jeudi 31 octobre 2013

GRAVISSIME L USINE GRAVITA DE SEBIKOTANE UNE BOMBE ECOLOGIQUE

7.Posté par Ali le 28/10/2013 09:26 Comité d’initiative pour la Comité de Défense délocalisation de l’usine Gravita des Intérêts de Sébikotane Bien conscientes des enjeux environnementaux et des risques engendrés par les batteries mises au rebut, les autorités de beaucoup de pays et villes du monde entier s’évertuent à sensibiliser sur les effets néfastes desdites batteries et organisent leur ramassage et leur collecte en vue d’un retraitement confié à des structures spécialisées et soucieuses du cadre de vie des populations. Pour éviter le recyclage artisanal du plomb avec ses conséquences relevées notamment à Ngagne Diaw (Thiaroye), il avait été retenu de trouver un site pour un retraitement industriel. La commune de Mbao, à juste raison, n’a pas voulu du projet qui a été subrepticement refilé à Sébikotane, avec l’installation de la société Pagrik Sénégal S.A, filiale de la multinationale indienne Gravita Exim Ltd. Cette installation s’est faite de manière assez cavalière comme le relève le compte rendu de la réunion tenue le 1er septembre 2009, du Comité technique pour la pré-validation du rapport provisoire d’EIE : Monsieur Diouf de la Direction de l’Environnement et des Etablissements classés (DEEC) a « rappelé à l’assistance que le projet avait fait l’objet d’une étude d’impact environnemental lorsqu’il s’implantait à Mbao où le promoteur a bénéficié d’une autorisation temporaire d’exploitation et de ce fait, il s’agit donc d’une délocalisation du projet dans la zone industrielle de Sébikotane ». Depuis quand une EIE peut-elle être transposée d’une localité à une autre? Pour mettre en évidence une telle légèreté il nous suffit tout simplement de rappeler que l’usine Gravita, appelé « Gravité » par les populations, est implantée dans le voisinage immédiat des quartiers Kip kip, Dougar et Yam, l’hôpital pédiatrique de Diamniadio fonctionnel actuellement mais à l’époque en construction, un projet de logements sociaux, de nombreux vergers ; des maraichages, etc. Il s’y ajoute que le site de l’usine se situe à la confluence des eaux de ruissellement qui vont alimenter le bassin de rétention de Dougar et le lac Panthiour à Yène, avant de se jeter à la mer. Lors de la réunion susmentionnée du Comité technique, il a été formulé des questions d’éclaircissement et des recommandations. Les douze (12) questions d’éclaircissement les plus importantes n’ont pas trouvé de réponse, il s’agit notamment de la protection des arbres fruitiers contre les risques de contamination au plomb, le traitement des eaux souillées par le plomb, le traitement des acides contenus dans les batteries ou produite lors des opérations de fabrication, le traitement des déchets provenant des batteries déjà exploitées. L’essentiel des vingt deux (22) recommandations sont restées lettres mortes. Il s’agit entre autres de : - Les non conformités d’exploitation décelées à Mbao ne doivent pas se reproduire à Sébikotane ; - La mise en place d’un plan de suivi environnemental ; - Faire l’étude du danger ; - Revoir le plan de gestion environnemental ; - Consulter les autres acteurs ; - La compatibilité avec les autres activités du voisinage est à faire ; - La description de l’état initial devrait être faite en ce qui concerne la qualité de l’air ; - La gestion des électrolytes est à prendre en compte dans l’étude ; - La surveillance médicale du personnel est à prévoir ; - l’impact de la proximité avec les plantations de mangues est à prendre en compte ; - Il fau prévoir la mesure des dioxines et des furanes dans le suivi environnemental ; - Etc. Ceci permet de dire que l’EIE, première condition pour autoriser l’installation d’une telle usine, classée dans la catégorie des activités industrielles de type 1, selon l’article 13 du Code de l’Environnement, n’est pas satisfaisante. Les trois autres conditions ne le sont pas, non plus. Il s’agit de : - L’implication des populations de la zone de localisation du projet ; - L’obtention de l’agrément notifié aux autorités locales ; - La délivrance de l’arrêté ministériel autorisant le démarrage des activités sur la foi d’une EIE préalablement validée par les services compétents. Les populations de Sébikotane, lors des réunions et par voie épistolaire, ont clairement signifié aux autorités qu’elles ne veulent pas de cette usine dans leur voisinage. Sous l’initiative du Comité de Défense des Intérêts de Sébikotane (CDIS), elles ont tenu plusieurs réunions et un forum, le 5 février 2011, sur l’implantation de l’usine Pagrik/Gravita. Cette rencontre a enregistré la présence d’une délégation du conseil municipal, des délégués de quartiers, des imams et autorités religieuses locales, des groupements féminins, des ASC, de l’Amicale des étudiants et élèves de Sébikotane, des Organisations communautaires de base, des travailleurs de l’usine PAGRIK, du Président de la Communauté rurale de Mont Rolland, des représentants du quartier Ngagne Diaw de Thiaroye –sur-mer, de la présidente du Mouvement pour le Développement de l’Information et de l’Education des Consommateurs (MODIEC), etc. Au cours de cette rencontre valablement représentative de toute la population, le doigt a été mis sur l’absence de délibération du Conseil municipal qui n’a pas non plus instruit une demande de permis de construire ni reçu du promoteur un dossier d’exécution des travaux, un détournement d’objectif car la zone d’implantation était préalablement destinée à des usines de transformation de produits de l’agriculture et le terrain attribué à une unité de production de fer à béton, le manque d’information des travailleurs sur les risques qu’ils encourent. Tous ont donc fustigé l’implantation de cette « usine de la mort » et demandé sa délocalisation. Un mémorandum a été élaboré et transmis aux autorités communales et au Ministère de l’Environnement. Que dire de nos décideurs qui ont autorisé à Sébikotane cette entreprise qui procède à la récupération et au traitement des batteries usagées, au mépris de règles élémentaires de préservation de l’environnement et de la vie des populations et des travailleurs telles que édictées par une Convention sur les déchets dangereux et les recommandations des structures de l’Etat qui ont procédé à des visites de contrôle du site ? En considération de ce qui précède, on peut dire que l’attestation signée le 12 Août 2010 par Monsieur Cheikh Ndiaye SYLLA, Directeur de l’Environnement et des Etablissements classés à l’époque, ne se fonde sur aucun élément de droit. Monsieur SYLLA n’aurait jamais autorisé l’implantation d’une pareille usine dans son quartier, il ne laisserait pas non plus ses enfants inhaler la poussière de plomb. A t- il pris la mesure de fermeture de Gravita pour non respect manifeste des dispositions prévues dans une EIE en règle et notamment l’absence de Plan de gestion environnemental ? Peut-être que Gravita est au dessus de la Convention de Bâle, des lois et règlements de notre pays et des recommandations des services techniques du gouvernement du Sénégal !!! Tout le monde sait que les batteries usagées des automobiles, classées parmi les déchets dangereux à retraitement obligatoire et strictement réglementé, contiennent du plomb (70%), du plastique et de l’acide sulfurique. Elles provoquent une pollution de l’air, des sols et des eaux. Le plomb est absorbé par des organismes vivants, donc introduit dans la chaîne alimentaire. L’absorption se fait aussi par voie respiratoire. Le plomb inhalé s'accumule dans les os mais affecte aussi le système nerveux, les reins et le sang, entrainant des maladies graves telles que cancers, pneumonies, maladies cardiaques, gouttes ; empoisonnements, retard mental, des nuisances sur les fœtus et les mammifères en général, la volaille, Les enfants sont les plus vulnérables aux intoxications au plomb qui risquent de leur causer des dommages neuropsychiques permanents. Une plombémie prolongée entraîne chez le patient convulsions, coma, délire et mort. L’usine GRAVITA ne dispose pas de filtre et émet des rejets toxiques dans l’air dans des conditions artisanales de production. Elle viole en plus la Convention de Bâle sur les déchets dangereux qui exige expressément des industriels du secteur que « le traitement et le stockage soient effectués sur une surface imperméable qui résiste aux intempéries ou dans des conteneurs étanches prévus à cet effet et d'extraire tous les fluides liquides et acides ». Pouvait-on en attendre autre chose si l’on sait que Monsieur Klaus Töpfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, sous les auspices duquel la Convention de Bâle a été adoptée, avait averti que "Le recyclage des batteries au plomb est une des plus graves sources de dangers potentiels, en particulier pour les ouvriers du secteur informel qui s'en chargent dans de nombreux pays en développement. Pour que ce recyclage se fasse de façon sûre, il faut respecter strictement des normes écologiques et professionnelles que ne peuvent assurer que quelques entreprises spécialisées et il n'y en a guère dans les pays en développement". Gravita n’a cure de tout cela et nargue même la DEEC qui lui avait délivré indûment une attestation. En effet, la Direction de la Protection civile, dans son « Rapport 2011 sur l’état de la protection civile au Sénégal. Prévention des risques et gestion des catastrophes : montée en puissance vers la résilience », révèle qu’à la suite d’une première visite, effectuée le mardi 12 avril 2011 à l’usine Gravita, en compagnie de l’Inspection régionale du Travail et la Division régionale de l’Environnement et des Etablissements classés (DEEC), le procès-verbal n°95/PREF/GNSP/CSR/CONF du 05 mai 2011, a retenu les risques majeurs ci-dessous : - Risques d’éclosion d’incendie ; - Risques de développement dus au mauvais stockage des déchets plastiques souillés de plomb ; - Risques de propagation qui résultent du défaut d’isolement intérieur, de la proximité des différents locaux et de l’émission de poussière de plomb ; - Risques sur les personnes liés à l’absence de masques, de bottes, de certificats médicaux pour le personnel et d’un comité d’hygiène et de salubrité. Sur les trente neuf (39) prescriptions formulées par la Commission et dont l’exécution doit se faire avant la prochaine mission de contrôle, le mercredi 05 octobre 2011, seules dix (10) ont été entièrement réalisées. La Commission « a remarqué que les recommandations fondamentales, ayant trait à la sécurité, à la prise en charge sociale des travailleurs, à la protection des personnes ainsi que de l’environnement n’ont pas été respectées. Après la visite, la séance de débriefing tenue avec tous les experts présents a permis de rappeler que les déchets rejetés par l’usine ont des conséquences dangereuses pour la santé des personnes et la protection de l’environnement. Ils ont un effet corrosif sur certains organes et que leur accumulation au sein de l’organisme peut déclencher des maladies graves. Cette pollution touche non seulement les travailleurs mais aussi les populations environnantes qui ont été associées à la visite. En effet, selon le Président du Comité pour la délocalisation de l’usine, des démarches ont été menées auprès de toutes les autorités afin que l’usine soit déplacée. Les populations de Dougar et Sébikotane sont obligées de fermer leurs portes la nuit et, malgré tout, elles inhalent les résidus de plomb. Les nuisances causées par l’usine ne se limitent pas aux populations mais touchent également le cheptel. Or, un élevage intensif de type moderne est en train de se développer dans la localité et il y a des risques de contamination des milliers de poulets de chair qui sont élevés à quelques centaines de mètres de l’établissement. Les effets néfastes de l’usine pourraient également affecter l’hôpital pédiatrique qui se trouve à proximité. Enfin, si le rythme d’urbanisation dans la zone se maintient, dans quelques années, l’établissement sera entouré d’habitations. En conclusion, la Commission auxiliaire a préconisé la délocalisation de l’usine de recyclage de batterie GRAVITA dans un site plus approprié pour protéger les populations, l’environnement et permettre à la zone industrielle de garder son attractivité. ». Aucune suite n’ayant été donnée à ces recommandations, l’usine de la mort continue à fonctionner, de mettre en danger toute la population locale. Une étude portant « Impact du recyclage des batteries de véhicules sur la santé humaine et l’environnement : étude pilote effectuée sur des femmes de Sébikotane et des mécaniciens de Diamniadio » a fait état de prélèvements sur des échantillons d’air et de sol qui ont donné les résultats suivants : « Les teneurs atmosphériques de plomb à Sébikotane, site plus contaminé que le site de Diamniadio, sont de 13,6µg/m3 et celles du sol de 123812mg/kg de sol. Les résultats biologiques obtenus ont relevé une plombémie moyenne de 152,33± 33,36 µ/L chez les non exposés et de 627,15± 193,67µg/L chez les exposés, sujets pour lesquels la valeur dépasse nettement la norme de 300 µg/L fixée pour les professionnels. Les taux de PPZ (13,63± 9,29µg/g Hb) et d’Ala urinaire (11,16± 8,74 mg/g de créatine) ont mis en évidence le degré d’imprégnation des mécaniciens et des femmes récupératrices de plomb ». Ce que les sénégalais ne savent pas et qui est effarent, c’est que les effets mortels de cette usine ne nuisent pas aux seuls habitants de la localité : tout le Sénégal est menacé ! En effet, nous avons relevé dans « Approche participative dans la gestion intégrée des ressources en eau de la zone des Niayes (de Dakar à Saint- Louis) » de Moussa Camara par Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Maitrise 2010 - que la nappe du paléocène situé à l'est du Horst de Ndiass, à l'Ouest de Tanma et dans les régions de Thiès et Fatick avec une potentialité de 68000m3/jour, a « Son réservoir est très productif dans le compartiment de Pout et de Sébikotane avec des débits d'exploitations pouvant atteindre 200 à 400m3/heure dans la zone de Sébikotane. Sa transmissivité est variable et est de 10-3m2/s à 10 m2/s selon le degré de karstification. Elle est comprise entre 7,8 x 10-3 m2/s à 3,1 x 10-2m2/s dans le compartiment de Sébikotane. L'exploitation de la nappe au niveau du horst de Ndiass se fait essentiellement dans les compartiments de Pout et Sébikotane. La nappe du paléocène est alimentée dans le secteur de Sébikotane par les eaux de la nappe maastrichtienne profonde ». L’auteur de ces recherches évoque plus loin une baisse de température « après la saison des pluies qui peut s'expliquer par une infiltration des eaux de pluies. ». C’est dire que les eaux de pluies qui tombent sur le sol contaminé de Sébikotane pénètrent dans la nappe !!! Nous avons relevé dans cette étude que « cette nappe couvre 4/5 du territoire sénégalais »!!!! Savoir qu’une usine de retraitement de batteries usagées comme GRAVITA, installée à cinq cent mètres d’un hôpital pédiatrique et tout près d’habitations, avec des effets directs et indirects sur les différentes composantes de l’environnement comme l’air, l’eau, les sols, la végétation, la faune et la flore, les habitants et leurs collectivités, etc. et ne rien faire, c’est accepter avec fatalisme un GENOCIDE MASSIF. A l’évidence avec ce « Tchernobyl » local, nous sommes en présence d’une entreprise couverte par une main invisible qui a sûrement intérêt à la chose. Le nôtre, c’est la délocalisation de cette usine. Notre objectif est en parfaite intelligence avec le droit de vivre dans un environnement sain, droit consacré par l’article 8 de notre constitution. Malgré les manifestations des jeunes de la localité, l’usine GRAVITA et ses soutiens inconscients et cupides comptent sur le « masla », l’ignorance et l’inertie des populations car elle n’a trouvé comme parade que d’offrir à la mosquée du quartier Kipkip deux (02) ventilateurs plafonniers. Ces procédés éculés de colons qui distribuaient des bonbons pour se donner bonne conscience ou rire de la naïveté des populations locales sont non seulement révoltants mais révélateurs d’un mépris inacceptable. Pour le moment, la lutte contre « Gravité » revêt une forme légale mais la jeunesse de la localité se refuse à ce qu’elle considère comme de la mollesse des aînés. Jusqu’à quand notre pondération et notre esprit de responsabilité pourront contenir cette colère légitime ? Attention ! Que la digue ne saute pas…… Fait à Sébikotane Septembre 2013

mercredi 30 octobre 2013

L ETAT PYROMANE QUI L AURAIT CRU

Sandaga : Le désordre dans la peau…(Par Oumou Wane) Il faut avoir la vision d’une salamandre pour penser qu’il s’agit vraiment d’une brillante idée d’extirper le marché Sandaga de là où il se trouve aujourd’hui pour aller le replanter plus loin, juste à quelques encablures de là. La place Lat Dior est la malheureuse élue, tenez-vous bien, juste en face de notre palais justice. sandaga uneNon mais quelle idée ! L’on a beau se creuser les méninges dans tous les sens, aucune lueur intelligente ne vient nous démontrer que ceci est une bonne idée. Dès lors, comment nous persuader nous autres dakarois, de la pertinence de cette décision inique, cynique serait le mot qui sied tant les tenants et aboutissants de cette affaire échappent à notre entendement pourtant bien rompu aux reculades et flous artistiques. Comme des spécialistes du paso-doble, cette danse qui s’exécute d’avant en arrière, nos dirigeants depuis des décennies, ont été incapables de prendre des décisions tranchées dès qu’il s’est agi de régler ce problème. La dernière tentative de Aminata Niane d’oxygéner Dakar avait sonné la révolte des marchands ambulants qui nous ont donné un avant-goût de leur capacité de nuisance. Le maire de Dakar a pourtant l’air de tenir le secret, ses résultats dans ce domaine commençant à nous rendre optimistes, aucun repli de sa part n’ayant été noté à ce jour. Certes les intérêts divergents des uns et des autres favorisent ces va et vient, le politicien ayant toujours l’œil rivé sur sa courbe de popularité et sa hantise étant de fâcher. Si cette décision stupide est prise à la hussarde, à la hussarde il faudra la retirer donc car elle n’est pas bonne et voici pourquoi. Si l’idée de départ est de réamenager le centre ville, de le rendre moderne à l’instar de toutes les capitales dignes de ce nom, pousser la brouette pour aller la déverser quelques centaines de mètres plus loin aggravera le problème puisque le périmètre se sera élargi sans garantie que les troupes arrière suivent. Et rien n’empêchera qu’elles grossissent pour reconquérir dans les années à venir le lieu déguerpi et fleurir au bas des gratte-ciels qui pourraient y être érigés. Donc pour être efficace sur cette question il s’agit de mettre le marché ailleurs, en dehors du centre ville et de rendre ainsi service aux commerçants car pour aller à Sandaga, il faut vraiment le vouloir, les embouteillages rendant l’accès impossible. Et puis d’ailleurs, le marché Sandaga n’est plus un marché, il est devenu un vaste souk qui pousse comme une herbe folle et comme tous les souks, il est tentaculaire, son centre nerveux ne grossissant pas mais ses tentacules poussant sans limite et dans un mouvement circulaire prennent dans la nasse tout mètre carré inoccupé sur leurs passages. Or, le problème de fond à régler ici est de savoir comment reprendre la main sur ce centre ville, le réhabiliter tout en ne pénalisant pas les commerçants qui y gagnent leur vie. marché sandaga 1 Il y a certainement des pistes de réflexion, par exemple segmenter et spécialiser le marché et le disperser dans Dakar et sa banlieue, puisque ses clients viennent pour la plupart de la banlieue, l’endroit le plus peuplé de la capitale. Ceci décongestionnerait le centre ville et y diminuerait le nombre de ndiaga ndiaye qui s’y baladent, polluent et tuent. Des schémas ont certainement été suggérés par nos experts et peut-être dorment-ils dans quelques tiroirs. Installer le marché Sandaga nouveau look, au pied de notre palais de justice est comme mettre notre temple de Thémis dans la gueule du loup. Outre l’esthétique, parce qu’après avoir dépensé des milliards en routes et en palmiers pour apprêter notre corniche, enclencher la marche arrière pour venir remettre en cause tout ce pourquoi l’on s’est donné tant de mal, donne l’impression d’un manque de courage pour exécuter la chirurgie radicale qui sied à ce problème. Oxygéner et aménager notre centre-ville est une mesure qui n’a rien d’arbitraire contre nos commerçants mais fait partie d’une logique de réaménagement de Dakar devenu plein comme un œuf et qui menace d’exploser du fait de cet exode rural de personnes qui n’ont pas le choix, bouger de leurs villages ou mourir. Il leur suffit de prendre un taxi brousse pour venir à Dakar poser leur sac où ils peuvent et puis vogue l’eau ! Pourtant, il y a des pays comme la Tunisie qui gèrent ce problème avec un système de laisser-passer, d’une région à une autre, ce qui permet de contrôler le déplacement des masses et éviter une capitale qui explose. Mais ces pays ont créé en amont les conditions économiques pour maintenir les gens chez eux, nul ne voulant du reste s’arracher à l’amour des siens pour aller chercher de quoi les nourrir à des centaines de kilomètres de là. Cet exode nécessaire pour ces populations meurtries de nos régions a contribué à ruraliser notre centre ville, qui affichait hier des allures dignes de Pondichéry, lorsque salons de thé, magasins de mode, cinémas et restaurants attiraient dakarois et touristes qui se promenaient sans souci sur les trottoirs propres de l’avenue William Ponty. dakar sandaga Aujourd’hui, ce centre-ville devrait être le siège d’entreprises performantes qui oeuvrent dans les services et technologies de pointe aptes à créer des emplois. A moins d’avoir le désordre dans la peau ou de vouloir faire avaler notre palais de justice par ce marché goulu, l’on n’a aucune raison objective d’opérer cette délocalisation. Imaginons les étals comme des lierres au printemps bouffer les grilles du palais, puis de grignotage en grignotage annexer le parking redevenu friperie avant de transformer les escaliers qui mènent au Temple de Thémis en rayons pour fausses chaussures Nike ou Adidasque les bateaux qui accostent de Chine vomissent sans cesse sur notre pauvre ville déboussolée. Macky Sall doit reprendre la main sur cette affaire concoctée d’on ne sait où et mettre fin à la récréation. Car reculer dans cette affaire n’est pas une reculade, c’est de l’écoute ! oumou wane Oumou Wane Présidente Africa7

mardi 29 octobre 2013

L ABSTINENCE ET LA FIDELITE PEUVENT SAUVER DES VIES

ALERTE ALERTE ALERTE ALERTE ALERTE Une « superbactérie » sexuellement transmissible plus dangereuse que le SIDA Les autorités sanitaires américaines ont mis en garde la population suite à deux cas de « superbactérie du sexe » à Hawaii. Cette superbactérie sexuellement transmissible serait une souche résistante de la gonorrhée. Les Centers for Disease Control and Prevention ont demandé au Congrès américain de dégager 50 millions de dollars afin de développer au plus vite un nouvel antibiotique afin de traiter cette souche résistante de la maladie. Le premier cas identifié aux Etats-Unis remonte à 2011 chez une jeune femme de l’île d’Hawaï. Cette « superbactérie du sexe », appelée H041, a été découverte au Japon en 2011. Elle s’est ensuite répandue à Hawaii et a refait surface en Californie et en Norvège. Les médecins avertissent que cette souche de la gonorrhée est résistante aux antibiotiques et a le potentiel d’être aussi mortelle que le virus du sida. La gonorrhée est la deuxième infection sexuellement transmissible la plus fréquente. « Celle-ci pourrait se révéler bien pire que le sida à court terme parce que la bactérie est plus agressive et touchera plus de gens et ce, beaucoup plus rapidement », met en garde le Docteur Alan Christianson. Extrêmement dangereuse Si près de 30 millions de personnes sont mortes de causes liées au sida, le docteur Christianson estime que l’effet de cette bactérie aura un impact bien plus direct: « Les gens qui contracteront cette souche de gonorrhée pourraient développer un choc septique mortel en quelques jours. Elle est donc extrêmement dangereuse ». Bien qu’aucun décès n’ait été signalé jusqu’à présent, les experts préfèrent mettre en garde immédiatement face aux risques de la maladie. « Les gens doivent se protéger et se faire tester en début de toute nouvelle relation », conseillent-ils. Risques multiples La gonorrhée est une maladie sexuellement transmissible connue depuis l’époque médiévale. Parfois appelée « chaude-pisse », cette infection peut entraîner des lésions douloureuses et des écoulements génitaux, des grossesses extra-utérine et la stérilité tant chez les hommes que chez les femmes. Si elle n’est pas traitée, la gonorrhée peut mener à une foule de complications et à des infections de la circulation sanguine. Elle représente également un risque plus élevé de transmission du sida car les lésions engendrées permettent plus facilement la transmission dans la circulation sanguine. La maladie est devenue curable dans les années 1940 grâce à la pénicilline et à d’autres antibiotiques. Depuis lors, le monde médical a régulièrement dû créer de nouveaux médicaments car la gonorrhée ne cesse de muter et il existe une possibilité que tous les types de gonorrhée deviennent incurables d’ici 2015, selon certains spécialistes.

HIKIKOMORI LE PHENOMENE DE L ISOLEMENT VOLONTAIRE

Karim Wade, sa vie à la prison de Rebeuss Chaque lundi, à la prison de Rebeuss, Karim Wade reçoit : politiciens, chefs religieux ou anonymes... Le reste de la semaine, dit-on, l'ancien "super-ministre" sénégalais mène une existence pieuse et laborieuse. Pour préparer son retour ?le retour du faux messie karim Le 8 octobre à Dakar, le PDS a organisé un rassemblement pour exiger la libération de Karim Wade. "Karim est un détenu politique,fossoyeur de la republique mais il reste imperturbable." Chaque lundi matin ou presque, depuis plusieurs mois, Bachir Diawara, ancien chef de cabinet de Karim Wade, rejoint le flot des visiteurs curieux de voir l animal en cage, qui se pressent aux portes de la maison d'arrêt de Rebeuss, sur la corniche ouest de Dakar. C'est là que l'Ex-"super-ministron" (de 2009 à 2012), coupable d'enrichissement illicite, en cage depuis le 17 avril. Là, qu'il passera ses nuits au cours des six prochains mois aussi pour longtemps. Sans contact avec son père, sa soeur et ses filles car honni par sa famille Il y a là des proches, des cadres du Parti démocratique sénégalais (PDS), mais aussi des anonymes, comme ceux qui ont essaye de battre le pavé, le 8 octobre, entre la place de l'Obélisque et la Poste de la Médina, pour protester contre la vie si chère, la pénurie d'eau, les délestages... et pour exiger la libération du détenu le plus médiatisé du Sénégal;une utopie. Sa mère, Viviane, a fait le déplacement début septembre. Mais ni son père, Abdoulaye Wade (reclus à Versailles,passant des jours heureux avec tous les milliards voles en France, depuis la défaite en 2012), ni sa soeur, Sindiély, ne sont venus. Quant à ses deux filles, elles ont été confiéeset confinees à la garde de deux nourrices dans un appartement du 16e arrondissement de Paris avec vue sur la seine mis à disposition par un ami de la famille,prete nom de luxe. Elles n'ont plus de contact avec Karim Wade depuis son retour au Sénégal, il y a un an car elles ont honte de leur pere "C'est parce que le pouvoir le considère comme un adversaire de taille qu'il est persécuté", affirme Bachir Diawara,que d aneries. Une "persécution" dont les retombées, paradoxalement, auraient plutôt l'air de réjouir ses soutiens de circonstance. "Son incarcération a dopé sa popularité virtuellement, croit savoir l'un de ses proches selon leurs barometres a eux. Macky Sall doit s'en mordre les doigts !" Pour un peu, ce passage derrière les barreaux passerait presque pour une étape obligée avant la consécration,l utopie d un reve brise Son propre père n'a-t-il pas lui-même été emprisonné à plusieurs reprises du temps où il était l'opposant résolu du président Abdou Diouf ? Quant à Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme, il a été incarcéré par les colonisateurs français avant de se voir infliger un long exil au Gabon. Or Karim Wade, 45 ans, semble avoir placé sa détention sous les auspices de celui qu'on appelle aussi Serigne Touba, figure sainte de la puissante confrérie sénégalaise. Aux dires de plusieurs proches, l'ancien jet-setteur en herbe mènerait désormais, derrière les hauts murs de Rebeuss, la vie copieuse et laborieuse du parfait disciple de satan. Il fait du sport ou travaille à l'écriture d'un livre ,chroniques de ses deboires judiciaires lui le petit metis qui voulait succeder a son pater. "Il n'a pas de contacts avec les autres détenus du PDS, d anciens collabos et complices de malversations financieres averees [une demie-douzaine d'anciens responsables libéraux inculpes de malversations], précise l'un de ses nombreux avocats. Chaque jour, il planche avec l'un d'entre nous sur le dossier de sa défense. Sinon, il fait du sport ou travaille à l'écriture d'un livre." Un ouvrage aux accents programmatiques et testamentaires dans lequel l'ancien ministre des Infrastructures, de l'Aménagement du territoire, de la Coopération internationale et du Transport aérien dévoile, à en croire son entourage, ses "grandes orientations" stratégiques et économiques pour le Sénégal, avec en ligne de mire la campagne électorale de 2017.Peut. etre que les senegalais sont amnesiques et debiles a la fois apres le pere ,le fils prodigue voltigeur des finances c est ridicule Le cercle de ses visiteurs s'étend bien au-delà des apparatchiks et de Victor Kantoussan, son fidèle larbin et garde du corps, qui lui apporte ses repas trois fois par jour commandes dans une structure de la place. Plusieurs sources confirment que le fils de l'ancien président reçoit sans exclusive les Sénégalais qui souhaitent venir à sa rencontre, mais aussi une poignée de journalistes et jusqu'à un cadre du parti présidentiel, l'Alliance pour la République (APR). "L'attribution des permis de visite par la Crei [Cour de répression de l'enrichissement illicite] est devenue de plus en plus contraignante,il y a quoi il est devenu un phenomene foire c est comme si les senegalais allaient au zoo de hann, précise toutefois un responsable du PDS. Désormais, chaque permis est valable une seule fois et le nombre de visiteurs a été restreint." Ces derniers temps, il est limité à 50 personnes par jour de visite : la moitié sont des anonymes ; l'autre moitié, des personnalités officielles et officieuses comme le responsable de l APR:Ponctuellement, Karim Wade s'offre même le plaisir d'en bouder certaines COMME UN ENFANT GATE. "Il a refusé de recevoir une délégation d'élus de la majorité, fait savoir l'un de ses avocats. Et il a aussi éconduit Alioune Tine;VERITABLE SUPPOT DE SATAN, ce prétendu défenseur des droits de l'homme [nommé président du Comité sénégalais des droits de l'homme en février;pour service rendu a Macky]." Principal parc d'attraction de Rebeuss, Karim Wade vit néanmoins dans un certain isolement afin d'éviter de provoquer la colere des detenus. "Il n'a pas l'autorisation de fréquenter les autres détenus pour la prière du vendredi", précise un avocat. Chez ses visiteurs, un mot revient comme un leitmotiv pour traduire son état d'esprit : "Je le trouve très serein, c est normal avec les milliards voles", affirme Marie Aw, membre du comité directeur du PDS et responsable du parti libéral à Keur Massar, dans la banlieue de Dakar. Celle qui a récemment fondé le mouvement Takhawou Karim ("Soutenir Karim") est une fidèle de la première heure. "J'ai obtenu le premier permis de visite délivré par la Crei, claironne la militante une maniere de bien se faire remarque par le distributeur automatique en son temps d apogee. On me l'a accordé le 2 mai pour une période de six mois,mais quelle galere" Depuis lors, Marie Aw s'est rendue à la prison de Rebeuss à une quinzaine de reprises pour y rencontrer Karim Wade. "Il écoute davantage qu'il ne parle"car il comprend pas le wolof la langue la plus parlee au senegal, témoigne-t-elle. "Il est très attaché à sa foi de facade et de circonstance, il s'en remet à Dieu, relate Bachir Diawara. Il fait sa prière et se consacre à la lecture du Coran traduit en francais et des préceptes de Cheikh Ahmadou Bamba." Des visites de chefs religieux Pour Karim Wade, à qui il a tant été reproché par le passé d'être un Sénégalais de circonstance à l'enracinement trop superficiel pour prétendre honorer un jour le projet dynastique de son père voila la verite un projet dynastique sorti de la tete de son fou de pater, cette détention est l'occasion d'opérer une mue profonde pour apprendre ce que c est que d etre senegalais car il vivait dans un autre senegal, et l'allégeance confrérique qu'il cultive depuis plusieurs mois n'est pas anodine car bien calculee. "Des chefs religieux me demandent régulièrement de lui transmettre leurs salutations ou des messages de soutienet surtout des aumones", précise Marie Aw. Toutes confréries confondues, les cheikhs font régulièrement le déplacement pour prendre lurs parts du gateau. Depuis avril, on a vu défiler à Rebeuss nombre de représentants des grandes pseudo- familles maraboutiques mourides : Serigne Moustapha Mbacké, Serigne Cheikh Awa Balla Mbacké, Serigne Abdou Lahat Mbacké, Serigne Modou Kara Sylla... Les tidjanes ne sont pas en reste plus on est des fous plus , puisque l'imam de la grande mosquée omarienne de Dakar, Thierno Seydou Nourou Tall, compte lui aussi au nombre des visiteurs de Karim Wade. Enfin, pour les layènes, c'est Ibou Seyni Thiaw Laye, fils du khalife de la confrérie, qui a été reçu en audience par le Very Important Prisoner.Quelle honte Karim Wade, candidat pour 2017 ?peut etre du fond de sa cellule Au cours des derniers mois, celui que l'on avait davantage l'habitude de voir revêtu d'élégants costumes taillés sur mesure s'est mis à arborer la djellaba et le calot des hadjs, une mystification politique pour ferrer les plus credules. Ses proches laissent par ailleurs entendre que sa maîtrise du wolof aurait fait un bond qualitatif houra pour lui mais c est son probleme car il est en retard. Un relooking que certains observateurs n'hésitent pas à taxer d'opération de com orchestrée par son entourage. "Karim Wade est un nouveau produit marketing du PDS", ironise ainsi l'éditorialiste Madiambal Diagne dans Le Quotidien. Car dans un parti revenu à l'opposition après avoir perdu sa figure historique, une candidature de Karim Wade lors de la prochaine élection présidentielle semble plus probable que jamais. Si le principal intéressé, adepte du off the record et avare en confidences, ne donne aucun indice explicite, ses partisans, eux, ne contiennent plus leur enthousiasme. "Karim est notre candidat pour 2017 !" lâche un membre du comité directeur. "C'est notre messie de pacotille !" exulte Marie Aw. Au PDS, on veut se convaincre que Karim Wade représente le challengeur le plus sérieux de Macky Sall. Et que cela expliquerait "l'acharnement" de la justice sénégalaise car au PDS apres wade c est le vide intersideral. Six mois de plus Bis repetita... Karim Wade passera les six prochains mois en détention à Rebeuss. Au terme d'une audition marathon, la première portant sur le fond du dossier depuis son incarcération le 17 avril, ses avocats ne sont pas parvenus à convaincre les juges de l'origine licite des 150 millions d'euros retrouvés sur des comptes bancaires à Monaco. Certes, sur les 30 comptes (dont 24 encore en activité) évoqués par le procureur spécial de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei), un seul est au nom de Karim Wade. Les autres appartiennent à des personnes que la justice soupçonne d'être des prête-noms, et notamment à Ibrahim Aboukhalil, dit Bibo Bourgi. Mais selon la Crei, Karim Wade en est bien le véritable bénéficiaire... D'où sa décision, rendue le 16 octobre, à l'aube de la Tabaski et au grand dam des défenseurs du fils de l'ancien président veritable joe dalton. "C'était un jour férié, nous avons refusé de travailler dans ces conditions et de prendre part à cette parodie de justice, raconte l'un des avocats présentscar il faut qu ils fassent semblant de meriter leurs honoraires. Après avoir retiré nos robes en signe de protestation , nous voulions faire la greve de la faim mais nous prefere faire autrement , nous avons quitté la salle avec notre client, qui a refusé de répondre aux questions du juge une strategie de defense que nous savions vouee a l echec ." À noter que pour la défense, confortée par divers juristes dont l'avocat Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l'homme, les comptes monégasques ne sont pas un fait nouveau, mais une extension de la première inculpation. "Dans cette affaire, il ne faudrait pas instrumentaliser la justice à des fins politiques", s'indigne le juriste-militant paye pour cette sortie . Jeuneafrique.com

A LA RECHERCHE EFFRENE DU PRIX NOBEL POUR UNE RECONNAISSANCE SUR LA SCENE INTERNATIONALE JEUX DE DUPES ET MAFIA DES PRESIDENTS

La CEDEAO serait elle frappée de schizophrénie? La CEDEAO a, de fait, opéré un basculement dans sa mission originelle qui est de promouvoir l’intégration économique à travers, principalement, la création d’un marché commun. Cependant, l’Organisation s’est plus tôt engagée dans la gestion et le règlement des conflits, mission qui la réussit moins; si véritablement elle la réussit. Les appels d’interventions occidentales d’ordre humanitaire et/ou militaire sont quasi systématiques devant l’incapacité multidimensionnelle de la CEDEAO à apporter des réponses efficaces, d’une part, et de l’indécision et du jeu des acteurs notamment des Chefs d’Etat, d’autre part. Ainsi en va-t-il de la situation de turbulence quasi insurrectionnelle qui prévaut dans l’espace communautaire à travers la fréquence des plages d’instabilité et d’insécurité, dans toute leur complexité, leur ampleur et leur prégnance (changements inconstitutionnel de pouvoir, terrorisme et criminalité transnationale organisée, guerres civiles, crises pré et/ou post électoraux, bafouements des droits et libertés fondamentaux, pourtant constitutionnellement consacrés. etc). Le taux de prévalence des médiations, résolutions, protocoles additionnels, recommandations et communiqués pris sur des questions de paix, de sécurité et d’élection est remarquable eu égard à leur inefficacité à instaurer ou à consolider la gouvernance démocratique et celle politique de même que la stabilité et la sécurité. Les erreurs tactiques et stratégiques de l’Organisation dans les processus de gestion et de règlement des conflits et crises affectent considérablement sa capacité de prise en charge et impacte négativement sur sa crédibilité. De même, les très rares cas de succès enregistrés dans ce domaine sont plus redevables aux mandataires (médiateurs) qu’au mandat (CEDEAO), du fait principalement de leur notoriété et de leur leadership. Ainsi, la gestion et le règlement des conflits sont plutôt personnalisés et personnifiés qu’institutionnels. Les instruments et mécanismes de prévention et de gestion sont presque inopérants. Même si le besoin de vivre à l’abri de la peur (questions de paix et de sécurité) est l’une des préoccupations premières des peuples et des Etats en Afrique de l’Ouest; et qu’il est fondamentalement en interconnexion avec la mission initiale de la CEDEAO (vivre à l’abri du besoin à travers l’intégration économique), il n’en reste pas moins que ce dévouement dans sa lettre de mission constitue un fourvoiement grave de l’Organisation par rapport à son prime mandat. Le Sommet extraordinaire de Dakar entérine le Tarif Extérieur Commun (TEC) dans l’espace et permet à l’Organisation de recentrer ses missions et objectifs, l’impulsion de l’intégration économique. Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont examiné le mémorandum du président de la Commission de la CEDEAO sur la consolidation du marché régional (TEC/APE/PCI) ainsi que le rapport de la dernière session extraordinaire du Conseil des ministres. En effet, tenue à Abidjan en septembre 2013, la dernière session extraordinaire était l’occasion pour les ministres de formuler, à l’intention des chefs d’Etat, une série de recommandations portant notamment sur la coopération monétaire régionale, les négociations des APE entre l'Afrique de l'Ouest et l'Union européenne ainsi que le Tarif Extérieur Commun (TEC). L’adoption du TEC vient d’achever les décisions prises lors du sommet d'Abuja en juillet 2013 et qui portaient sur l'accélération du processus d'intégration communautaire à travers la réalisation d'infrastructures énergétiques et routières. Le TEC va substantiellement modifier la nomenclature des droits et obligations des pays de l’espace. En effet, il permettra à l’Organisation de la CEDEAO d’être reconnue par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) comme une union douanière et la repositionnera ainsi dans le concert des grands ensembles, en ce qui concerne les échanges internationaux. De même, elle constitue un pas nodal dans le processus d’intégration des marchés et celle monétaire sachant que sur les 15 pays membres de la CEDEAO, il existe huit (8) monnaies différentes. Cependant, même si on est à l’heure des « grands ensembles », la relative superposition des deux espaces (UEMOA/CEDEAO) est très problématique et entraine des conflits de compétence négatifs. Ce qui, vraisemblablement, a dû entrainer, en partie, les errements de la CEDEAO par rapport à sa mission initiale, d’une part, et explique l’entente tacite des deux Organisations communautaires (CEDEAO/UEMOA) de se charger respectivement des intégrations politique et économique, d’autre part. Le club des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO s’est également évertué de dégager des perspectives de résolution efficace des questions d’actualité telles que la crise au Mali où la mission sollicite d’être renforcer en troupes et en matériels face à la résurgence des attaques meurtrières, la crise en Guinée Bissau et en Guinée Conakry où le Président aurait truqué massivement les élections législatives du 28 Septembre. Dans ce contexte fortement marqué par les besoins de vivre à l’abri de la peur (paix et sécurité) et de vivre à l’abri du besoin (développement), l’espace communautaire a besoin d’un (ou des) vrai leadership incarné et assumé; mais qui du Sénégal, de la Côte d’Ivoire ou du Burkina Faso saura représenter pour CEDEAO ce qu’est l’Allemagne pour l’Union Européenne ? Les défis sont majeurs et les enjeux primordiaux. Saliou FAYE, Chercheur et Coordonnateur du Centre d’Etudes et de Recherches Internationales et Stratégiques (CERIS)

lundi 28 octobre 2013

AU ROYAUME DE DOULOULANE LA LONGUE LITANIE DU DPG

Assemblée nationale : L'intégralité de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, Aminata Touré Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Honorables députés, Par la grâce de Dieu, j’ai ce matin le privilège de décliner devant vous la feuille de route du gouvernement que j’ai l’insigne honneur de diriger. Cette feuille de route, Son Excellence, Monsieur le Président de la République Macky SALL en a déterminé les orientations et fixé le cap. En nous investissant de sa confiance, le Chef de l’Etat nous donne, les membres du gouvernement et moi-même, l’opportunité d’accomplir une mission exaltante pour chacun d’entre nous, celle de servir les sénégalais et de réaliser leurs aspirations. Je voudrais donc, en cet instant solennel, le remercier très sincèrement pour sa confiance et lui renouveler mon engagement total à travailler avec loyauté pour la réalisation de son ambition pour le Sénégal. Monsieur le Président, Honorables députés, Vous êtes les dépositaires de la confiance du peuple, chargés d’exprimer sa voix et de veiller à la prise en charge de ses attentes. Je salue avec respect votre action, tout comme je rends hommage ici à mon prédécesseur pour tout le travail accompli. Depuis le 25 mars 2012, les changements attendus par nos compatriotes ont été entamés dans un environnement international et national particulier. Les effets de la crise économique et financière continuent d’affecter l’économie mondiale dont la croissance devrait rester légèrement au-dessus de 3 % en 2013, soit à son niveau de 2012. La crise se prolonge dans la zone euro et certains de nos partenaires stratégiques historiques sont en difficulté. Au sein de l’UEMOA, la croissance économique devrait atteindre 6,5%. C’est pour dire que, malgré nos nombreux défis, l’Afrique et le Sénégal sont aujourd’hui des zones de croissance économique et de création de richesses. Nous avons donc beaucoup de raison d’être optimistes. Toutefois, le contexte actuel impose à tous les pays des efforts de rationalisation et des réformes courageuses pour lutter contre le gaspillage et orienter les ressources essentiellement vers les programmes d’amélioration des conditions de vie des citoyens. Ces réformes ont été engagées par le Président Macky Sall dès son installation. En effet, il a fallu faire face à des moins-values de recettes fiscales de plus de 34 milliards de FCFA en fin mars 2012. L’Etat devait une dette de 150 milliards aux entreprises privées et nous avons trouvé un déficit de près de 8% qu’il a fallu ramener à 5,8%, sans compter les nombreuses urgences sociales comme la crise dans le monde rural, les inondations, le coût élevé de la vie. Je ne m’étendrai pas outre mesure sur cet héritage, car l’objectif aujourd’hui est de vous entretenir de l’avenir proche. Je dois souligner, toutefois, que les efforts que nous avons entrepris pour l’assainissement des finances publiques se sont traduits par un redressement de la croissance à 3,5% en 2012 contre 2,1% en 2011. Monsieur le Président, Honorables députés, Nous comprenons bien l’aspiration de nos compatriotes à mieux vivre, à satisfaire leurs besoins essentiels, à avoir des emplois et à accroître leurs revenus. Ces demandes concrètes relèvent d’une quête bien légitime de plus de progrès économique et social. Ce message nous l’avons compris. C’est pourquoi, sous la forte impulsion du Chef de l’Etat, son Excellence M Macky Sall, nous avons décidé d’accélérer la marche de notre pays vers une économie émergente, une société solidaire et inclusive, dans un Etat de droit, avec une Administration de missions rénovée. Mon adresse s’inscrit donc dans les orientations stratégiques et sectorielles du programme « Yoonu Yokkute » déjà partagées avec vous, et dont la mise en oeuvre a commencé à donner des résultats bien visibles. Elle souhaite apporter des réponses appropriées aux demandes concrètes des populations. Monsieur le Président, Honorables députés, La réflexion que je voudrais partager avec vous s’articulera autour de trois grands axes : 1. La prise en charge des urgences sociales et la correction des inégalités ; 2. La relance de l’économie pour une croissance génératrice d’emplois ; 3. Enfin, la consolidation de l’Etat de droit avec le renforcement de la bonne gouvernance et le développement local Monsieur le Président, Je mettrai à chaque fois en exergue les réformes et programmes majeurs dont la mise en oeuvre reste déterminante pour accélérer la réalisation de ces trois objectifs. J’évoquerai naturellement l’agenda que nous nous sommes fixé, les moyens à mobiliser à cette fin, ainsi que les méthodes de gouvernance pour conduire ces changements attendus. Monsieur le Président, Honorables députés, Je partagerai avec vous des objectifs quantifiés et chiffrés et je souhaiterais que la représentation nationale que vous êtes nous interpelle régulièrement sur le niveau d’exécution de ces programmes. Ainsi, je suggère que deux fois par mois, les membres du gouvernement viennent à l’Assemblée nationale faire le point sur l’état d’avancement de leurs programmes respectifs. A travers vous, leurs élus, les sénégalais seront régulièrement tenus au courant du travail du gouvernement. Des comités consultatifs incluant les acteurs du secteur privé et de la société civile seront mis en place au niveau des ministères ; il sera également institué à la Primature un Haut Comité de suivi des programmes et projets publics et ces mécanismes permettront aux sénégalais d’apprécier nos progrès et nos performances. I. POLITIQUES SOCIALES ET LUTTE CONTRE LA VULNERABILITE Monsieur le Président, Honorables députés Je voudrais tout d’abord vous entretenir des politiques sociales, notamment celles en direction de nos concitoyens les plus vulnérables. Nous comptons, sur la période 2013-2017, donner encore plus d’impulsion aux programmes à fort impact social, pour apporter des réponses concrètes aux urgences sociales et au besoin de protection des groupes les plus vulnérables. Car, Monsieur le Président, notre action n’aura de sens que si les sénégalais, tous les sénégalais, ceux des villes, de la banlieue et des zones rurales, sentent qu’ils vivent mieux que par le passé et que leurs enfants auront la chance d’une vie meilleure. Je rappelle, à ce sujet, que près d’un ménage sénégalais sur deux reste pauvre et le phénomène, plus accentué dans les zones rurales, touche 57,3% des ménages. Aujourd’hui, au moins huit régions sur les quatorze que compte le pays ont une incidence de pauvreté jugée très forte, de plus de 60%. C’est pourquoi, le gouvernement engagera dès 2014 un programme d’urgence d’infrastructures sociales, dénommé « Programme d’Infrastructures en faveur des localités les plus défavorisées ». Il s’agit, dans le cadre de la planification pluriannuelle des investissements publics, de privilégier, par une approche concertée entre les ministères, la réalisation de plateformes d’infrastructures permettant à 2000 villages appartenant aux 62 communautés rurales les plus pauvres, d’avoir accès à l’eau, à l’école, à des services de santé et à des pistes. En outre, pour élever leur potentiel économique, ces collectivités bénéficieront, dans le cadre d’un ciblage, des programmes d’implantation de fermes agropastorales et d’équipement en matériel de production. Le programme global concernera à terme 88 communautés rurales, et 3000 villages, et devra toucher près de 1,2 millions de personnes, avec l’objectif d’éliminer progressivement la fracture entre ces localités et le reste du pays. Ces programmes représentent un investissement, une source de cohésion sociale et de stabilité, ainsi qu’un moyen de rompre le cercle vicieux de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté. Monsieur le Président, Honorables Députés, C’est ce qui justifie le programme de Bourse de sécurité familiale, expérience novatrice en Afrique. La bourse est destinée à fournir pendant l’année des allocations trimestrielles de 25.000 FCFA à des ménages vivant dans une situation d’extrême pauvreté. Cette allocation favorisera l’inscription et le maintien de leurs enfants à l’école, l’assurance de leur prise en charge vaccinale et leur enregistrement à l’état civil. A travers la bourse de sécurité familiale, c’est une nouvelle bataille qui est engagée pour la scolarisation universelle, la protection de la santé des enfants et donc la baisse de la mortalité infantile. Ce programme doté d’une enveloppe budgétaire de 5 milliards de FCFA en 2013 va bénéficier à 50.000 ménages répertoriés sur la base de critères partagés. Cet effort financier sera accru progressivement avec une inscription budgétaire supplémentaire de 5 milliards de FCFA par an. L’enveloppe atteindra donc 25 milliards en 2017 pour soutenir 250.000 familles sur toute l’étendue du territoire. Monsieur le Président, Honorables Députés, 1.1 COUVERTURE MALADIE UNIVERSELLE Nous avons aussi fait le constat que seuls 18% de la population sénégalaise disposent d’une couverture maladie publique ou privée. L’écrasante majorité de nos compatriotes vit cette absence de couverture avec d’énormes difficultés. Aussi, le gouvernement a-t-il, dans un souci d’équité, lancé depuis le 20 septembre 2013 la Couverture Maladie Universelle qui garantira l’accès des populations à un paquet minimum de soins. A cette fin, L’Etat a apporté cette année une dotation de 5 milliards de FCFA. Cette dotation sera consolidée pour les années à venir. Le dispositif, opérationnalisé à travers les mutuelles de santé, prendra également en compte la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans et les personnes du troisième âge, à travers un Plan Sésame rénové. Les familles vulnérables bénéficiaires de la bourse de sécurité familiale participeront à l’assurance-maladie à raison de 5000 francs par famille et par an L’objectif du programme est de passer d’un taux de couverture de la population de 18% en 2013 à 33% en 2014 et à 95% en 2017, 1.2 CARTE D’EGALITE DES CHANCES Monsieur le Président, toujours dans l’objectif de lutter contre les injustices sociales, le Gouvernement a lancé la Carte d’égalité des chances destinée à la prise en charge des personnes vivant avec un handicap. Cette carte leur permet l’accès à des services spécifiques, dont les soins dans les structures de santé publiques. Elle sera opérationnelle dès 2014 et touchera 30.000 bénéficiaires durant ses premières années, avec l’objectif d’atteindre 50.000 personnes en 2017. Le Gouvernement traduira également dans ses politiques sectorielles son engagement résolu à promouvoir l’égalité et l’équité de genre, en consolidant les droits des jeunes filles et des femmes, en les préservant de toute forme de discrimination et de violence, en assurant leur promotion économique, sociale et leur leadership national. 1.3 SANTE Cela m’amène, Monsieur le Président, à parler de la protection du couple mère-enfant, qui occupe une place essentielle dans notre politique sanitaire, à côté des programmes de la lutte contre les maladies transmissibles et chroniques. L’ambition du gouvernement est d’assurer la délivrance de services de qualité et de garantir l’accessibilité géographique et financière à nos compatriotes. A cet effet, l’offre de santé sera consolidée, avec la réalisation d’ici 2017 d’au moins 11 nouveaux centres de santé et 40 postes de santé, au profit des zones les plus défavorisées. En outre, les hôpitaux de Fatick et Matam seront progressivement mis en service d’ici fin 2013, tandis que ceux de Ziguinchor et Dalal Jamm seront fonctionnels en 2014. Le maillage du territoire en infrastructures sanitaires sera accompagné du renforcement des ressources humaines et des plateaux techniques, avec l’extension des plateformes de dialyses, des blocs opératoires et des scanners dans les régions. Pour mieux rapprocher les prestations de services des populations, des stratégies de proximité seront développées à travers le programme de santé communautaire. Ce programme développera des activités préventives, curatives et promotionnelles en matière de santé, d’hygiène et d’assainissement. 1.4 LUTTE CONTRE LES INONDATIONS Monsieur le Président, honorables députés, La politique de prise en charge sociale des populations, c’est aussi la lutte contre les inondations, à travers un programme décennal qui privilégie les solutions structurelles. Il s’agit de la réalisation d’ouvrages structurants de drainage et de stockage des eaux pluviales, de la restructuration de quartiers inondables. Les travaux prioritaires de la phase d’urgence 2013-2014 ont mobilisé une enveloppe de 66 milliards de FCFA dont un montant de 17 milliards de FCFA pour la construction de 2.000 logements sociaux à Niaga et Tivaouane Peul. Les attributaires des 400 premiers logements sont en train d’être installés et le programme sera entièrement achevé en décembre 2013. Des actions d’aménagement et de restructuration seront entreprises d’ici à 2017 dans les quartiers de Pikine irrégulier Nord et Sud, Diaminar de Saint Louis, Khakhoune de Kaolack et les régions de Matam et Ourossogui. Divers ouvrages et canaux de drainage des eaux pluviales seront également réalisés dans les zones les plus vulnérables aux inondations à Dakar et à l’intérieur du pays. De manière plus globale, il sera mis en oeuvre une stratégie plus active de prévention et de gestion des risques et catastrophes auxquels nos compatriotes sont exposés. Il s’agit de prévenir les drames vécus avec les effondrements répétés d’édifices ou les incendies récurrents dans les marchés qui sont souvent le résultat de nos propres négligences, je dirai même parfois de notre indifférence face aux dangers. Ces situations qui exposent nos populations à des risques quotidiens trouveront des réponses appropriées, à travers un vaste programme de lutte contre les risques et catastrophes, déjà engagé. La protection des populations passera aussi par les mesures énergiques qui seront engagées pour la sécurité routière et la lutte contre les accidents de la circulation. Il s’agira, en particulier, de renforcer les actions de prévention, mais aussi les sanctions pour les défaillances avérées, il faudra sécuriser la délivrance des titres de transport, et nous engagerons des concertations pour la mise en place du permis à points. Monsieur le Président, Honorables Députés, Nous le savons tous, la question des inondations pose un problème plus global d’aménagement et de gestion urbaine, avec la prolifération de quartiers mal assainis et l’installation anarchique des populations dans des zones inondables. 1.5 HABITAT SOCIAL C’est pourquoi, le gouvernement renforcera aussi les programmes d’habitats sociaux, pour faciliter l’accès à la propriété aux personnes à faibles revenus, ce qui stimulera également la création d’emplois. Dans cette perspective, la SNHLM a entamé la viabilisation de plus de 7.500 parcelles sur différents sites de la région de Dakar et à l’intérieur du pays, ainsi que la construction de 3.400 logements à Diamniadio. Quant à la Caisse des Dépôts et Consignations, elle développera un programme de 5.000 logements sociaux à Bambilor d’ici 2017. Ces offres se développeront à côté d’autres initiatives de plusieurs promoteurs privés que l’Etat et la Banque de l’Habitat du Sénégal accompagneront. Parallèlement, le Gouvernement accélérera la viabilisation des Zones d’Aménagement Concerté dans toutes les régions. Nos compatriotes de la diaspora dont l’ambition première est d’accéder à la propriété immobilière bénéficieront de quotas dans ces programmes. Dans l’immédiat, le gouvernement pendra des mesures qui iront dans le sens de la baisse des loyers notamment dans la région de Dakar où ils sont parmi les plus chers en Afrique. A cet effet, le gouvernement utilisera toutes les ressources qu’offrent les textes en la matière, notamment celui relatif à la surface corrigée. Ainsi les mesures qui seront proposées par le comité mis en place à cette fin seront effectives dans les prochaines semaines, ce qui, évidemment, soulagera bien des ménages. 1.6 HYDRAULIQUE RURALE, HYDRAULIQUE URBAINE ET ASSAINISSEMENT Monsieur le Président, Honorables Députés, L’accès à l’eau potable est une question vitale, notamment en milieu rural. Il est heureux de constater que notre pays a fait des progrès significatifs en la matière et va atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement y afférent. Toutefois, il nous faudra assurer la prise en charge des 18% de ménages sénégalais ne bénéficiant pas encore d’une couverture satisfaisante de leurs besoins en eau. Ainsi, durant la période 2013-2017, il est prévu la réalisation de 300 forages équipés afin de permettre à 800.000 personnes supplémentaires d’avoir accès à l’eau. En milieu urbain, l’accent sera mis sur la sécurisation de la production et la prévention des déficits projetés de 200.000 m3/jour à l’horizon 2025, à Dakar et sur la petite côte. A cet égard, le gouvernement a déjà entamé la réhabilitation de 10 forages dans le cadre d’un programme d’urgence qui s’achèvera en 2014. Ces forages permettront une production supplémentaire de 34.500m3/jour. Il est également prévu la réalisation d’une station de traitement du fer, pour améliorer la qualité de l’eau dans la banlieue de Dakar. Par ailleurs, tirant les enseignements des graves perturbations survenues ces dernières semaines dans l’approvisionnement en eau de la capitale, le Gouvernement a décidé de mettre en oeuvre des plans de contingence et de gestion des risques pour tous les services publics stratégiques, comme l’eau, l’électricité et les télécommunications. Des conseils de veille stratégique seront chargés d’assurer un suivi permanent de la continuité dans la délivrance de ces services. Des efforts substantiels seront aussi consentis pour les services liés à l’assainissement. A cet effet, Monsieur le Président, nous avons l’ambition de réaliser le projet de dépollution de la baie de Hann. La station d’épuration de Cambérène sera réhabilitée pour porter sa capacité de 52.000 m3/jour. Le renouvellement du collecteur Hann-Fann et l’assainissement de la Cité soleil font également partie de nos priorités. Ces projets mobilisent plus de 83 milliards de FCFA. Les plans directeurs d’assainissement, en cours d’actualisation pour toutes les grandes villes, permettront de renforcer les investissements prioritaires dans le secteur. Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des ménages, le financement du Projet de Gestion durable des Déchets solides urbains d’un coût de 17,5 milliards est en négociation avancée avec des partenaires privés. Il permettra une meilleure gestion des déchets solides par les collectivités locales. 1.7 MESURES DE SOUTIEN AU POUVOIR D’ACHAT Monsieur le Président, Honorables députés, J’en arrive maintenant aux mesures de soutien au pouvoir d’achat des ménages qui se sont traduites par la revalorisation des pensions de retraite de 10% en 2012 et d’une baisse de l’impôt sur les revenus des travailleurs depuis le début de l’année 2013. Cette dernière mesure représente 44 milliards qui devaient aller dans les finances publiques et qui en lieu et place sont allés directement dans les ménages concernés. Par ailleurs, des baisses appréciables ont été également réalisées sur les prix des denrées de première nécessité depuis avril 2012. En outre, pour contenir les velléités de hausse des prix, le Gouvernement a décidé, depuis le mois de mai 2013, d’homologuer les prix du riz brisé, du sucre cristallisé, de l’huile en fût et de la farine en concertation avec les opérateurs économiques dont je voudrais saluer ici l’esprit d’ouverture. Toutefois, Honorables députés, il nous faut accepter que la véritable bataille pour le pouvoir d’achat c’est d’une part d’augmenter les revenus des ménages et d’autre part, de produire encore plus ce que nous consommons et de consommer davantage ce que nous produisons. Notre option de développer l’agriculture s’inscrit dans cette perspective et je vous en parlerai tout à l’heure. 1.8 SOUTIEN AUX ACTIVITES ECONOMIQUES DES FEMMES ET AUX JEUNES/EMPLOIS Monsieur le Président, Honorables députés, Je suis consciente que la question de l’emploi est au coeur des préoccupations des sénégalais et surtout des jeunes sénégalais. L’emploi, nous le savons tous, c’est le garant de notre dignité, de notre sécurité et de celles de nos familles ; l’emploi c’est également ce qui assure la stabilité et la paix dans notre société. A ce titre, l’Etat a déjà procédé au recrutement de 5591 jeunes dans la Fonction publique alors que l’enrôlement de 10.000 autres a démarré dans le cadre de la mise en place de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité qui sera présente dans tout le pays. La sélection se fait de manière transparente à travers les préfectures et sous-préfectures. En outre, deux lignes de crédits de 10 milliards et 18 milliards de FCFA provenant respectivement de la Banque Islamique de Développement et de la Banque Africaine de Développement ont été mobilisées pour renforcer les programmes d’autonomisation socio-économique des femmes et des jeunes. Ces financements permettront de générer au moins 15.000 emplois durables en milieu rural et périurbain et de renforcer les capacités techniques et de gestion de 17.000 promoteurs. Ces ressources seront consolidées avec les fonds existants et déjà opérationnels, pour soutenir les activités génératrices de revenus des jeunes et des femmes. Une enveloppe de 4,5 milliards de FCFA est également disponible pour soutenir les activités économiques des sénégalais de la diaspora qui, même s’ils sont loin des yeux, restent près de nos préoccupations. C’est l’occasion pour moi de magnifier ici leur contribution fondamentale à l’économie du pays à la stabilité des familles. Monsieur le Président, l’innovation à souligner est que les lignes de crédits seront désormais gérées avec plus de rigueur, sans parti pris, ni connotation politicienne, à travers des mécanismes transparents, permettant le financement de projets viables et le respect strict par les porteurs de projets des conditions de remboursement. A cet égard, ces promoteurs bénéficieront d’accompagnement dans la formulation, l’évaluation et la gestion de leurs projets. Une plateforme intégrée de suivi/évaluation de ces dispositifs de financement sera opérationnalisée. Honorables députés, afin de relever le défi du chômage et du sous-emploi, l’Etat s’engagera également dans la mise en oeuvre du programme national des domaines agricoles communautaires. L’objectif est de contribuer à l’aménagement d’au moins 30.000 ha de terres équipées d’infrastructures hydrauliques, de voiries, d’électricité, et d’ouvrages de génie civil. Ces aménagements permettront l’installation de 2.000 Unités Autonomes d’Exploitation de 15 ha chacune, en moyenne. Cela permettra la mise en place de 2.000 Organisations de Jeunes Producteurs comptant, en moyenne, 15 sociétaires, chacune. Ce programme, développera de véritables agropoles, lieu d’insertion de jeunes ruraux, de diplômés d’écoles de formation aux métiers de l’agriculture et de disciplines connexes. Les premières expériences-pilotes donnent d’excellents résultats et il nous faudra gagner le pari de la généralisation. Les domaines agricoles représentent également un moyen de capitaliser les financements des promoteurs privés désireux d’investir dans des activités de production, de transformation et de services agricoles et pastoraux dans toutes les régions. Ils devraient contribuer à la création d’au moins 50.000 emplois. A cela s’ajouteront, bien entendu, les milliers d’autres emplois générés par les différents programmes d’investissements publics prévus d’ici 2017 pour soutenir la relance du secteur agricole et les activités du secteur privé. 1.9 EDUCATION ET FORMATION Monsieur le Président, Honorables Députés, C’est en investissant davantage dans le capital humain, notre richesse première, que nous pourrons capitaliser tous les efforts consentis pour stimuler la création d’emplois et de revenus. Le défi qu’il nous faut relever aujourd’hui est d’offrir à tous nos enfants les mêmes chances d’accéder à l’école, de les préparer à travers des formations mieux adaptées, à valoriser leur potentiel et à réussir leur insertion socioprofessionnelle. A cet effet, dans le cadre du Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Équité et de la Transparence du secteur de l’Éducation et de la Formation (PAQUET-EF), le réseau scolaire sera étendu, notamment dans les zones défavorisées. Sur la période 2013-2017 il est prévu la réalisation de : - 200 nouvelles écoles complètes pour accueillir environ 50.000 élèves supplémentaires issus des régions les plus défavorisées ; - 6000 salles de classe et 250 blocs d’hygiène ; - 110 collèges de proximité, plus de 15 lycées départementaux, 19 collèges franco-arabes, 64 daara modernes et la modernisation de ceux existants. Il faut signaler à cet égard, honorables députés, la tenue cette année du Baccalauréat en Arabe, une première dans notre pays. Nous comptons ainsi offrir à nos compatriotes arabisant les mêmes opportunités professionnelles qu’à ceux issus de l’enseignement classique, afin qu’eux aussi participent pleinement au développement de notre pays. Certains anciens établissements comme le Prytanée militaire, les lycées Charles De Gaulle, Abdoulaye Sadji, Ameth Fall et Mariama BA seront réhabilités. En outre, un programme de résorption de tous les abris provisoires sera entamé dans les écoles élémentaires, collèges et lycées. Mais, en plus d’infrastructures de qualité, le secteur de l’éducation a besoin d’une gouvernance plus inclusive. C’est le sens des initiatives qui sont prises pour l’organisation des assises de l’éducation prévues dans le premier semestre 2014 sur toute l’étendue du territoire national. Je suis persuadée, qu’avec ces assises, émergera une école sénégalaise en phase avec nos ambitions et nos valeurs, un creuset d’excellence offrant à nos enfants les meilleures aptitudes pour l’avenir. Aussi, j’en appelle à l’engagement redoublé de tous les acteurs, et surtout de nos enseignants, investis de la redoutable mais exaltante mission de préparer les élites futures, qui auront la charge de conduire demain les destinées de ce pays. Un des thèmes de ces concertations sera, sans aucun doute, l’amélioration de la qualité des enseignements et apprentissages, qui occupe une place essentielle dans notre nouveau programme éducatif. Cette qualité résultera de l’accroissement de nos efforts en matière de recrutement et de formation des enseignants, d’amélioration des conditions de travail dans les écoles, d’une plus grande disponibilité des manuels scolaires, et de l’extension des cantines scolaires dans les zones les plus défavorisées. Le gouvernement a aussi fait le choix, de mettre un accent particulier sur l’enseignement des sciences et techniques dans le cycle fondamental et dans les lycées ainsi que sur la professionnalisation des filières. Cette option sera traduite dans le cadre de Partenariats Public-Privé, par la création de six lycées professionnels spécialisés dans les pôles de développement , avec des filières d’enseignement mieux articulées aux potentialités économiques des localités. En outre, pour matérialiser notre option de créer « une école de la seconde chance », des programmes de formation duale « lycées-entreprises » seront développés. Ils permettront à des apprentis déjà présents dans le secteur informel, de valider les compétences pratiques acquises et d’obtenir une qualification et des diplômes du CAP ou du BTS au sein des lycées professionnels. Complétant le cycle secondaire, notre enseignement supérieur, un des leviers essentiels pour l’émergence, orientera ses activités vers des réponses pertinentes aux questions de développement socio économique du Sénégal. A cet effet, conformément aux recommandations de la concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur, la priorité sera accordée au développement des sciences, technologies, sciences de l’ingénieur, mathématiques et à la recherche appliquée. Les filières classiques continueront à être soutenues tout en favorisant le rapprochement avec le monde du travail. Dans cette perspective, plusieurs grands projets ont été retenus, notamment : 13 - le démarrage de l’Université virtuelle du Sénégal avec la réalisation à partir de 2014 de 6 espaces numériques ouverts ; - la finalisation, d’ici à fin 2014, des infrastructures et équipements pédagogiques des Universités de Dakar, Saint Louis, Ziguinchor, Thiès et Bambey ; - l’ouverture en octobre 2016, d’une seconde université publique à Dakar et de l’Université du Sine Saloum de Kaolack ; - l’ouverture dès 2015, de centres délocalisés des Universités dans les régions, la mise en place du réseau des Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel ainsi que la création des centres de recherche dans les régions - la mise en place du programme un étudiant-un ordinateur avec l’objectif d’atteindre au moins 50% des effectifs en 2017. Ces orientations stratégiques seront soutenues par une nouvelle politique d’attribution des bourses basée sur des critères d’excellence et d’équité. 1.10 SPORT Honorables députés, L’épanouissement de notre jeunesse sera également assuré à travers une politique sportive centrée sur la réalisation d’infrastructures et d’ équipements multifonctionnels, le renforcement et la diversification du financement des activités sportives, la modernisation de la gouvernance et la promotion des ressources humaines. Aussi, le Gouvernement poursuivra-t-il son programme pour doter toutes les régions de stades multifonctionnels et d’installations sportives de proximité. Je voudrais vous dire, ici, que les travaux de l’arène nationale démarreront en 2014 sur un site consensuel, pour soutenir l’essor de la lutte, notre sport national. Cette infrastructure accompagnera d’autres disciplines comme les arts martiaux, la boxe et le basket qui bénéficieront sur le site d’installations fonctionnelles. Pour diversifier les sources de financement des activités sportives, un Fonds National de Développement du Sport sera mis en place. Il est destiné à assurer une gestion ciblée des sportifs de haut niveau dans le cadre de leur préparation, d’appuyer les fédérations avec lesquelles l’Etat sera lié par une convention, avec des objectifs à moyen et long terme. L’Etat a également décidé d’accompagner le mouvement sportif dans la mise en place d’une fondation dont l’objectif est de mieux capter les fonds issus du sponsoring, du mécénat, des collectivités locales et du secteur privé. 1.11 CULTURE Vecteur de progrès social et socle de notre identité, la culture bénéficiera d’actions soutenues pour créer la plus-value économique attendue de l’immense talent de nos artistes et créateurs, ainsi que la valorisation de notre patrimoine matériel et immatériel. A cet égard, en plus de l’application effective de la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins, le statut des artistes sera élaboré. En outre, à travers la territorialisation des politiques et la promotion de la diversité culturelle, les régions seront progressivement dotés de Maisons de la Culture et des Arts, fonctionnelles. Ces initiatives soutiendront l’émergence de celles privées. 2 RELANCE DE L’ECONOMIE 2. 1 ENVIRONNEMENT DE LA RELANCE ECONOMIQUE 2.1.1 REFORMES DE L’ENVIRONNEMENT DES AFFAIRES Monsieur le Président, Honorables Députés Pour soutenir notre politique sociale et investir dans la qualité de nos ressources humaines, il faut créer de la richesse car on ne peut pas dépenser ce que l’on n’a pas. C’est donc le moment de vous parler des mesures envisagées pour accélérer la relance de l’économie afin de créer encore plus d’emplois et accroître les revenus. Sur la période 2013-2017, le Sénégal s’engage à porter le taux de croissance moyen à 6% qui est le niveau de croissance de la zone UEMOA et de ramener le déficit public à un niveau acceptable. Cette impulsion de la croissance économique reposera sur une compétitivité et une productivité, elles mêmes fortement tributaires d’une amélioration qualitative de l’environnement des affaires. Certes, le Sénégal dispose d’avantages concurrentiels certains comme la stabilité politique, la solidité de nos institutions, la situation géographique avantageuse, des conditions climatiques très favorables sur la bande côtière du pays, et des infrastructures de télécommunications de qualité. Mais, ses résultats en matière d’attractivité des Investissements Directs Etrangers restent encore très en-deçà du potentiel réel. Il est donc urgent de mener à terme les réformes majeures identifiées dans le cadre du dialogue avec le secteur privé sur les politiques publiques. Je puis déjà vous annoncer que la réforme du Code des Douanes sera finalisée avant fin 2013, afin de mieux soutenir l’entreprise et les opérateurs privés, à travers des procédures et transactions simplifiées et des régimes douaniers plus favorables. D’ici à 2015, d’autres réformes interviendront pour améliorer le score du Sénégal au classement Doing Business et créer un environnement plus favorable pour le secteur privé. - Au moins cinq procédures administratives liées à l’investissement privé, notamment le permis de construire dont le guichet unique sera lancé en fin octobre 2013. D’ici 2015, le paiement des impôts, le transfert de propriété, et la création d’entreprises seront automatisées. - Nous mettrons en place un dispositif fiscal et juridique incitatif et simplifié, avec la rénovation et la mise en cohérence des codes des douanes, des mines, des investissements, de l’environnement et des impôts, etc. - Nous sommes en train de finaliser et d’adopter le nouveau régime juridique des Partenariats Publics Privés (loi Construction-Exploitation-Transfert (CET)). - Nous comptons améliorer la compétitivité des facteurs de production tels que l’énergie, faciliter l’accès au foncier et au financement, et disposer de ressources humaines qualifiées. Je veillerai personnellement à la mise en oeuvre diligente de ces réformes. 2.1.2 RELEVER LE DEFI DE L’ENERGIE Monsieur le Président, Honorables Députés, Les effets positifs résultant de l’amélioration de l’environnement des affaires doivent être accompagnés du renforcement de la qualité de fourniture de l’énergie qui doit être en quantité suffisante et à un coût abordable. Ce secteur vital pour notre économie a besoin aujourd’hui de réponses durables pour lever les contraintes fortes liées à un parc dominé par une énergie à 90 % thermique, fortement dépendant du pétrole et générant des coûts élevés de production, en plus de l’imprédictibilité des prix du pétrole. En dépit des subventions qui pèsent sur les finances publiques, 80 milliards par an, notre électricité reste parmi les plus chères au monde. Cependant, des améliorations ont été observées depuis un an et demi dans la fourniture de l’électricité, grâce aux efforts consentis dans la consolidation des capacités avec la réhabilitation de centrales et la modernisation progressive du réseau de distribution. Ces efforts seront poursuivis sur la période 2013-2017, à travers un programme de développement de la production visant à assurer la disponibilité de l’énergie en quantité et en qualité, à des prix supportables pour les sénégalais. A cette fin, pour renforcer la production, l’option a été prise de recourir à un mix énergétique, avec les sources d’énergie les moins couteuses comme le charbon, le gaz, l’hydroélectricité, le solaire et l’éolienne. Ainsi, des contrats d’achat d’électricité ont déjà été signés avec des investisseurs privés pour la construction d’une centrale à charbon à Sendou d’une puissance de 125 MegaWatt, et d’une seconde de 300 MW. Le démarrage de leur production est prévu en 2016. Une troisième centrale de 70 MW prévue à Tobène, entrera en exploitation en fin 2014. En outre, des accords sont déjà signés pour une production de 80 MW à partir du gaz de la Mauritanie, à compter de 2015. Des perspectives s’offrent également avec le développement de l’hydroélectricité grâce à la mise en service des centrales hydroélectriques de Felou (15 MW) et de Sambagalou (51 MW) prévues respectivement en 2013 et 2017. D’autres conventions sont en cours de négociation pour renforcer l’offre de production. Notre pays devrait donc disposer d’ici 2017, d’une capacité suffisante pour satisfaire la demande à de meilleurs coûts. Le coût de production du kilowatt/heure qui varie entre 120 et 180 f CFA aujourd’hui, devrait se situer entre 60 et 80 FCFA. Ce qui pourrait générer une baisse des prix au profit des usagers. Les réseaux de transport et de distribution seront aussi renforcés, en vue de sécuriser l’alimentation et d’améliorer la qualité des services, notamment l’évacuation de l'énergie produite par les nouvelles centrales. Ces actions seront accompagnées du renforcement de l’utilisation des énergies renouvelables avec une plus grande diffusion du solaire. L’objectif est d’atteindre 20% de puissance installée en 2017 en ce qui concerne les énergies renouvelables. Dans le souci d’une mise en oeuvre cohérente de ces actions et de leur durabilité, un plan de restructuration financière et technique de la SENELEC est déjà élaboré, avec un contrat de performance faisant l’objet d’un suivi rapproché. La sécurisation de notre approvisionnement en produits pétroliers sera assurée à travers le renforcement de nos capacités de stockage et la restructuration de la SAR. La promotion des services énergétiques est également une condition essentielle pour améliorer les conditions de vie des ménages ruraux et stimuler l’entreprenariat rural. C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de porter le taux d’électrification en milieu rural de 25 % en 2012 à 60% en 2017. Cet objectif devra être atteint avec les projets en cours, notamment avec l’achèvement des concessions d’électrification rurale exécutées dans le cadre de partenariats public/privé, qui prévoient l’accès à l’électricité de 106.000 ménages d’ici 2015. 2.1.3 ASSEOIR UN SOCLE D’INFRASTRUCTURES DE SOUTIEN A LA PRODUCTION Monsieur le Président, Honorables Députés Pour relever le défi de la croissance, il faut également doter notre pays d’infrastructures pour son désenclavement interne et externe par rapport aux pays de la sous-région. Nos contraintes dans ce domaine sont connues. Elles sont liées à un réseau routier inégalement réparti et dégradé, un trafic aérien en croissance, mais largement en deçà de son potentiel, avec une compagnie nationale très peu performante. A cela s’ajoutent un réseau ferroviaire vétuste, de faible densité, mais potentiellement compétitif, une activité portuaire concentrée sur le seul Port de Dakar, contraint par les congestions urbaines alentour et fortement concurrencée par les ports voisins en cours de modernisation. Il nous faut donc hâter la réalisation d’un vaste programme d’infrastructures routières, maritimes et aéroportuaires, socles indispensables pour renforcer l’émergence de pôles d’activités économiques agropastorales, minières, touristiques et halieutiques. L’enjeu, c’est d’assurer le désenclavement des zones de production et de bâtir un réseau d’échanges structuré pour un développement plus équilibré du territoire. C’est aussi de renforcer l’attractivité et la compétitivité de notre économie, réussir son intégration au marché sous régional et dynamiser ses échanges avec l’extérieur. Pour accélérer le désenclavement interne de notre pays, le Gouvernement a déjà engagé la réalisation de 33 projets routiers d’un coût global de 627 milliards de FCFA, pour un linéaire de 940 km de routes revêtues, avec 7 ponts et ouvrages d’art. Toutes ces routes devront être réceptionnées d’ici à 2015. Ce programme sera complété par de nouveaux projets dont le démarrage est prévu avant fin 2013, pour un linéaire total de 230 km. Pour assurer une meilleure connectivité des zones rurales, un programme de 1200 km de pistes sera engagé dès le mois de novembre prochain, avec une dotation de 10 milliards de FCFA. Notre objectif est de réaliser au moins 4000 km de pistes d’ici 2017 à travers ce programme, qui sera renforcé avec les divers autres projets de pistes en cours. Le désenclavement des iles du Saloum sera pris en compte avec l’acquisition prévue d’un bac de 100 tonnes pour Foundiougne en 2014. C’est aussi, à travers le développement de notre réseau ferroviaire, que nous pourrons assurer le désenclavement des parties Nord, Est et Sud du pays et accélérer le développement des ressources minières. En vue d’une meilleure intégration dans la sous région, il est également retenu, la réhabilitation de la ligne ferroviaire actuelle Dakar-Tambacounda-Kidira d'un linéaire de 573 Km, ainsi que la construction d’une nouvelle voie ferroviaire structurante Dakar-Tambacounda-Kédougou. Cette nouvelle desserte permettra, outre l’exploitation des mines de fer de la Falémé, celle des mines de Bauxite de Faléa et du fer au Mali. Ces vastes chantiers figurent, avec la réalisation des trois projets d’autoroutes Diamniadio-Thiès-Touba, Thiès-Tivaouane, le programme de construction de 9 ponts, parmi les actions majeures pour une croissance économique soutenue sur le moyen terme. Ils contribueront à la modernisation des transports urbain, interurbain et sous-régional Pour leur réalisation, l’Etat compte recourir essentiellement à des partenariats public-privé et des accords de financement longs sont en voie d’être conclus. S’agissant des équipements et infrastructures maritimes, notre programme comportera la construction de terminaux équipés à Ndakhonga et à Foundiougne, la mise en place d’une chambre froide d’une capacité de 2000 tonnes au port de Ziguinchor. Le financement de la première phase de ce projet d’un coût de 30 milliards est déjà acquis. L’Etat engagera dès 2014 le développement du port de Ziguinchor, pour un financement de 21 milliards de FCFA. Les travaux consisteront au dragage et au balisage du fleuve Casamance, la mise en place d’une zone hydrocarbure, et la construction d’un Port de pêche à Boudody. Le port de pêche de Saint-Louis sera aussi réhabilité pour une enveloppe de 4 milliards de FCFA, dans le cadre du programme de développement touristique de la ville de Saint-Louis. S’agissant du port de Kaolack, sa réhabilitation est en discussion avec des partenaires stratégiques. La modernisation du Port Autonome de Dakar se poursuit aussi pour renforcer sa compétitivité, par l’amélioration des capacités d’accostage, la réhabilitation et la réalisation de nouveaux terminaux, plateformes logistiques et Wharfs. Au plan des transports aériens, l’aéroport international Blaise Diagne favorisera l’émergence d’un pôle urbain et économique avec l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio-Thiès-Mbour et la Zone Economique Spéciale Intégrée. Avec ces investissements, notre pays cultive l’ambition de se positionner comme un hub sous-régional de transport aérien de premier plan. Cette situation sera confortée avec la réhabilitation des aéroports régionaux qui sera entreprise à partir de 2014. L’émergence d’un second pôle urbain au niveau du lac rose pourra aussi faire de la capitale une métropole plus ouverte pour devenir un hub de services numérique et technologique ainsi qu’une plateforme financière. L’émergence de ces pôles sera soutenue par le développement de l’économie numérique, un des stimulants pour la croissance et l’emploi. Les retombées du passage de l’audiovisuel analogique au numérique, le développement des télécommunications et de l’internet, favoriseront une meilleure connectivité interne et externe, la réduction de la fracture numérique, ainsi que le développement de nouveaux services à forte valeur ajoutée exportables, à travers des partenariats nationaux et internationaux. La stratégie nationale de développement de l’économie numérique sera donc finalisée avant la fin de l’année 2013. Ce vaste programme d’investissement dynamisera l’activité du secteur privé, avec une forte impulsion pour la création d’emplois. Monsieur le Président, Honorables Députés, 2.2 DEVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION 2.2.1 LA RELANCE PAR L’AGRICULTURE Après vous avoir entretenu des éléments indispensables à la relance de l’économie, je souhaite, à présent, aborder les secteurs de production en commençant par l’agriculture qui est placée au coeur de notre stratégie de développement. L’agriculture, Monsieur le Président, doit trouver dans cet environnement en mutation, les facteurs permettant de stimuler son potentiel de croissance élevé et d’exercer un effet d’entrainement sur le développement des autres secteurs de production. C’est à travers elle, honorables députés, que des réponses durables pourront être apportées à la pauvreté en milieu rural et à la forte demande d’emplois. A cet égard, un de nos premiers défis est d’accélérer notre programme d’autosuffisance alimentaire, pour soustraire progressivement notre pays des contingences des marchés extérieurs et réduire le déficit structurel de notre balance commerciale. Nos stratégies pour y parvenir sont : la maîtrise de l’eau, l’accroissement de la productivité des terres et la structuration des filières. D’ici 2017, l’accent dans le secteur agricole sera mis sur : - la poursuite de l’autosuffisance alimentaire avec des productions attendues de 1 million de tonnes de riz blanc, de 200 000 tonnes de tomate, de 350 000 tonnes d’oignons et de 40 000 tonnes de pommes de terre ; - la restructuration et l’optimisation des performances de la filière arachide pour atteindre une production d’un million de tonnes ; - et le passage de 25 à 150 fermes agricoles pour stimuler les filières horticoles. Les investissements seront donc orientés vers la réhabilitation de 14.000 ha de terres et la réalisation de nouveaux aménagements hydro agricoles sur plus de 33.000 ha dans les vallées du fleuve et de l’Anambé. Au delà de ces programmes, il est prévu la valorisation des eaux de ruissellement et souterraines, à travers l’exploitation des bassins de rétention et des forages agropastoraux pour le développement des fermes intégrées. Pour asseoir les conditions durables de productivité et une agriculture performante, le programme de reconstitution du capital semencier sera renforcé, avec un système plus structuré de production et d’approvisionnement en semences certifiées. A cet effet, l’Etat garantira la sécurisation des semences de pré base à travers l’ISRA, le renforcement des capacités des services techniques nationaux et l’appui à l’émergence d’entreprises semencières privées. Ce programme permettra la production de 60.000 tonnes de semences certifiées d’arachides par an, à partir de la campagne 2015. Il prendra également en compte les espèces vivrières : riz, mil, maïs, sorgho, niébé. Pour élever significativement les niveaux de production agricole, le niveau d’équipement des producteurs sera davantage modernisé et renforcé. A cette fin, l’Etat vient de signer un programme de coopération pour l’acquisition de plus de 1000 tracteurs et divers équipements agricoles d’une valeur de 42,5 milliards de FCFA. Ces efforts complètent ceux du programme d’équipement du monde rural qui a bénéficié d’une dotation de 5 milliards de FCFA en 2013, montant qui sera consolidé chaque année pour rehausser le niveau d’équipement des exploitations familiales. Il y’a lieu de souligner qu’un réseau national de plus 120 magasins de stockage et de conservation des produits agricoles sera livré avant la fin de l’année 2013. Cela confortera l’organisation des marchés agricoles et la valorisation des produits locaux. La mise en oeuvre de ce programme agricole devrait nous permettre à l’horizon 2017 de réduire notre facture d’importation de riz de 313 milliards de FCFA, d’assurer un taux de couverture de nos besoins vivriers à plus de 75%, et de garantir une production arachidière annuelle de plus d’un million de tonnes. 2.2.2 ELEVAGE Monsieur le Président, Honorable députés, Avec l’agriculture, notre élevage se modernise grâce aux efforts engagés dans la stabulation, la création de fermes pilotes et de laiteries modernes. A moyen terme, l’accent dans ce secteur sera mis sur l’amélioration de la productivité et la compétitivité des filières bétail-viande, lait, aviculture familiale et industrielle, la création des systèmes d’élevage, l’amélioration de la mise à marché et du cadre institutionnel. Le programme d’action retenu portera sur la reconstitution des réserves et le développement des cultures fourragères, la sécurisation des intrants alimentaires, le renforcement du potentiel génétique des races locales et l’introduction d’innovations technologiques à travers les Centres d’Impulsion et de Modernisation. Mais, les effets de ce programme ne seront capitalisés, qu’avec la prévention et la réduction des niveaux élevés de mortalité qui affectent le cheptel. En conséquence, l’Etat engagera un vaste programme de lutte contre les maladies animales pour relever le taux de couverture vaccinale du cheptel de 25% à 80%, conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé animale. Pour mieux accompagner le développement du secteur, les infrastructures et équipements de transformation, d’abattage et de commercialisation seront renforcés avec de nouveaux parcs à vaccination, la réhabilitation des abattoirs industriels existants, la mise en service des nouveaux abattoirs de Touba et de Mpal, ainsi que l’implantation à Diamniadio d’un abattoir moderne d’envergure nationale d’un coût de 22 milliards de F CFA. En plus de la réorganisation et de la formation des acteurs, l’Etat appuiera, à travers la Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal et le Fonds de Stabulation, l’implantation d’unités industrielles de production et de transformation ainsi que la poursuite de l’autosuffisance en moutons qui demeure une très forte priorité. Notre cheptel sera également mieux sécurisé à travers la mise en place d’un système de traçabilité et d’identification du bétail,mais également avec les nouvelles sanctions introduites dans la réforme du code pénal auquel s’ajoutera le code pastoral. 2.2.3 ENVIRONNEMENT Ces programmes agropastoraux iront de pair avec les stratégies de préservation des ressources environnementales, qui vont contribuer à la consolidation des bases pour la sécurité alimentaire et la création de revenus substantiels pour les ménages. A cet effet, des programmes de création de 5000 emplois verts seront mis en oeuvre, à côtés des projets d’aménagement, de valorisation et d’exploitation des ressources fauniques et ligneuses. Il est prévu chaque année, de récupérer 10.000 ha de terre, d’aménager 30.000 ha de forêts classées et 50.000 ha de forêts de terroirs. 2.2.4 PECHE Mr le Président, honorables députés, La pêche est un secteur fondamental de notre économie, elle occupe près de 600.000 de nos compatriotes en emplois directs et indirects, notre objectif est d’accroitre sa contribution dans la création des richesses. A cet égard, la politique sera axée autour de la maitrise des capacités de pêche, la régulation de l’accès aux ressources, l’amélioration de la productivité et de la compétitivité. Le secteur engagera dès 2014 la seconde phase d’un programme de près de 10 milliards de FCFA destiné à l’implantation de 19 nouveaux complexes frigorifiques et l’acquisition de 61 camions frigorifiques à travers le pays. Ces investissements et ceux liés à la transformation des produits halieutiques contribueront à renforcer la sécurité alimentaire, faciliter l’accès des populations de toutes les zones du pays au poisson et réduire les pertes post-capture. L’accès au crédit pour la modernisation des outils de travail sera favorisé à travers les mécanismes de financement que je vous décrirai tout à l’heure. 2.2.5 LE DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL Monsieur le Président, Honorables Députés, Pour mieux dynamiser notre économie et diversifier les sources de la croissance, il est aussi indispensable de stimuler les secteurs à fort potentiel d’exportation. Je veux parler des mines et phosphates, du tourisme et de l’activité industrielle. Dans le secteur minier, une nouvelle politique sera élaborée qui aura comme double objectif le respect de l’environnement et la préservation des intérêts stratégiques de notre pays dans les contrats d’exploitation. En ce qui concerne les grands projets miniers, notamment les gisements de phosphates de Matam et ceux d’or de Kédougou, le gouvernement développera des partenariats avec le secteur privé pour leur mise en exploitation, en veillant tout particulièrement à la préservation des intérêts du Sénégal. En outre, à la faveur de la sentence rendue récemment par le tribunal arbitral de la Chambre de Commerce Internationale de Paris en faveur du Sénégal, le gouvernement engagera la recherche de partenaires pour l’exploitation des gisements de fer de la Falémé. Monsieur le Président, Nous avons l’ambition de mieux articuler notre politique d’industrialisation au développement de la carte universitaire et de l’enseignement professionnel, aux pôles de croissance, ainsi qu’à la modernisation du secteur informel. La politique de développement industrielle accordera encore plus de place à la création de nouvelles unités de transformation des produits agropastorales et halieutiques. Il est prévu d’en réaliser 500 unités sur l’ensemble du territoire. Le programme de plateformes multifonctionnelles sera étendu à 1000 unités, dont les 300 premières, financées par nos partenaires, sont en cours d’implantation. Il faut noter que chaque plateforme crée 4 emplois et polarise 250 femmes organisées en groupements d’affaires.. Monsieur le Président, Des zones industrielles décentralisées comprenant des ateliers polyvalents sont également prévues dans les régions de même que l’implantation d’un parc technologique sur la Petite Côte, avec l’objectif de favoriser la synergie Entreprise-Formation-Recherche-Développement. 2.2.6 TOURISME Honorables députés, comme vous le savez, le tourisme occupe une place centrale dans notre économie. Pour en faire un des leviers de la croissance et de la création d’emplois nous comptons stimuler le développement de toutes ses opportunités, en renforçant la connectivité aux marchés cibles, et en développant une offre plus attractive, plus diversifiée et répondant aux standards internationaux. A cet effet, des synergies plus fortes seront développées avec les secteurs de la culture, de l’artisanat et de l’environnement pour capter la demande interne, sous- régionale et internationale. Des mesures seront ainsi prises pour une revue de la réglementation, un renforcement de qualification de la main d’oeuvre et une promotion plus intensive vers les marchés émetteurs. Un accent particulier sera mis sur l’aménagement des stations touristiques de la Petite Côte, de la Zone Nord et du Delta du Saloum, ainsi que la construction de centres régionaux de formation hôtelière et touristique. En outre, pour mieux soutenir l’investissement privé un crédit hôtelier sera mis en place pour accompagner les porteurs de projets. Honorables députés, C’est en généralisant et en portant à l’échelle les initiatives dont je vous ai parlé sur l’ensemble du pays que le gouvernement compte atteindre l’objectif de 300.000 emplois. Car il faut bien comprendre que les emplois seront générés à travers une économie dynamique et compétitive et c’est notre devoir de faire preuve d’hardiesse et de détermination pour l’émergence économique de notre pays 2.3 LES MOYENS DE FINANCEMENT Monsieur le Président, Honorables Députés, Tous ces programmes dont je viens de vous entretenir nécessitent des moyens et des ressources à mettre à la disposition des acteurs économiques. Pour relancer la croissance économique et sociale, nous allons recourir à différents leviers. D’abord, les premiers efforts seront consentis sur les ressources internes, à partir d’un recentrage sur les priorités et d’une optimisation des dépenses. Ce processus est engagé. En outre, en complément aux concours financiers de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, ainsi qu’aux transferts des sénégalais de l’extérieur, l’Etat engagera une stratégie de promotion des investissements plus active. L’objectif est de stimuler le développement des secteurs porteurs et favoriser la réalisation des projets stratégiques à forte intensité de capital, à travers des fonds privés ou des partenariats public/privé. Au-delà du financement des investissements publics, l’Etat soutiendra l’émergence des PME, au regard de leur rôle déterminant dans l’économie. A l’heure où le Sénégal vise l’émergence économique, le taux de financement de l’économie reste limité à 31% du PIB, comparé à ceux des pays émergents qui affichent des niveaux 2 à 3 fois plus élevé. Les PME qui ne représentent que 16% du portefeuille des banques, restent confrontées à des taux d’intérêt élevés, des offres dominées par les crédits à court terme, peu adaptés à leurs besoins. Elles sont soumises à des exigences de garanties importantes et à une faiblesse de leurs fonds propres ; ce qui limite leurs capacités à mobiliser des ressources pour faire face à leurs besoins d’investissements. Pour lever ces contraintes, l’État a mis en place un dispositif de soutien financier à travers le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE), et le Fonds National de Garantie et d’Investissements Prioritaires (FONGIP). Ainsi, la PME sénégalaise aura l’opportunité de solliciter un crédit auprès de la BNDE ou du FONSIS et pourra obtenir des garanties du FONGIP. La BNDE mobilisera, dès le démarrage de ses activités en janvier 2014, toutes les potentialités offertes par son dispositif institutionnel d’appui aux PME. Elle jouera un rôle de plateforme d’intégration de services d’appui pour faciliter les démarches de ses clients, identifier les services les plus adaptés à leurs besoins et exploiter toutes les possibilités de synergie avec les différentes structures d’appui. La problématique des ressources longues indispensables au financement de l’investissement stratégique que connaissent les entreprises sera prise en charge par le FONSIS qui accompagnera les privés nationaux dans les partenariats avec les investisseurs étrangers. Il facilitera également l’accès au financement des PME-PMI. A cet effet, il mettra en place un fonds particulier qui servira à des prises de participation dans le capital des PME présentant un potentiel de développement intéressant, avec un fort taux de création de valeur ajoutée et d’emplois. Les synergies entre l’ADEPME, l’Agence pour la Promotion des Exportations, la Bourse nationale de Sous-traitance et de Partenariat, permettront de mobiliser davantage de ressources et d’assurer l’accompagnement des PME grâce à des lignes de financement préférentielles. Les ressources de la Caisse des Dépôts et Consignations renforceront ce dispositif d’appui au financement des PME. Ces instruments qui développeront des synergies avec les systèmes financiers décentralisés vont également soutenir de jeunes porteurs de projets et opérateurs privés. A la faveur de l’amélioration de l’environnement des affaires induites par les réformes, les activités du secteur privé seront également stimulées par la commande publique et la participation dans la réalisation des grands chantiers d’investissements. Il reste entendu, honorables députés, que la préférence nationale s’accompagnera d’une bonne exécution de la commande publique, tant du point de vue de la qualité du travail fourni que du respect des délais de livraison. 3 RENFORCEMENT DE L’ETAT DE DROIT 3.1 REFORME DE LA JUSTICE Monsieur le Président, Honorables Députés, Je voudrais à présent aborder le troisième axe de mon intervention en évoquant les réformes majeures pour consolider l’Etat de droit, et une gouvernance locale permettant de donner plus d’impulsion au développement des terroirs. Le premier chantier de réforme est celui de la justice. En effet, pour un Etat de droit et une gouvernance à la hauteur de nos ambitions, il est indispensable de renforcer le système judiciaire. Son organisation sera donc revue, avec la mise en place des Tribunaux de grande instance et des Tribunaux d’instance, en remplacement des tribunaux régionaux et départementaux. Cette évolution de la carte judiciaire s'accompagnera d’une redéfinition du système de répartition des compétences des juridictions, en vue de garantir la célérité dans le traitement des affaires et une véritable justice de proximité. Elle sera également marquée par l’accélération de l’informatisation et la mise en réseau de la chaine judiciaire, pour une réduction significative des délais de délivrance des décisions de justice et autres actes judiciaires. La consolidation d’un statut protecteur des magistrats, autre préoccupation majeure, a été bien prise en compte. Ainsi, la nouvelle loi organique prévoit une augmentation du nombre de magistrats élus au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), avec l’intégration de quatre membres élus pour deux ans renouvelables par les collèges de magistrats dans la composition du Conseil. La réforme du système judiciaire renforcera aussi la garantie de la protection des libertés individuelles. C’est le sens des projets de réforme du code pénal et du code de procédure pénale qui seront finalisés et soumis à l’Assemblée Nationale avant la fin de l’année 2013. Cette refonte de l’arsenal répressif est dictée par une volonté d’assurer une meilleure protection des droits et libertés individuels, l'aggravation des peines en matière de vol de bétail et la répression plus sévère de la délinquance économique ainsi que l’escroquerie foncière qui est devenue un véritable fléau. Dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail, les juridictions seront abritées dans des structures plus fonctionnelles, avec la réception des locaux des Cours d’Appel de Thiès et Kaolack en novembre 2013 et de celles de Saint-Louis et Ziguinchor en 2015. Une nouvelle école nationale de la magistrature sera également construite d’ici 2015. Par ailleurs, pour faire face à la croissance de la population carcérale, et dans le souci d’améliorer les conditions de détention, les maisons d’arrêt seront réhabilitées et un établissement pénitentiaire moderne de 1500 places sera construit à Sébikotane. Le même site abritera également une école nationale d’administration pénitentiaire. 3.2 GOUVERNANCE LOCALE : ACTE III DE LA DECENTRALISATION Monsieur le Président, Honorables Députés, Une autre réforme majeure dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance sera la mise en oeuvre de l’Acte III de la décentralisation. Après la réforme de 1972 créant la communauté rurale et celle de 1996 portant régionalisation, c’est un nouveau pas qui est posé vers plus d’équité sociale et territoriale, pour l’élimination progressive des disparités entre les villes et les campagnes et le renforcement des pouvoirs locaux qui se fera à travers la communalisation intégrale et l’érection du département en collectivité locale, avec le maintien des compétences et des limites actuelles des collectivités locales. Toutes les communautés rurales deviendraient ainsi des communes et les départements auraient le statut de collectivités locales. Ce qui permettra une gestion de proximité des besoins de développement des populations et le renforcement de la démocratie locale Les projets de texte vous seront soumis très prochainement, avec pour objectif de finaliser la première phase du processus avant les élections locales de l’année prochaine. Monsieur le Président, Honorables députés, il nous faut un consensus large et fort sur cette question essentielle, pour bâtir un modèle de développement plus apte à venir à bout des injustices sociales. C’est l’occasion de se féliciter de la large adhésion à la réforme des nombreux acteurs de la vie publique suite aux consultations menées la semaine dernière par son Excellence le Président de la République Macky Sall. Les avis et réflexions recueillis seront pris en compte et un comité de suivi permanent de la mise en oeuvre de la réforme sera créé qui permettra de continuer ce dialogue qui va dans le sens du renforcement de notre démocratie. 3.3 SECURITE Monsieur le Président, Honorables Députés, l’Etat garde également le souci de protéger les citoyens et de développer une gouvernance sécuritaire de proximité, c’est tout le sens de l’agence de sécurité de proximité qui assistera les forces de sécurité dans la prévention de la délinquance et le vol de bétail mais également dans la promotion des comportements citoyens. Afin de lutter efficacement contre le grand banditisme, des opérations communes entre les différentes forces de sécurité permettront de combattre plus efficacement les crimes et délits qui troublent le sommeil de nos concitoyens. L’Etat a également le souci de protéger nos frontières. En effet, notre pays évolue dans un contexte sous-régional marqué par une certaine instabilité, liée à l’émergence de réseaux organisés menaçant l’intégrité des pays. A cet égard, le maillage sécuritaire du territoire national sera poursuivi et les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité renforcées. C’est le moment de vous parler de la verte Casamance, et de souhaiter un retour à une paix rapide et définitive dans cette belle et généreuse région, qui doit occuper une place déterminante dans le développement de notre pays. Il me plaît déjà d’indiquer qu’au-delà des projets de désenclavement et de développement qui y sont en cours, la région bénéficiera d’un nouveau projet « pôle de croissance » d’un montant de 20 milliards de FCFA pour mieux accompagner son essor économique. Monsieur le Président, Je voudrais réaffirmer solennellement ici la volonté et l’engagement de son Excellence le Président de la République Macky Sall d’ouvrir des négociations franches et sincères avec le MFDC afin d’établir la paix définitive en Casamance. 3.4 COOPERATION INTERNATIONALE POUR LE DEVELOPPEMENT Monsieur le Président, Honorables Députés, Au plan de la politique étrangère, le Gouvernement poursuivra les choix et orientations tels que définis par le Président de la République. Il s’agira d’élargir et de renforcer le cercle de nos amitiés et de mettre en oeuvre une vigoureuse diplomatie économique, une diplomatie de bon voisinage et de paix, une diplomatie de promotion et de protection de la Diaspora sénégalaise, une diplomatie de souveraineté nationale, une diplomatie d’intégration économique, une diplomatie au service de la solidarité africaine et internationale. A cet effet, nous veillerons à rendre plus productives nos représentations diplomatiques et consulaires, à faire en sorte que nos Ambassadeurs et nos Consuls généraux soient d’abord au service de nos compatriotes, de nos concitoyens de la diaspora. A cet égard, il nous faudra améliorer la qualité des services et l’accueil ainsi que la célérité dans la fourniture des documents administratifs dont l’importance est capitale lorsque l’on vit dans un pays étranger. Nos ambassades devront également être au contact du monde des affaires et de la finance ainsi qu’avec les milieux économiques de leurs juridictions respective, pour en sus de la mobilisation de l’Aide publique au Développement, attirer les investissements directs étrangers vers les secteurs fondamentaux de notre économie : infrastructures, agriculture, l’énergie, mines, finance, services, promotion touristique et culturelle ,les transferts de technologie. Notre engagement dans ce sens devra continuer de se traduire par des rencontres politiques de haut niveau, la tenue régulière des Commissions Mixtes de Coopération, des Comités techniques de suivi, l’organisation de Forums des Affaires, la réalisation de chantiers régionaux qui permettront de renforcer la dynamique de croissance, en apportant des solutions supplémentaires et durables à la crise énergétique, à nos problèmes d’approvisionnement sécurisé en eau potable, à notre projet d’autosuffisance et de sécurité alimentaires. C’est dans cette perspective qu’il faut situer la tenue du 15ème Sommet de la francophonie prévu en 2014 dans notre pays. Ce sommet sera une nouvelle occasion, pour cette communauté de destin, partageant une langue et des valeurs universelles, d’explorer de nouvelles voies pour faire face aux bouleversements géopolitiques, géoculturels et géoéconomiques. RENOVATION DE L’ADMINSTRATION ET DE LA GOUVERNANCE Monsieur le Président, Notre action reposera sur les principes de bonne gouvernance et l’amélioration de la qualité du service public. Dans cette perspective, à la suite de l’audit physique et biométrique des agents de l’Etat, le statut général des fonctionnaires ainsi que le régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires seront révisés, pour répondre aux exigences d’une administration moderne. Le Gouvernement s’est déjà engagé dans la réalisation d’une « Etude sur le système de rémunération au sein de l’Administration publique ». Les conclusions, qui seront disponibles dans le courant de l’année 2014, permettront de mettre en place un système de rémunération plus approprié, récompensant davantage l’effort et le mérite. Pour assurer le succès de la mise en oeuvre de toutes ces mesures, il nous faut réunir les conditions d’un dialogue social fécond, fondé sur la confiance mutuelle et l’appréciation objective des attentes et des possibilités respectives de chaque partenaire (Etat, employeurs, travailleurs). A cet égard, nous engagerons la promotion d’un pacte social, fondé sur les valeurs que nous avons en partage : le sens du devoir et des responsabilités, le respect de la parole donnée. C’est dans cette optique qu’il faut situer l’organisation prochaine de la Conférence sociale et la création du Haut Conseil du Dialogue social. L’objectif est d’approfondir les concertations entre l’Etat et les partenaires sociaux, afin d’instaurer un environnement social propice à la compétitivité des entreprises et au respect des droits des travailleurs. Il nous revient également de relever le défi majeur de combiner une politique rigoureuse de maîtrise des dépenses avec une allocation plus efficiente des ressources. Pour une grande efficacité de la dépense publique, nos administrations internaliseront la culture de la gestion axée sur les résultats. Ainsi, elles seront mieux préparées à fournir les services de qualité attendus par les populations, avec célérité. Aujourd’hui, les retards récurrents observés dans l’exécution des projets et programmes constituent autant de sources de surcoûts et de gaspillage de ressources pour l’Etat, en plus de différer l’atteinte de nos objectifs de développement. Les départements ministériels engageront donc des programmes de formation pour le renforcement de leurs capacités internes en matière de passation des marchés et d’exécution des contrats. Le processus consensuel de révision du code est d’ailleurs en cours, pour concilier les meilleures conditions de transparence et de célérité dans l’exécution de la commande publique. En outre, le gouvernement engagera les mesures nécessaires pour assurer le contrôle de l’action publique et la réédition des comptes, avec un suivi plus strict de l’exécution des recommandations des rapports des corps de contrôle de l’Etat. . Toutes les mesures seront également prises pour renforcer les mécanismes judiciaires et administratifs de lutte contre la délinquance financière. CONCLUSION Monsieur le Président, Honorables députés, A travers la feuille de route que je viens de décliner devant vous, j’ai fait le choix de vous entretenir de réalisations concrètes sur lesquelles le Gouvernement s’engage d’ici 2017. C’est le choix de la transparence, dicté par le souci de rendre nos actions plus lisibles, pour permettre à tout citoyen de mesurer, à chaque échéance, le niveau de satisfaction de ses attentes. C’est un choix fondé sur notre engagement de tenir aux sénégalais à tout moment un discours de vérité. Est ce que tout sera fait tout de suite ? Non, il nous faudra étaler nos efforts dans le temps et être patient. Est ce que cela sera facile, non ! Il nous faudra opérer des ruptures qui bousculeront quelques unes de nos habitudes et ce ne sera pas toujours aisé. Mais, par le dialogue responsable, nous pouvons bâtir des consensus forts qui nous permettront de placer les intérêts du Sénégal, les intérêts de tous les sénégalais, ceux des villes, des villages, de la banlieue ou de la diaspora au coeur de nos démarches respectives. En résumé et pour conclure, Monsieur le Président, Honorables députés, je voudrais vous dire que notre projet économique et social a pour ambition de placer le citoyen sénégalais au coeur de son action. Nous comptons soutenir de manière volontariste nos compatriotes les plus vulnérables, en faisant de l’accès aux services sociaux de base une réalité pour tous. A cet effet, des réalisations majeures sont attendues dans tous les secteurs. Nous allons porter des réformes importantes dans l’environnement des affaires et au sein de notre Administration, en vue d’accélérer la croissance de l’économie, assurer la création massive d’emplois et générer des revenus plus importants pour les ménages. Notre souci permanent sera celui de la performance et de l’efficacité, performance dans notre capacité de répondre aux attentes sociales, efficacité des dépenses, efficacité dans la conduite des actions, avec un suivi rapproché de l’exécution de nos engagements. Comme je l’ai dit, un dialogue régulier sera entretenu avec le Parlement sur l’exécution des politiques et la gestion des finances publiques. Des mécanismes de dialogue et de partage faciliteront l’accès à l’information des citoyens sur la conduite des politiques publiques, afin de rendre effectif le principe de redevabilité. Dans le même sillage, le gouvernement s’engage à mieux accompagner la presse, pour son rôle déterminant et responsable dans le renforcement de notre démocratie. Avec le code de la presse qui sera soumis à l’Assemblée nationale d’ici la fin de l’année, des avancées significatives sont attendues pour une professionnalisation du secteur, l’amélioration des conditions de travail des acteurs et des entreprises de presse. Mais, Honorables députés ce projet a besoin, pour réussir, de s’appuyer sur une citoyenneté plus active, plus exigeante, mais également plus responsable. Il n’y a aujourd’hui d’autres alternatives sérieuses que de travailler, travailler d’arrache-pied et souvent dans l’urgence, tout en construisant les bases solides pour l’avenir. C’est le défi que compte relever le gouvernement. En réalité, Monsieur le Président, le travail est un acte de foi tel que nous l’enseignent nos religions. C’est seulement à travers le travail, l’organisation, la discipline et la rigueur que les grandes Nations se sont construites. Et c’est à travers le travail, l’organisation, la discipline et la rigueur que le Sénégal se construira. Monsieur le Président, Honorable députés, Nous le savons, notre feuille de route continuera de s’exécuter dans un contexte de défis, mais aussi un contexte d’opportunités à saisir. En effet, nous appartenons à un monde globalisé, où plus rien n’est acquis d’avance. Mais, c’est ce qui rend notre mission encore plus exaltante ! Ce pays, notre pays, le Sénégal, nous le bâtirons nous-mêmes, personne ne le fera à notre place et il est de notre devoir de léguer à nos enfants un Sénégal meilleur, un Sénégal de progrès et de paix. Monsieur le Président, Honorables Députés, Aujourd’hui, plus qu’hier encore, nous avons notre destin en main. Qu’Allah, dans Sa miséricorde divine, guide nos actions et leur insuffle sa Grâce infinie pour que notre cher Sénégal retrouve une place de choix au sein des nations prospères. Je vous remercie de votre bien aimable attention