mesure qui correspond à notre niveau de développement réel, tout ce qui a été fait d’anormal et légalisé dans le passé, par des lois d’exception prises d’autorité ou par excès de pouvoir ; en s’appuyant surtout sur une justice sociale sans équivoque, propre à la République et l’Etat de droit ; en ne dérogeant pas aussi du principe sacro-saint de l’égalité des chances entre tous les citoyens sénégalais sans parti pris ni discrimination aucune. La lutte efficace contre la pauvreté exige nécessairement, la réduction des inégalités criardes dans la redistribution du produit national et la suppression des privilèges en tous genres dans notre pays. Réactions du Club nakamou a répondu à un sujet de layedegoree : « c bon,ils ont remis lelectricite 2h apres... » Aloba a répondu à un sujet de layedegoree : « merna merna merna merna merna ou sont nos autorites puf... » nanahsow a commenté son propre article intitulé : Une vie pas si simple que ca (2) : « tu peux aller voir l´... » ctdiop a commenté l'article de nanahsow intitulé : Une vie pas si simple que ca (2) : « mdrr c vrai k c une faute d... » Dans la même rubrique PS/APR : les raisons qui rendent inévitable le divorce entre les deux alliés La mort à Kédougou : un ressortissant malien tue une prostituée nigériane Affaire Habré : vers un procès radiotélévisé de l’ancien président tchadien Alain Giresse : «nous sommes dans l´action» Plaint contre Ameth Suzanne Camara : Les enseignants de l ´Apr deviennent des colombes? 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Code Saisir le code de sécurité : SEN3 S'inscrire » En effet, à cause des privilèges et autres avantages exorbitants accordés en ce moment aux ministres, députés, directeurs généraux et directeurs, chefs d’Agence, conseillers, fonctionnaires détachés, et j’en passe, tout cela sans commune mesure avec les services rendus par eux à la Nation, font ainsi que tout le monde se rue et se batte à mort vers ces fonctions-là. Fonctions pour lesquelles, on leur demande plus de fidélité et d’attachement indéfectible au chef de l’Etat que plutôt d’une compétence avérée ou d’un sacerdoce au service de la Nation. Il est vraiment temps et même urgent maintenant, de repenser de manière approfondie et de réviser fondamentalement cette forme actuelle indécente de redistribution du produit national entre les Sénégalais. Elle doit se faire dorénavant sur la base de critères objectifs plus équitables, qui tiendraient absolument compte du niveau de la pauvreté de notre pays que nous avons en partage, de l’écart énorme et injustifiable des émoluments entre ceux qui sont au sommet de l’Etat et le reste des autres citoyens travailleurs. Il faut immanquablement revenir à l’orthodoxie, en se fondant sur le code et la législation du travail en matière de détermination du salaire pour les non fonctionnaires et, au statut général de la Fonction publique pour les fonctionnaires. Ce qui s’entend mettre tout le monde sur le même pied. Cette disparité et ces inégalités criardes dans le traitement salarial entre travailleurs, est une injustice sociale inacceptable, que rien ne peut justifier dans une république et un Etat de droit. Ce phénomène a été intensifié outrancièrement avec Me Wade, et il demeure encore en cours aujourd’hui, mais sous une forme peut être différente. Ce qui fait dire à beaucoup d’entre nous qu’il n’y a pas de rupture effective, mais plutôt, une continuité du wadisme version maquillée tout simplement. Le nivellement par la réduction des écarts de revenus entre le sommet de l’Etat et la base, est une nécessité absolue et une justice sociale qui voudrait que les peines ou la pauvreté, comme les produits soient répartis équitablement entre nous selon les mérites. Il existe certes plusieurs voies pour combattre efficacement la pauvreté, mais celle, la plus sure nous semble-t-il, est celle qui assure la consommation durable. Ce qui suppose tout naturellement, d’offrir des emplois avec des alaires décents au plus grand nombre des demandeurs, pour leur permettre de subvenir de manière pérenne à leurs besoins minimums incompressibles par eux-mêmes. Et comme le dit si justement le proverbe chinois : « Mieux vaut apprendre à quelqu’un comment pêcher que de lui donner un poisson ». En effet, pour une solution durable contre la pauvreté, il faut rendre nécessairement les familles autonomes. Et ce ne sont pas certainement, les bourses familiales de 25000F par trimestre, qui sont certes mieux que rien, parce que trompant temporairement, la faim de certaines d’entre elles pour un moment, qui vont constituer véritablement la solution idoine ? En parlant d’emploi pour les jeunes en général, nous pensons concrètement, sans distinction de genre, à celui décent, durable et sécurisant. Par conséquent, loin de nous de prendre en compte cette fameuse agence qualifiée pompeusement de sécurité de proximité, qui est une grave erreur et une perte d’argent, parce que jeté à la fenêtre, et qui ne tardera pas montrer ses limites. Le président Macky Sall et son gouvernement persistent ou plutôt s’entêtent à mettre en service cette agence contre vents et marées, ils feignent de ne pas regarder la réalité en face, en tenant simplement compte des critiques objectives formulées à son endroit. Il faut le dire à haute et intelligible voix, que cette Agence est tout, sauf une création d’emplois. Cette structure, avec sa masse de 10000 agents, qui auraient bien pu servir à renforcer davantage la Police, la gendarmerie, le corps des sapeurs pompiers, etc., et surtout, en prévision des nouvelles créations de collectivités locales qui seront issues de l’acte3 de la décentralisation, prévues en 2014. Voici une agence, que même le directeur en personne, peine à cerner ses contours et sa structuration hiérarchique. Cette masse, constituée d’individus sans qualification précise, sont par ailleurs dépourvus aussi du minimum requis de formation de base, pour le rôle qui leur est dévolu. Elle prête sérieusement à confusion, et pourrait bien constituer ultérieurement, plutôt un monstre très dangereux et incontrôlable, pour notre sécurité publique. En fait, cette agence comme13/11/13 La pauvreté serésout par duconcret et nonpar des lamentations ! - LASENEGALAISE.com www.lasenegalaise.com/?lasenegalaise=infos&infos=societe&societe=1383803938 3/3 Commentez ! Exprimez-vous ! Rechercher toute La Sénégalaise, des articles, vidéos, audios, photos, etc. force hybride sans attache précise, sinon à la présidence de la République ou peut-être à l’APR, aura-t-elle un commandement militarisé ? De quel budget de l’Etat relèvera-t-elle? Voilà autant d’interrogations qui demeurent sans réponse pour nombre de citoyens. Ainsi, le Gouvernement, au lieu de se focaliser sur les actions d’éclat et autres folklores qui font tilt certes, avec leurs effets d’annonce, mais qui ne mènent pas loin, sinon juste le bref temps d’un feu de paille, il vaudrait mieux pour lui, qu’il consacre l’essentiel de ses efforts et moyens, à relever le bas niveau de vie de la majorité de la population, qui vit relativement dans une pauvreté. Quand on veut gouverner un pays sobrement, efficacement et socialement juste, on doit s’appuyer sur l’équité, l’efficience et tenir compte des préoccupations majeures et de l’intérêt général de la majorité de la population et non strictement de la minorité qui gouverne. Nous avons tellement décrié le partage du gâteau que faisait Abdoulaye Wade, qu’il va de soi, que nous ne pourrons plus admettre cela en aucune façon pour qui que ce soit. Alors, avant qu’il ne soit trop tard monsieur le président de la République, il faut changer de fusil d’épaule et vous consacrer à votre tâche essentielle, qui est celle de satisfaire les besoins essentiels de la grande majorité des Sénégalais. Et à notre humble avis, pour y parvenir vous devez vous décharger de la direction de votre parti car, les deux postes, logiquement, sont incompatibles et humainement impossibles à gérer à la fois. Toute autre voie empruntée que celle-ci, mènera votre mandat à un échec évident, parce que vous aurez déçu l’immense espoir qui était porté en vous. Et comme le dit le proverbe : « rien de sert de courir il faut partir à point ». Enfin, pour lutter concrètement contre la pauvreté, il faut commencer d’abord par réduire les inégalités criardes à leur strict minimum, et supprimer ensuite tous les privilèges, les cumuls de postes et l’accaparement des biens communs à la nation dans notre pays, pour revenir à la République des citoyens et à l’Etat de droit. Par Mandiaye Gaye Gaye_mandiaye@hotmail.com

mercredi 13 novembre 2013

L ISLAM A LA SENEGALAISE

Papa Ndiaga Diop Les Sénégalais croient-ils en DIEU ? par XIBAARU le 13 Nov 2013 • 08:36 Pas de commentaire Lisez simplement et répondez à la question posée à la fin. Répondez à vous-même et gardez-le pour vous. Dieu seul vous jugera en ce jour de Tamkharit ou Achoura, un jour de dévotion pour Le Tout Puissant que les musulmans et les juifs ont en commun. Donc ne mentez pas après l’avoir lu : c’est parti… talibés - Au Sénégal, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent - Les politiciens se nourrissent de la sueur du peuple - Les tenants du pouvoir pillent les caisses de l’état - Les ministres grossissent, et rayonnent tandis que le peuple maigrit et noircit - On fait l’héritage d’une personne vivante. - On construit des maisons de centaines de millions alors que son voisin d’en face habite dans une case - On maraboute son collègue de bureau pour prendre sa place de DG - Dans les perceptions et banques, des agents volent la pension de vieux retraités - Des vieillards draguent des filles de 15et 16 ans - On couche avec la femme de son voisin - Des mères de familles poussent leurs filles à la prostitution pour assurer leurs dépenses quotidiennes. - Les professeurs enceintent leurs élèves dans les collèges et lycées. - On jette sa poubelle devant la porte de sa voisine. - Les femmes jettent leurs nouveau-nés dans des décharges d’ordures ou bouches d’égout. - Dans les hôpitaux, tu perds du sang et on te demande de faire la queue au service des urgences. - Au Sénégal tous les jours, des femmes accouchent dans des charrettes en cours d’évacuation. - Des dialysés et des bébés dans des couveuses meurent à cause des coupures d’électricité,il n y a plus de sang dans les pseudo banques de sang - Les femmes jalouses jettent de l’huile bouillante ou de l’eau chaude sur leurs coépouses tandis que d’autres maraboutent leurs coépouses pour ne pas qu’elles aient d’enfants, helas une realite bien africaine. -La danse,la musique et la lutte prennent le dessus sur l’école - De grands diplômés deviennent vendeurs de pains, coiffeurs, pompistes et marchands ambulants et maintenant des agents de securite de proximite . - La justice ne profitent qu’aux nantis - Des jeunes engueulent ,battent et insultent leurs parents - Des hommes de loi torturent et tuent dans les commissariats et prisons. - On maltraite les orphelins. - On viole les talibés ,on les contraignent a mendier et a voler de peur d etre battus par le maitre . - Les pickpockets volent dans les morgues et cimetières. - On vole les accidentés gravement blessés, agonisant ou morts sur la route nationale,comme des vautours ou des hyenes. les homos et lesbiennes s affichent en plein jour sous l oeil bienveillant des droits de l hommiste pro mariage pour tous Dites-nous donc : Quelle genre religion pratiquent les sénégalais ? Bonne fête de Tamkharit…Même si vous avez menti sagement… Sidy Niang/Dakar.xibaaru.com

LA MALHEUREUSE GOUVERNANCE DE MACKY

Comme dit l'autre, la meute est lancée. La meute des alchimistes avec comme mission de transformer le plomb en or. Or sur quoi jasent ses experts devant caméra ? Sur le classement du Sénégal dans le rapport Doing Business. Je leur concède la malhonnêteté de tous les outils de domination de l'Occident. Et le Doing Business en est un. Il suffit juste de se poser la question de savoir sur quelle légitimité ils se basent pour avoir le droit de décerner des notes aux pays du monde. Si cette question a fini par devenir un interdit pour certains cerveaux, alors il faut se demander si nous, nous pouvions leur décerner des notes. Une note zéro du M23 à la France pour non respect des droits humains, par exemple (elle humilie les émigrés). Est ce qu'on aurait entendu François Hollande hurler comme un porc qu'on égorge ? Mais passer ce constat, regardons les faits au Sénégal. Depuis que le pouvoir Arc en Ciel est installé, il est apparu que le Sénégal est un pays de voleurs, un pays où les présidents volent des moquettes. L'idiotie politique, c'est de croire qu'on peut salir, de la pire des manière, son propre président, et se maintenir propre. Il suffit de se demander pourquoi le pouvoir de Chirac a censuré le livre du médecin de F. Mitterrand, alors même qu'il venait de le battre aux élections, avec même des procès en pleine campagne électorale. C'est parce qu'il y a des choses à sauver pour rester humain. Le premier principe des droit de l'homme est qu'on humilie pas un humain pour rester humain, soi-même. On comprend qu'un chien humilie un humain, parce que le chien n'a que foutre du statut de l'humain. Chirac avait des choses à sauver pour ne pas humilier la France. Des fanatisés me diront que Sarkozy a poursuivi Chirac. Ma réponse: et la suite ? Le Doing Business n'a pas inventé la fermeture de plus de 300 entreprises en 2012 au Sénégal. C'est un fait. Un fait résultat d'une mauvaise politique de haine. Une politique de fabrique de haine pour des visés électoralistes. Toute la politique de l'Arc en Ciel tourne autour de la réélection de Macky. Et pour cela l'option c'est la destruction de ceux d'en face et non la construction de soi. C'est clair qu'on dépasse les autres en hauteur parce qu'on est élancé ou parce que les autres sont des pygmées. Mais comme je l'ai dit plus haut. Toute destruction de l'honneur d'un humain est une destruction de l'honneur de soi. Les présidents africains devaient comprendre qu'ils perdent à tous les coups en cautionnant la destruction d'un président africain, qui qu'il soit et quelque soit ce qu'il a fait. C'est parce que les dirigeants occidentaux ont compris cette vérité qu'ils ne cautionneront jamais de leur vie la destruction de quelqu'un qui a été, fut-ce un seul jour, président d'un état occidental. En n'ayant pas compris cela (je pense le contraire) l'Arc en Ciel pose les fondements de son échec économique inéluctable. Et pour sûr, il y aura d'autres mauvaises places en Doing Business pour le Sénégal. Sinon, il faudra acheter les bonnes places, et ce sera pire. Déjà que l'Arc en Ciel dépense beaucoup dans les médias. l

CALENDRIER MUSULMAN BONNE ANNEE

Le calendrier musulman ou calendrier hégirien (hijri) est un calendrier lunaire, fondé sur une année de 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun . Une année hégirienne compte 354 ou 355 jours, et est donc plus courte qu’une année solaire d’environ onze jours. L'année actuelle est 1435 de l'hégire. L'année précédente était 1434 de l'hégire, allant du 15 novembre 2012 au 4 novembre 2013. Calendriers préislamiques Les prédécesseurs du calendrier de l'hégire étaient des calendriers luni-solaires qui comportaient des mois lunaires synchronisés avec le cycle solaire par l'intercalation d'un treizième mois, nommé al-nasî', le différé. Ce mois, dans la péninsule arabique, était ajouté par certaines tribus entre le dernier et le premier mois de l'année et par les tribus juives selon les indications des autorités de Palestine, puis de Babylonie. Le nom arabe des mois, en particulier celui des deux rabia1 (rabia al Awal et rabia ath-Thani) devait correspondre au printemps, avant les deux mois secs de joumada (joumada al oula et joumada ath-thania) et le mois « brûlant » de ramadan. Un calendrier purement lunaire comptant onze jours de moins que l'année solaire, cette intercalation permet d'éviter à long terme un décalage des saisons solaires et des saisons calendaires, qui rend le calendrier lunaire peu adapté à une utilisation en agriculture. Création du calendrier islamique Se différenciant de la pratique juive, le Coran interdit expressément le mois intercalaire. Le mois intercalaire aurait été supprimé en fin de période médinoise, à la fin de l'an 9 du calendrier islamique, lors d'une proclamation publique durant le pèlerinage, et est mentionné une fois dans le Coran3 : « Le nombre des mois est de douze devant Dieu, tel il est dans le livre de Dieu, depuis le jour ou il créa les cieux et la terre. Quatre de ces mois sont sacrés ; c’est la croyance constante. » L'an Ier de ce calendrier a débuté le premier jour de l’hégire, le 1er mouharram (le 15 ou le 16 juillet 622 de l’ère commune, selon les auteurs théologiens). La première époque est dite « astronomique », la seconde « civile ». Ce calendrier a été adopté dix ans après cet événement. On indique qu’une date est donnée dans ce calendrier en ajoutant la mention calendrier musulman, calendrier hégirien, ère musulmane, ère de l’hégire ou, en abrégé, H ou AH (du latin anno hegirae). Les mois Le calendrier musulman comporte douze mois de 29 ou 30 jours : 1. Mouharram 2. Safar 3. Rabia al awal 4. Rabia ath-thani 5. Joumada al oula 6. Joumada ath-thania 7. Rajab 8. Chaabane 9. Ramadan 10.Chawwal 11.Dhou al qi`da 12.Dhou al-hijja Chaque mois démarre au moment où le premier fin croissant de lune « hilal » est visible. Il doit être aperçu avant qu'il ne disparaisse à l'horizon dans les lueurs crépusculaires du coucher du soleil.Selon l’endroit d’où est effectuée cette observation, le mois peut démarrer plus ou moins tôt. Le mois de ramadan, par exemple, ne commence et ne termine pas le même jour pour tous les musulmans du monde. Ainsi, si le ciel est nuageux et ne permet pas l'observation visuelle du croissant de lune, le soir du 29e jour de chaabane, dans un pays musulman, alors ce jour est défini comme jour de doute Yawm shakk. Le mois de chaabane sera déclaré comme ayant 30 jours, avant de déclarer le début du mois de ramadan BONNE ANNEE A TOUS

mardi 12 novembre 2013

RACISME FASCISME OSTRACISME LE SCHISME DES OCCIDENTAUX

DU FASCISME DANS L'ESPRIT DU TEMPS Les européens libérés du nazisme n'ont jamais intégré la contribution historique des soldats noirs dans leurs manuels scolaires et n'ont jamais célébré ces martyres qui peuplent leurs cimetières. Ces martyres sont occultés de la mémoire dont le degré d'amnésie se conjugue chaque jour avec les réflexes xénophobes vis-à-vis de la présence de leurs descendants, et corroboré par la montée triomphale des droites extrémistes partout en Europe. Nous sommes encore à un moment crucial dans l'histoire de l'humanité qui voit s'exacerber toutes les haines identitaires et se renforcer tous les extrémismes. Enfermés dans une crise économique qui n'a de précédent que celle de 1929 qui préluda l'avènement du fascisme et du nationalisme « racialiste », voilà encore que des nuages de l'obscurantisme s'amoncellent sous les cieux de l'hémisphère nord, porteurs de nouveaux réflexes de rejet et de haine raciale qui se justifient par cette propension génétiquement non fondée à une prétendue supériorité. Il ne faut pas croire que ces penchants démoniaques ont disparu du répertoire de l'auto-identification. Les rancœurs iront crescendo face à cette misère accablante que des modèles et visions tronqués du monde et de l'altérité ont produit et imposé au reste de l'humanité. C'est l'immobilisme des élites intellectuelles et politiques face aux icônes médiocres, médiatisés dans le contexte d'une décadence qui trouve ses bouc-émissaires chez ceux qui continuent d'être considérés comme des gens de trop. Cette posture abjecte des élites européennes (sans solution à la crise qui enfle dangereusement) est servilement relayée, expliquée et justifiée par les élites africaines qui semblent accréditer l'idée que leur destin est scellé par l'horizon obscur de l’Europe. La condition nègre refait surface dans les chaumières et les salons de l'hexagone médiatisée avec arrogance, mépris et désinvolture, de manière ordalique comme au mauvais vieux temps. Qu'ils aient été libérés par les africains, les Etats européens semblent faire l'impasse sur cette dimension là et renouent inexorablement avec le renouveau fasciste distillé de manière subliminale dans toutes les sphères politiques, sociales et culturelles. Ce basculement doit interroger évidemment notre rapport à l'histoire comme une invite à défendre de nouveau les principes d'universalité dont l'oubli avait engagé l'humanité dans une barbarie pitoyable au nom de laquelle furent convoyés les vaillants africains convaincus de combattre pour un monde libre et fraternel. Hommage à ces hommes dont la mémoire est bafouée par le regain de la haine élémentaire que l'on croyait finie. Honneur aux vivants qui demeurent les sentinelles face à l'obscurantisme.

A L AUTEL DE LA DÉLATION REWMI EN PISTE

Chers journalistes, chers organes de la presse, Chers frères et sœurs du parti Rewmi Chers militants et sympathisants, Chers membres du Mouvement IDY BANLIEUE Honorables invités Bonsoir Le Mouvement IDY BANLIEUE vous remercie tous de l’importance que vous lui accordez en ayant répondu massivement à son invitation de ce Dimanche 10 Novembre 2013 dans le cadre de son « YENDOU » qui sera clôturé par cette conférence de presse. En effet, Tout le monde sait que le Sénégal va mal, très mal, certains me diront que « Rewmi dokhoul », d’autres crieront que « rewmi dafa Macky » ; C’est parce que nous avons mis à la tête de ce pays un géologue qui n’a de compétence que pour la manipulation des cailloux (la géologie), qui n’y connait rien en matière de gestion étatique malgré les différentes stations qu’il a eu à occuper durant ses huit ans de compagnonnage avec le Président Abdoulaye WADE dans l’appareil étatique. Cette politique d’amateurisme de tâtonnement quotidiens de Macky SALL et de son gouvernement a amené le Sénégal dans une situation de crise sans précédant. Le Sénégal n’a jamais vécu une pénurie d’eau pareille à celle connue sous Macky SALL alors qu’il ne s’agissait que d’un tuyau défectueux. La seule prouesse réussie par notre Président par défaut a été de se déguiser en chef rebelle pour n’avoir que ses yeux pour constater son impuissance, son impuissance et son incapacité. Pendant ce temps, ses Ministres dont certains dorment en pleine déclaration politique générale organisent des meetings de ralliement. Le retour des coupures intempestives d’électricité ajoutée à des factures de plus en plus chères font que le goorgorlou sénégalais ne sait plus à quel saint se vouer En cela s’ajoutent les PME et PMI déjà en difficulté qui sont douloureusement affectés d’où le rapport DOING BUSNESS 2014 qui classe le Sénégal sous Macky SALL en avant dernière position en Afrique. Macky SALL a réussi à tromper tous les sénégalais en ayant tenu des promesses électorales qu’il n’a jamais tenues et qu’il ne pourra jamais tenir parce que « Macky Menoul, té dou dem ». Par exemple, qu’en est –il des 100.000 emplois par ans promis ? Mis à part un recrutement et des nominations népotistes et clientélistes digne de la dynastie FAYE-SALL, Rien n’a été fait en matière de politique d’emploi et de lutte contre le chômage. Plus de 40.000 jeunes sont actuellement au chômage dont les 19.000 sont des diplômés dont leurs dossiers servent à faire du thé aux employés du Ministères de la fonction publique. De l’ANEJ , à la fonction publique, seuls des jeunes de l’APR sont recrutés maquillés parfois par de rares éléments des jeunes diplômés sans emploi en lieu et place d’autres jeunes plus méritants. Le Mouvement IDY BANLIEUE dénonce surtout la multiplication des cumuls de fonctions et les recrutements de personnes retraités par le régime de Macky SALL alors que des jeunes diplômés attendent. En plus, le Mouvement IDY BANLIEUE s’insurge contre la mise en place de cette « police de proximité » qui n’est rien d’autres qu’une milice privée que Macky veut mettre en place pour en faire un bouclier contre la furie des populations déjà débordante. Le Mouvement IDY BANLIEUE dit au Président de Benno Bokk Yaakar que s’il se soucie de la quiétude des populations, l’idéal serait de renforcer le recrutement dans la police et la gendarmerie qui sont les véritables acteurs de luttes contre la délinquance et l’insécurité Le Mouvement IDY BANLIEUE voit les bourses sociales de l’ancien Directeur de Campagne d’Abdoulaye WADE comme une mascarade et une escroquerie car non seulement celui-ci a transformé tous les Sénégal en indigent, en pauvre et en nécessiteux mais que 8000 F/mois ne peut même pas acheté un demi-sac de riz La Couverture maladie universelle, une autre escroquerie, non seulement elle ne concerne que les enfants de moins de 7 ans amenés en urgence dans les hôpitaux, mais elle ne prend en charge ni les frais d’hôpitaux, ni les ordonnances médicales En plus, c’est la charrue avant les bœufs, car il aurait été mieux de renforcer le plateau technique, sanitaire et les ressources humaines car avec 15 milliards de dettes, les hôpitaux manquent de médecins, de sages femmes, d’infirmiers, d’appareils médicaux et de fournitures en coton, seringues, médicaments etc, bref c’est de la poudre aux yeux A l’université, les étudiants pleurent surtout avec la réduction des bourses d’étude et l’augmentation des frais d’inscription, quelle contradiction ! Le Mouvement IDY BANLIEUE trouve la politique du l’ancien Ministre de l’intérieur de WADE nulle et non sensée On reprochait à WADE de vouloir mettre son fils mais Macky SALL nous impose sa famille et sa belle-famille : le népotisme et le clientélisme continue et s’accentue. Dans les ambassades, à Paris, Lyon et Marseille par exemple, c’est des militants de l’APR qui sont nommés au détriment des diplomates de carrière Le Mouvement IDY BANLIEUE exige à Macky SALL un bilan de mi-parcours sur la traque des biens mal acquis notamment sur la traque sur ses huit milliards qu’il dit posséder et déposer dans le greffe du Conseil Constitutionnel Le Mouvement IDY BANLIEUE ayant crée aujourd’hui une « CREI DU PEUPLE »attribue en ce jour même une mise en demeure d’un mois à l’ancien DG de PETROSEN pour que celui-ci prouve au peuple sénégalais l’origine licite de ses 8 milliards. L’a-t-il ramassé ? Lui a-t-on fait cadeau ? L’a-t-il volé ? Parce qu’avant 2000, celui-ci n’était ni millionnaire, ni véhiculé, ni propriétaire de maison. Le Mouvement IDY BANLIEUE s’interroge aussi sur le problème que Macky SALL a avec nos marabouts : Le Président SENGHOR était l’ami intime de Serigne FALLOU MBACKE, le Président Abdou DIOUF l’ami intime de Serigne Mansour SY borom Daradji et de Serigne AbdoulAhad MBACKE , le Président Abdoulaye WADE lui était connue pour son amitié avec Serigne Saliou MBACKE ; Mais le mentor des apéristes qu’en est-il de lui ? Pire ! De source digne de foi, c’est le vénéré Ibrahima Sokhna de Fatick qui lui a donné le Wird Tidjane, alors qu’il se réclame Mouride, Que là aussi nous demandons que l’ancien Président de l’assemblée Nationale sous WADE nous édifie Sur l’affaire de la drogue, des supputations courent selon lesquelles un ancien Ministre de l’intérieur devenu tout puissant homme fort du Sénégal serait trempé raison de l’étouffement de l’affaire ? Là aussi les sénégalais exigent une lumière Le Mouvement IDY BANLIEUE exige à Macky SALL de nous clarifier sur sa prétendue appartenance à la loge maçonnique d’Abidjan depuis 2008. Si cela n’est pas vrai, qu’il le clarifie à ses concitoyens Le Mouvement IDY BANLIEUE appelle à l’unification de la famille libérale et dénonce avec la plus grande énergie la mesure illégale, arbitraire et inélégante des autorités préfectorales qui ont en violation flagrante des dispositions constitutionnelles interdit de marcher en banlieue Le Mouvement IDY BANLIEUE considère cette décision comme une forfaiture et une voie de fait Par conséquent le Mouvement IDY BANLIEUE programme une marche qui débutera à « Boutou Pikine » et terminera à la préfecture de Pikine Nous sous limiterons à informer l’autorité conformément aux dispositions légales mais quel que soit leur décision, IDY BANLIEUE marchera ! Enfin le Mouvement IDY BANLIEUE s’érige en Mouvement sentinelle du Président Idrissa SECK et du parti Rewmi Que « LOU EUP TOUROU », trop, c’est trop, Le Mouvement IDY BANLIEUE dit stop aux calomnies et autres dérives des affamés de pouvoir de l’APR ! Que désormais les attaques contre le Rewmi et son Président seront sanctionnées à hauteur des attaques du Mouvement IDY BANLIEUE Chers journalistes, chers organes de la presse, Chers frères et sœurs de parti Rewmi Chers militants et sympathisants, Chers membres du Mouvement IDY BANLIEUE Honorables invités Telles sont les informations que le Mouvement IDY BANLIEUE tenait à vous livrer à l’occasion de son « Yéndou » en permettant à la presse s’il le désire de poser leurs questions auxquelles nous tenterons d’apporter des réponses. Merci de votre attention² Fait pour Conférence de Presse Banlieue le 10 Novembre 2013 Laser lundi : La naissance inexorable du duo anti-Macky (Par Babacar Justin Ndiaye) Laser du lundi ,Retrouvez chaque Lundi matin sur Dakaractu la chronique politique de Babacar Justin Ndiaye, Analyste politique et social . Laser lundi : La naissance inexorable du duo anti-Macky (Par Babacar Justin Ndiaye) DAKARACTU.COM - Le Golfe Arabo-Persique est-il devenu subitement un prolongement proche-oriental de l’échiquier politique sénégalais ? Tout porte à le croire, au vu des contacts et conciliabules sénégalo-sénégalais qu’il abrite depuis la première quinzaine du mois d’octobre. Car – en dépit des dénégations dérisoires de REWMI – Abdoulaye Wade et Idrissa Seck ont multiplié, sur le sol saoudien et à Dubaï, les concertations les plus fébriles et les plus fructueuses pour leurs partis respectifs. Si l’on y ajoute le voyage très prochain de Macky Sall vers les pétromonarchies arabes, on obtiendra un concentré des grouillements officiels et officieux des acteurs sénégalais dans cette partie du Moyen-Orient. Au demeurant, pourquoi le député Thierno Bocoum s’escrime-t-il à nier ce qui découle de l’ordre (politique) normal et prévisible des choses ? Pourquoi Wade et Idy devraient-ils éprouver une gêne (absurde) à se voir et à combiner leurs efforts ? La politique n’est-elle pas, quelque part, la danse du diable, c’est-à-dire un perpétuel jeu de collision et de collusion ? Si le PS n’avait pas implosé (la double hémorragie provoquée par l’URD de Djibo et l’AFP de Niasse), Wade n’aurait pas accédé au pouvoir, à fortiori Macky. Mieux, si le social-démocrate Moustapha Niasse n’avait pas épaulé, en 2000, le libéral Abdoulaye Wade contre le PS créé par Senghor (pourtant père spirituel de l’actuel Président de l’Assemblée nationale) les socialistes n’auraient pas été défaits ; et leur parti ne serait pas, aujourd’hui, réduit à l’état politiquement végétatif. Et au statut d’auxiliaire – pardon, d’allié – de l’APR dans la majorité et au gouvernement. En résumé, la politique est, à la fois, le cimetière des amitiés (Macky Sall et Alioune Badara Cissé) et le berceau des retrouvailles (Abdoulaye Wade et Idrissa Seck). Politiquement, il n’existe pas de motifs à rougir d’une rencontre voire d’une collusion entre deux leaders brusquement confrontés à un adversaire inflexible qui traque les biens supposés mal acquis et crucifie réellement les ambitions politiques de certains de ses concurrents. En temps de guerre – remplacez guerre par politique – l’ennemi commun devient automatiquement un trait d’union qui cimente les alliances. Comme quoi, les porte-parole de REWMI peuvent s’épargner la fatigue et le ridicule de contester des faits avérés. Par ailleurs, on est dans « un village planétaire » où un battement d’ailes de papillon à Tokyo répand ses échos jusqu’à Tombouctou. Du coup, il devient possible de promener un faisceau de lumière sur les itinéraires et les étapes des périples chevauchants des deux chefs de file de la famille libérale, au-delà de la mer rouge. En effet, Idrissa Seck a quitté Dakar, quelques heures avant la dernière manifestation du PDS et des autres forces de l’opposition, organisée au début du mois d’octobre. Après Paris, le maire de Thiès s’est rendu à Djeddah où se trouvait déjà Me Wade. A l’issue d’une ou de deux conversations-marathons (les sources diplomatiques ouest-africaines divergent sur ce point) Idrissa est allé à Dubaï via Bahreïn. Peu de temps après, le Président Wade a atterri à Dubaï qui a été aussitôt le cadre d’un nouveau tête-à-tête entre les deux leaders. Cet entretien de Dubaï a-t-il modifié les agendas ? En tout cas Me Wade qui était attendu à Rabat et à Libreville, a in extremis ajourné ces deux voyages. Il va sans dire que ce duo d’acteurs intrépides (ils ne sont ni évêques de diocèses ni recteurs de mosquées) ont parlé et longuement parlé de la vie politique au Sénégal. Des sources non éloignées des lieux révèlent que la réunification de la famille et son corollaire (un meilleur ordre de bataille contre Macky Sall) ont été passés en revue jusqu’au stade ultime de la planification stratégique. Avec des résultats probants ; puisque que le Président de REWMI, Idrissa Seck, est adoubé par Abdoulaye Wade qui en a désormais fait le porte-étendard des forces libérales (toutes sensibilités confondues) au Sénégal. Une intronisation qui a été évidemment, simultanément précédée par de solides réglages et par des excommunications discrètes. Ainsi, Karim Wade (star coincée du PDS) a compris – à défaut d’accepter avec enthousiasme – le choix fait par son père. De son côté, Oumar Sarr intérimaire illégitime, s’est incliné de facto, ou le fera incessamment. Quant à Ousmane Ngom, figure emblématique du libéralisme sénégalais, il est sans poids électoral, par conséquent, il est dépourvu de capacité de résistance ou de riposte. Donc condamné à la résignation. Reste alors l’équation Aida Mbodj, la lionne du Baol farouchement hostile au retour d’Idrissa Seck dans le giron familial. Son sort a été scellé lors des conversations de Djeddah et de Dubaï, en ces termes : « Elle n’est pas une libérale historique ; elle nous arrive du PS ». C’est pratiquement l’équivalent d’une excommunication silencieuse par le Pape Wade et son nouveau vicaire Idy. En vérité, le surgissement du duo Wade-Idy prélude à l’élargissement et au compactage d’un front anti-Macky. Car Abdoulaye Wade n’est pas homme à baisser pavillon. Il faut être plaisantin ou stupide pour envisager une minute que Wade s’accommode, sans réactions, de la victoire de son ancien et féal subordonné : Macky Sall. Même si l’évidence s’impose à lui, il se cabrera et se battra toujours. Par habitude et par tempérament. Les deux étant, aujourd’hui, rageusement fouettés par l’emprisonnement de son fils. Léopold Sédar Senghor est (il est immortalisé) un académicien raffiné. Abdou Diouf demeure un technocrate pondéré. Abdoulaye Wade, lui, est un gladiateur invétéré, de surcroit pétri de capacités et d’expériences politiques. Ni trouillard ni capitulard. Son interminable et victorieux combat contre Senghor d’abord, et contre le tandem Diouf-Collin ensuite, constitue le parfait baromètre de sa ténacité. Chez le très rusé politicien Wade, même le cessez-le-feu et l’armistice sont des armes. Combien de fois, il a été ministre et finalement tombeur de Diouf, en mars 2000 ? Une façon de dire qu’un hypothétique deal relatif à la libération de Karim Wade – cocktail Molotov ou pétard mouillé lancé par Me Amadou Sall – ne serait qu’une pause dans la guerre d’usure que l’ancien Président peaufine contre son successeur. Certes, les ardeurs sont contrecarrées par la vieillesse ; mais il subsiste chez Wade, un reliquat de pulsions offensives. Bref, Abdoulaye Wade est le bon élève qui a assimilé la leçon de Paul Austin : « En politique, si on n’est pas prêt à tout, on n’est prêt à rien ». Quant à Idrissa Seck, il porte son ambition en bandoulière. Sans aucun camouflage. Il est, à ce titre, un bretteur très coriace et diablement manœuvrier au combat. Toujours à la quête du moment opportun pour placer le coup qui assomme l’adversaire. Sa dernière conférence de presse sur les deux supports de GFM (Rfm et Tfm) avait déboussolé par sa soudaineté (effet de surprise) et désarçonné par le poids des arguments. Des arguments qui, in fine, abrégèrent la carrière des deux banquiers, Abdou Mbaye et Amadou Kane, titulaires de postes-clés dans le premier gouvernement formé par le Président Macky Sall. Idrissa Seck fait penser au personnage de la pièce Henry IV de Shakespeare, s’écriant : « Pas une de mes pensées qui ne pense au pouvoir ! ». Face à la veillée d’armes qui a rassemblé Wade et Idy au Golfe (ce dernier devait quitter les Emirats, hier dimanche) que fait le camp de Macky ? Sur le terrain, la pression judiciaire s’accentue contre le PDS ; tandis que les débauchages dégarnissent les instances dirigeantes du parti REWMI. Ici, il faut interroger l’Histoire, afin d’inventorier les armes et les atouts qui sont déterminants en politique. La politique étant comprise comme une guerre où les morts se relèvent et poursuivent le combat. Sous cet angle, il est clair que la transhumance n’est pas une arme nucléaire. L’odyssée du PDS – Macky Sall, ancien Président de la CIS, en sait un bout – démontre amplement que les départs n’ont jamais fermé les portes de la victoire. Sinon, après les démissions volontaires ou suscitées de Sérigne Diop, Fara Ndiaye, Booker Sadji, Puritain Fall, Jean-Paul Dias, Ousmane Ngom et Marcel Bassène (du noyau fondateur du PDS en 1974, seul Alioune Badara Niang est allé jusqu’au bout de l’aventure) le destin présidentiel de Me Abdoulaye Wade serait inaccompli. En lieu et place d’un duel où l’opposition est toujours plus à l‘aise qu’un pouvoir, Macky Sall doit concentrer son attention et ses efforts sur le bilan de son quinquennat. Un bon bilan, notamment sur le terrain social, paie davantage que mille coups fourrés habilement réussis dans les limites restreintes de l’arène politique. Face au front anti-Macky qui se dessine, le salut de la majorité réside dans « l’accélération de la cadence » en direction des urgences…endogènes. Et non dans la miltiplication des voyages hors du Sénégal que dicte une surcharge injustifiée de tâches. Des missions herculéennes que le Président Sall accepte de la part de ses pairs. Déjà Président du Comité d’orientation du Nepad, pourquoi veut-il se coltiner encore cette négociation ardue avec l’UE autour des fameux APE ? Parmi la quinzaine de chefs d’Etat de la CEDEAO, Alassane Ouattara ancien numéro deux du FMI et ex-numéro un de la BCEAO est indiscutablement le plus grand connaisseur des arcanes de la haute finance multilatérale. Donc l’interlocuteur le plus armé contre les raides commissaires de Bruxelles. Pendant que le géologue Macky Sall se documente laborieusement sur la coopération eurafricaine (EAMA, ACP, STABEX, SYSMIN et j’en passe) Wade et Idy vont souffler méthodiquement sur les braises de la sourde et rampante colère des populations qui fournissent les gros bataillons d’électeurs nettement plus nombreux que les wagons pleins de militants de tous les partis réunis. Le duo Wade-Idy n’est pas d’emblée plus fort que le bloc Macky 2012. Loin s’en faut. Mais il tirera sa potentielle suprématie des faiblesses éventuelles du bilan du Président de la république. Telle est l’ultime vérité.

lundi 11 novembre 2013

AUSTERITE LA POLITIQUE DE L AUTRICHE

Papa Ndiaga Diop Réduction du train de vie de l’État : encore plus loin ! Réduction du train de vie de l’État : encore plus loin ! « Téléphone, eau et électricité à la présidence : Macky décrète l’austérité totale ». Tel est le titre de la « Une » d’un quotidien de la place, dans son édition du samedi 2 novembre 2013. Cette décision annoncée du président de la République s’inscrit certainement dans le cadre de ses nombreuses promesses de campagne électorale, notamment qu’il mettrait en œuvre, une fois élu, une gouvernance sobre qui se traduirait par « une réduction drastique du train de vie de l’État ». L’attention du président de la République semble avoir été retenue, en particulier, par les graves abus constatés dans la gestion du patrimoine bâti de l’État. Profitant du Conseil des Ministres du jeudi 17 octobre 2013, il a rappelé au gouvernement « l’impératif de l’abandon des conventions à usage de logements pour les agents de l’État au profit d’indemnités représentatives ». Ces abus sont d’ailleurs un secret de polichinelle, mais il a fallu que le président de la République les aborde en conseil des ministres pour que la bride soit lâchée, que des informations fusent de toutes parts. Ainsi, le Directeur général de l’Agence de Gestion du Patrimoine bâti de l’État (Agpbe), M. Aliou Mara, nous apprend que l’État conventionne, à usage de bureaux et de logements affectés aux autorités civiles et militaires, 1500 bâtiments par an, pour un coût de 14 milliards de francs Cfa (Source : Aps, seneweb du 20 octobre 2013). M. Mara se désole que « la majorité des occupants (des logements administratifs et conventionnés) ne sont pas des ayants-droit ». Cela, nous le savions déjà. M. Mara poursuit : « Si on se limitait juste aux logements de fonction et aux logements par nécessité de service, les chiffres n’allaient pas monter jusqu’à 5 milliards. » M. Mara nous en apprend encore en évoquant une exception sénégalaise : « En Afrique, seul le Sénégal conventionne des logements pour loger ses agents. » «On peut loger des fonctionnaires, poursuit-il, à condition qu’il y ait des logements disponibles dans le parc administratif de l’État ». Il continue d’exprimer son indignation, même un peu tard, en ces termes : « On ne peut pas continuer de louer des maisons pour loger des gens. » C’est encore plus inacceptable, selon M. Mara, si les maisons sont louées jusqu’à 800000 francs, alors que les bénéficiaires n’ont droit qu’à une indemnité représentative de 200000 francs. L’expérience a montré d’ailleurs qu’il peut arriver que la location dépasse 1000000, et atteigne même parfois 1500000 francs, pour loger un chauffeur ou une secrétaire – de luxe. « Ce n’est pas normal, se désole M. Mara, c’est une augmentation de salaire qui ne dit pas son nom ». Et notre directeur général (Dg) de rappeler les dispositions du décret 91.490 qu’il faut respecter. Le Directeur général de l’Agpbe a été d’ailleurs plus précis encore, si on en juge par ses explications au quotidien « Le Populaire » du lundi 19 octobre 2013. Il y révèle notamment que le coût des conventions de bâtiments à usage de bureaux et de logements est passé de 1,183 milliard de francs Cfa en 2006, à 14,9 milliards en 2012. Un véritable bond. Et, le plus grave, c’est « l’occupation de certains de ces édifices », qui amène le Dg, dépité (du moins en apparence) à lâcher : « C’est une gabegie. Il y a eu des affectations désordonnées, du népotisme, des services de camaraderie. » Il y a donc urgence, poursuit-il, à « changer la donne en réduisant drastiquement ces dépenses ». « Nous voulons réduire les conventions à 7,5 milliards (…) d’ici 2015 », conclut-il, et cela passera par une réhabilitation du parc de l’État qui « est bien fourni ». Il y a eu donc de graves dérives dans la gestion du patrimoine bâti de l’État. Elles nous ont crevé les yeux pendant les douze longues années de la gouvernance meurtrie des Wade, et les quinze premiers mois de celle de son successeur. Certains d’entre nous les ont toujours vigoureusement dénoncés, mais sans succès. Aujourd’hui, une voix autorisée les reconnaît et les étale sur la place publique, même avec beaucoup de retard. Entre temps, des dizaines, des centaines de nos précieux milliards de francs auront pris la clé des champs. Cependant, comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous accordons un préjugé favorable au président de la République, dans sa volonté exprimée de mettre enfin un terme à cette dilapidation inacceptable de nos maigres ressources nationales, en attendant qu’il passe aux actes. Mille cinq cents (1500) bâtiments conventionnés pour un coût de 14,9 milliards par an, c’est moralement insoutenable dans un pays pauvre et très endetté ! C’est d’autant plus insoutenable que l’État dispose, selon le Dg de l’Agpbe, d’un parc « bien fourni ». Le président Macky Sall avait donc le devoir de s’attaquer à cette gabegie dès les premiers mois de sa gouvernance, une gouvernance dont il nous promettait fermement qu’elle serait sobre et vertueuse. En tout cas, avec cette gabegie indécente dans la gestion du patrimoine bâti, il a l’opportunité de nous convaincre de sa sincérité. La lumière doit être rapidement faite sur les contrats certainement complaisants de conventions de bâtiments. C’est absolument nécessaire et urgent, si on sait que la plupart des bâtiments conventionnés appartiennent aux privilégiés de l’ancien et de l’actuel régime – pour nombre d’entre eux. Ils abritent des ministères, des agences nationales, des directions de services éclatées, des logements administratifs, etc. On en rencontre dans tous les coins de rue de Dakar. Ces graves abus ont toujours retenu mon attention et, à leur propos, j’écrivais dans mon dernier livre, « Le clan des Wade (…) », chapitre V, page 74 : « Il convient de signaler aussi, qu’avec le saucissonnage des ministères, des directions et des services, il y a un immense besoin de locaux pour les abriter et on conventionne à tour de bras et à prix d’or, des villas et des immeubles, qui appartiennent aux membres de la famille présidentielle (à tout seigneur tout honneur !), aux frères de Parti, aux parents, aux amis, aux chefs religieux ou à leurs protégés. On conventionne dans les mêmes conditions pour loger les très nombreux membres de la mouvance présidentielle et des porteurs potentiels de voix. Les proches (chauffeurs, secrétaires et autres agents subalternes) ne sont pas en reste : nombre d’entre eux sont princièrement logés. Il convient de noter, avant de poursuivre avec l’abus dans les conventions et l’attribution illicite de logements administratifs de la gouvernance libérale que, du temps des Socialistes, l’abus existait sûrement mais était quand même bien moindre. Un décret organisait le droit au logement ou à une indemnité représentative de logement. Il n’était pas rare que des gendarmes fissent le tour des logements administratifs (ou conventionnés), pour vérifier si les occupants étaient bien les ayants droit et, si c’était le cas, ils ne bénéficiaient pas en même temps de l’indemnité représentative de logement. De sévères sanctions étaient prises à l’encontre des tricheurs, des délinquants : soit ils étaient délogés manu militari, soit ils faisaient l’objet d’ordres de recettes jusqu’à concurrence des sommes indûment perçues. Toutes ces précautions élémentaires ne préoccupent pas le moins du monde les Wade et leurs courtisans. Leur préoccupation, c’est de jouir au maximum des délices du pouvoir. Au point que les conventions de villas et d’immeubles coûtent annuellement à l’État 3 à 5 milliards, parfois plus, qui auraient pu être utilisés vers des secteurs qui en ont tellement besoin ! L’État libéral éprouve d’ailleurs de plus en plus de problèmes à faire face au coût de plus en plus exorbitant des conventions. Je signale qu’en passant en revue les abus des Libéraux, notamment en matière de conventions et d’attributions illégales de logements, je n’ai fait état que du minimum ; il y a bien d’autres abus : des individus venus de nulle part se bousculent dans les ministères de notre Président politicien qui sont devenus des refuges pour chômeurs de longue durée. Tout ce monde perçoit des salaires et des indemnités substantiels, utilise des véhicules rutilants, des portables avec crédits illimités, etc.» Nous en sommes arrivés aujourd’hui à la situation dont se désole le Dg de l’Agpbe. Le quotidien « Libération » a fait même état, dans sa livraison du jeudi 7 novembre 2013, d’« une arnaque incroyable » : de «l’État qui logeait des morts », « des morts qui louaient à leur tour ». Des gens ne se contentaient donc pas d’occuper indûment des logements conventionnés, ils se permettaient même de les sous-louer. C’est vraiment le comble ! Nous avons l’habitude, au Sénégal, de passer l’éponge sur toutes les forfaitures. Cette fois, la coupe est vraiment pleine et le président de la République, champion de la gouvernance sobre et vertueuse, a le devoir moral de faire payer les délinquants même si, nombre d’entre eux, des wadistes purs et durs avant le 25 mars 2012, se sont empressés de rejoindre sa majorité, dès le lendemain de la défaite cuisante de leur champion. Faute d’être traduits en justice, ils devraient au moins rembourser les sommes importantes qu’ils ont détournées, car il s’agit d’un véritable détournement de l’argent du contribuable. Il convient aussi de réduire rapidement, et de façon drastique, le nombre de bâtiments conventionnés, de le limiter au strict minimum. La voie royale est d’ailleurs de réhabiliter le parc « bien fourni » de l’État, de construire ou d’acheter, s’il y a lieu, des bâtiments. Continuer de conventionner, c’est jeter l’argent du contribuable par la fenêtre. Luxe dont le pauvre pays très endetté que nous sommes ne devrait se payer sous aucun prétexte. Les autorités gouvernementales ne devraient pas d’ailleurs s’arrêter en si bon chemin. De nombreuses autres niches de gabegie existent, notamment au niveau des toujours très nombreuses agences. Le candidat Macky sall s’était engagé à les réduire de façon drastique une fois élu. Il n’en a en réalité réduit que très peu. En avril 2000, il n’existait que deux agences : l’Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt public (Agetip) et l’Agence de Développement municipal (Adm). En avril 2012, il y en avait 63, dont nombre d’entre elles n’étaient que des coquilles vides, destinées à caser une clientèle politique gloutonne et inutilement budgétivore. Ces agences, qui sont pour l’essentiel aujourd’hui maintenues, n’apportent aucune plus-value à notre administration, si on s’en tient à leur objectif de départ qui était d’« améliorer l’efficacité et la qualité du service public ». C’est un énorme gâchis que de payer 2 à 5 millions à des directeurs généraux ou à des directeurs d’agences comme celles de la Petite Enfance et de la Case des Tout Petits, de la Maison de l’Outil, d’Appui aux Marchands ambulants et de nombreuses autres encore. En particulier, celles qui tournent autour de l’emploi devraient être fondues en une seule, de la taille de l’Adm, de l’Agetip ou de l’Ageroute, qui serait dotée de moyens importants (humains, financiers, matériels, logistiques, etc), pour prendre efficacement en charge cette question stratégique. Il convient de signaler aussi les nombreux Conseils de surveillance dont les présidents et les membres sont pratiquement payés à ne rien faire. Que surveillent le président et les membres du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de la Petite Enfance et de la Case des Tout Petits ? Rien, vraiment rien du tout. Il y a aussi que tout le monde ou presque est directeur général au Sénégal. Un directeur général a quand même sous sa responsabilité plusieurs directeurs ! C’est vraiment trop facile de bombarder n’importe quel compatriote directeur général. Ce n’est en tout cas pas compatible avec la gouvernance sobre, vertueuse et efficace que nous attendons du président Sall. Une gouvernance sobre et efficace n’est pas, non plus, compatible avec la prolifération de secrétaires généraux de ministères à durée limitée, qui disparaissent dès le premier remaniement. Au lendemain du 19 mars 2000, on en comptait trois ou un peu plus, en tout cas sûrement au Ministère des Affaires étrangères, au Ministère de l’Éducation nationale, au Ministère de l’Économie et des Finances. Le Secrétaire général était alors « un très haut fonctionnaire, l’un des plus gradés, des plus compétents et des expérimentés de sa catégorie. Nommé en principe à ce poste stratégique pour plusieurs années, il était la mémoire du ministère dont il assurait la permanence et la continuité des services. Quand le département changeait de titulaire, il accompagnait le nouveau ministre tout le temps nécessaire pour le familiariser avec ses nouveaux dossiers. Il était surtout, il convient de le rappeler, caractérisé par sa stabilité. Ce haut fonctionnaire ne devrait pas être n’importe quel agent qu’on affecte à tout bout de champ et à la moindre incartade. On ne devrait pas non plus en rencontrer à tous les coins de rue, dans tous les ministères, y compris les plus insignifiants et surtout à durée de vie très limitée. Comme le dit walaf Njaay, Waru ñoo lamb (leur nombre doit être limité et ils ne doivent pas être n’importe qui) ». Voilà ce que j’écrivais à propos de ce haut fonctionnaire (« Le clan des Wade (…) », chapitre V, page 73), qui a perdu aujourd’hui de son lustre d’antan et nous coûte pourtant très cher. En effet, un secrétaire général, c’est un salaire consistant, une indemnité de fonction substantielle, un chauffeur, un véhicule rutilant et une dotation confortable de carburant, sans compter des locaux fonctionnels équipés, etc. Il ne faut donc en nommer qu’en cas de stricte nécessité. Une gouvernance sobre ne devrait pas, non plus, s’accommoder de la gratuité totale de consommation d’eau, d’électricité et de l’utilisation du téléphone accordée aux autorités administratives (sous-préfets, préfets, gouverneurs et leurs adjoints). Ce privilège exorbitant passe presque inaperçu, alors que c’est un véritable gouffre de gaspillages. Rien ne le justifie et les autorités gouvernementales devraient rapidement mettre un terme aux très graves dérives auxquelles il donne lieu. En annonçant donc diverses mesures de réduction du train de vie de l’État, le président de la République, le champion de la gouvernance sobre, vertueuse et efficace est sur la bonne voie. Nous appuyons fortement les mesures annoncées et espérons qu’elles se traduisent rapidement en actes. Nous souhaitons surtout qu’il aille plus loin encore, en remettant notamment en cause certains avantages dits acquis et qui ne reposent sur rien de légal, sinon que sur l’irresponsabilité de son prédécesseur. En particulier, les salaires et diverses indemnités doivent être rationnalisés, en revenant aux fondamentaux qui servaient de base à leur calcul. Il ne doit plus être question d’accorder des indemnités de 500, 800000 francs sur un coup de dé. Il est surtout hors de question de défiscaliser de telles indemnités. Les accorder seulement, c’est déjà injuste et frustrant. Les défiscaliser comme s’y est engagé imprudemment le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, ce serait proprement indécent. Il faut donc que le président Sall rompe définitivement – s’il le peut vraiment –avec les pratiques politiciennes de son prédécesseur et s’engage à réduire encore plus le lourd train de vie de l’État. Des économies substantielles, il peut en faire au niveau de nombreuses autres institutions. Il peut en faire encore davantage au niveau de la présidence de la République, au niveau de l’Assemblée nationale comme de celui du Conseil économique, social et environnemental. Il peut surtout taper sur les fonds spéciaux qui ne tournaient qu’autour de 650 millions au lendemain du 19 mars 2000. Ces fonds crèvent aujourd’hui tous les plafonds avec un montant de huit milliards de francs Cfa. Huit mille millions en un an, c’est beaucoup, c’est trop pour un pays pauvre et très endetté. Deux à trois milliards suffisent largement – et encore – pour entretenir des proches et une clientèle politique (le parti gouvernemental, les autres membres de la majorité présidentielle et les prétendus porteurs de voix). Cinquante-trois ans (53 ans) après l’indépendance, des millions de nos compatriotes ne mangent pas à leur faim, n’ont accès ni à l’électricité ni à l’eau potable, arrivent difficilement à se faire soigner ou à éduquer leurs enfants. Des centaines de milliers de nos jeunes compatriotes grossissent chaque année le nombre déjà trop grand des demandeurs d’emplois. Ne trouvant aucune réponse à leur angoisse, ils se réduisent en marchands ambulants, bravent les dangereuses immensités de l’Océan, ou deviennent carrément des agresseurs. Il n’est vraiment pas décent, dans ces conditions-là, d’accorder des privilèges exorbitants à une minorité de compatriotes, qui n’ont d’autres mérites que l’appartenance à l’entourage proche du président de la République, à son parti, à la coalition gouvernementale ou au cercle de prétendus porteurs de voix. Dakar, le 11 novembre 2013 Mody Niang