samedi 23 novembre 2013

LES EMPLOIS DE TROP

Mbacké Seck sur l'agence nationale d'assistance à la sécutiré de proximité «C'est une véritable milice» La création de l’Agence nationale d’assistance à la sécurité de proximité continue de faire des vagues. Après la sortie au vitriole du leader de Bës Du Niakk le week-end dernier, c’est au tour de Mbacké Seck, membre du Secrétariat national de Rewmi, de tirer la sonnette d’alerte sur ce qu’il considère comme «le dernier maillon d’une dictature». Mbacké Seck sur l'agence nationale d'assistance à la sécutiré de proximité «C'est une véritable milice» 0 inShare La mise sur orbite de l’Agence nationale d’assistance à la sécurité de proximité cristallise les contestations et autres inquiétudes de la classe politique. La semaine dernière seulement, le chef de file de Bës Du Niakk, Serigne Mansour Sy Djamil, alertait l’opinion sur le danger que constitue la nouvelle trouvaille du Président Sall. Serig ne Mansour Sy Diamyl qualifiat la structure en gestation, de «milice». Dans le même sillage, l’ancien président du Conseil national de la jeunesse et actuel membre du Secrétariat national de Rewmi, Mbacké Seck, attire l’attention des Sénégalais sur ce qualifie de «véritable milice en gestation». Selon le chargé de la vie associative au parti d’Idrissa Seck, «l’Agence nationale d’assistance à la sécurité de proximité est aujourd’hui le dernier maillon pour installer la dictature dans toutes ses latitudes». «Quand Me Khaly Niang (Dg de ladite agence) a parlé du décret 2013. 10-63 du 05 août, portant création de cette agence de proximité, cela a suscité tout de suite notre inquiétude», a fait savoir l’ancien président du Conseil national de la jeunesse, au cours d’un entretien. «Aujourd’hui, ajoute-t-il, la société civile est décapitée et toutes les grandes plumes de la presse sont embastillées au Palais», s’offusque l’ancien chargé de la communication de la Fédération sénégalaise de football. «L’Apr a annoncé la création d’une télévision et d’une radio. Avec ce népotisme, l’autre élément de dictature, c’est la proche famille du Président qui est au cœur de l’Etat», se désole Mbacké Seck. «Dans sa Déclaration de politique générale, rappelle M. Seck, le Premier ministre a annoncé que tous les dispositifs financiers pour accompagner les projets d’emploi des jeunes seront gérés dans la transparence et l’équité. Mais aujourd’hui, nous sommes inquiets de voir que c’est le cousin du Président, en l’occurrence Abdoulaye Timbo qui gère le Fnpj (Fonds national pour la promotion de la jeunesse et Birame Faye, membre de la famille du chef de l’Etat, qui gère l’Anej (Agence nationale pour l’emploi des jeunes).» Les points noirs de l’Acte III de la décentralisation Le responsable Rewmi de Hann Bel Air informe qu’en plus de la départementalisation, l’Acte III de la décentralisation prévoit la création de la Cellule administrative de base (Cab) dont le président sera nommé par un maire. «Cela rappelle les comités révolutionnaires de base (Crb) du Burkina-Faso, avec des gardiens de la révolution qui font un maillage des quartiers», dit-il. «Un danger qui nous guette», ajoute M. Seck. A propos de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), le chargé de la vie associative à Rewmi relève, pour s’en offusquer, «les transactions à n’en plus finir, des différentes incriminées et les convocations intempestives de leaders politiques à la Dic (Division des investigations criminelles).» «Les purges jusqu’à l’Hémicycle» Mbacké Seck s’offusque aussi « d’un plan publiquement décliné dans les médias par de hauts responsables de l’Apr (Alliance pour la République) pour démanteler Rewmi». «Une absence totale de démocratie à l’Assemblée nationale où un candidat à la présidence de l’institution parlementaire a été obligé de présenter ses excuses, il s’agit de Cheikh Dionne», se désole la sentinelle de la Baie de Hann. «Un autre député a été viré de son poste de Vice-président de la Commission contrôle et comptabilité de l’Assemblée, qui est donné aujourd’hui à une femme presque analphabète, n’ayant même pas le Bfem. Une nébuleuse totale», déplore encore l’ancien chargé de la communication de la fédération sénégalaise de football. Revenant sur l’Agence nationale de sécurité, M. Seck liste trois composantes essentielles de la structure. «Il s’agit du contrat local de sécurité pour mettre en place une cartographie de la délinquance. Ce qui ouvrira les portes de la délation», pense-t-il. «Aussi aura-t-on des comités départementaux de prévention composés d’affidés et de partisans du régime. Le troisième volet, le plus visible, est représenté par l’assistance à la sécurité», explique M. Seck. Renforcer les forces de sécurité «Cette agence dite de sécurité n’a aucune utilité. Autant renforcer la police, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers en termes d’équipement et d’effectifs», tranche-t-il. Pour le chargé de la vie associative à Rewmi, «9 900 recrues seront rémunérées à 50 000 F Cfa/mois, soit environ 600 millions/mois sans compter l’habillement et l’Agence qui coûterait au moins 6 milliards de F Cfa/an. Cette manne financière aurait pu permettre de renforcer les forces de sécurité». Notre interlocuteur propose l’abrogation du décret portant création de ladite agence, le renforcement du service civique national, de la police et de la gendarmerie.