lundi 30 septembre 2013

LES PENSEURS FLÉCHISSENT OU PENSENT

Otages ou médiocres ? lundi 30 septembre 2013 A la question sans fondements statistiques de savoir pourquoi le commun des sénégalais n’a d’ambition que sur le bord politique, les réactions parmi les plus subjectives étalent une myriade d’hypothèses. En partant simplement du constat que la politique préoccupe la majorité des citoyens de ce pays à plus de 80% analphabètes, il n’est pas besoin d’amorcer une recherche académique pour accuser le contraste. Pourtant entre la presse, la classe moyenne, l’informel et la vie rurale, le plus grand centre d’intérêt demeure à tous bouts de piste le politique et la politique. Si nous débarrassons la lecture des extensibles définitions pour nous en tenir aux acteurs qui gouvernent et à la pratique de gestion du pouvoir tout court, il ne nous restera qu’à décrypter cette forte aspiration vers les lambris du palais de Roume et tout ce qui l’entoure au quotidien. En réalité, de façon tout à fait banale, l’hypothèse de réflexion qui nous a inspiré ce retour de congé ne tient qu’à ce que vous et moi pensons tout bas et de façon disparate sans toujours nous expliquer précisément cette situation d’otage de la vie politique qui nous caractérise au Sénégal. Même les plus indifférents finissent par s’amenuiser les méninges au service du pouvoir et son lot d’insolites. Evidemment, vous me répondrez comme Montalembert que si vous ne vous occupez pas de politique, elle s’occupe de vous. Ou encore qu’il ne faudrait pas perdre de vue la nécessité naturelle du citoyen à suivre la vie politique. De même qu’il sacrifie au devoir de vote et à sa charge fiscale de contribuable au financement de l’Etat, il garde le droit de regard non sans se réserver le pouvoir de veiller au respect de la démocratie comme le vigile magistralement décrit par Pierre Rosanvallon. Cet intérêt n’est pas suffisant pour limiter le citoyen sénégalais de toutes les couches sociales au seul regard politique. Le virus de la politique habite même les lycéens et les étudiants souvent plus enthousiastes à créer un mouvement de soutien ou une association dite citoyenne qu’un groupe de recherche académique. Des cas atypiques comme le faussement ambitieux Aliou Sow qui peine à reconnaître son repli égocentrique dans un mouvement en marge du PDS encouragent tous les débordements. Le PDS et sa fidélité au vieux Wade lui ont en effet imposé et fabriqué de toutes pièces une carrière depuis le campus universitaire, faisant de lui l’un des plus jeunes puceaux politiques à tous les postes politique puisqu’à la trentaine, il avait déjà servi au gouvernement et en tant qu’élu à la représentation nationale pour en rester là. Le talent aidant, le résultat est visible à son 3eme cycle, au manoir et aux rutilantes cylindrées qui le distinguent dans sa récente promotion. De tels exemples sont légion et il n’est plus un doute pour personne que le meilleur raccourci vers l’opulence et au moins l’abri du besoin serait la politique. Pendant que je me forçais la raison de restituer de la plus simple des manières ces questionnements embarrassants, le coup d’épée enfin descendu d’Idrissa Seck m’a tranché l’esprit. Mieux encore, la transhumance alarmée de Oumar Gueye et Pape Diouf m’a conforté dans mon souci qu’au Sénégal, il n’y a que la politique dans la vie. Toujours est-il que l’accumulation des centaines de partis politiques difficiles à décompter trahit la pratique politique à l’africaine à savoir en rangs dispersés, chaque leader fondateur de mouvement étant presque le propriétaire à vie de son label. Le ministre proposé par Idrissa Seck au gouvernement d’un allié de circonstance ne s’est pas embarrassé de jugement de conscience sur son compagnonnage avec son ancien leader politique pour s’acoquiner avec le pouvoir. Il a créé dans la foulée un mouvement politique pour soutenir celui qu’il n’a connu que l’année dernière entre les deux tours de la présidentielle ; une attitude proche de celle de la transhumance que l’APR a dû légitimer pour recruter et peaufiner son existence. Par leur opportunisme sans limite, beaucoup ont fait mentir à Chevalier et son encyclopédie qui établissent que les faits politiques et les rapports du pouvoir sont commandés par les doctrines politiques. Faux. Ceux qui nous dirigent et professent sur la vertu ne croient en rien. C’est dire que l’arène est pleine de saltimbanques aux desseins les plus subreptices de la vie. Maître Jean Claude Katende de l’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme écrit qu’en Afrique, la politique sert à détruire le mérite, promouvoir les membres de la famille et de son clan et s’enrichir. La politique commande le quotidien au point d’occuper la grande partie des tabloïdes dans les kiosques. Il est bien facile de jeter l’opprobre sur les confrères qui, faute de conditions idoines et de vocation ne s’embarrassent que très peu d’enquêtes profondes et de sujets socioéconomiques de proximité mais il reste à ceux qui ont tenté d’innover l’excuse du marché local de l’information qui semble commander à priori l’actualité politique. Entre l’incapacité de la presse à faire l’opinion et ses faiblesses devant les caprices de l’audience, la frontière reste poreuse et discutable. Toujours est-il que la politique commande le quotidien si bien que le travail dont le pays sans richesses naturelles a besoin pour dompter la croissance qualitative est relégué au second plan. L’économiste Meissa Diop regrette que les experts de la banque centrale brandissent des projections de croissance de plus de 7% en 2015 alors qu’il ne s’agit que d’effets quantitatifs liés à la banque, la téléphonie et l’impôt. Une croissance aérienne sans répercussions dans le panier de la ménagère. Il reste encore à se pencher sur l’agriculture, le monde rural et artisanal, la création d’emplois et de richesses noyée dans l’économie des secteurs non structurants. Tous ces termes refrains des discours politiques tardent à prendre corps dans la mise en œuvre des politiques publiques de plus en plus enclines aux gaspillages par les doublons de structures et les sorties budgétivores des hauts fonctionnaires. Dans cette logique, les plus frustrés vierges du système des Wade et avant-gardistes de l’opportunisme se rangent déjà derrière Idrissa Seck qu’il est déconseillé d’avoir comme principal opposant malgré ses errements. Pas facile non plus de le séduire sans lui réserver le siège de Président de la République. Entre cette autre bête de la politique et la renaissance socialiste, quel clan succédera à celui d