vendredi 25 octobre 2013

AU COEUR DU CAPHARNUM DES SENEGALAIS DE FRANCE

Immersion au cœur du Consulat du Sénégal à Paris : vendeur de café Touba, sécurité zéro, prises électriques arrachées ! Vendredi 25 Octobre 2013 - 12:52 Je suis devant le Consulat du Sénégal à la Rue de l’Amiral Hamelin dans le 16ème arrondissement de Paris. Immersion au cœur du Consulat du Sénégal à Paris : vendeur de café Touba, sécurité zéro, prises électriques arrachées ! consulat du sénégal à Paris 1 Beaucoup de monde ce 21 octobre, comme tous les jours, depuis l’installation du visa obligatoire pour tous ceux qui veulent se rendre au Sénégal, binationaux y compris. Quelques personnes sur le trottoir parlent de la situation économique dure au Sénégal. Ils disaient ne rien comprendre à la politique menée par Macky Sall en faisant le parallèle avec la politique de Hollande en France. Ils fument tranquillement leurs cigarettes sous une température parisienne à 20 degrés au mois d’Octobre. Un rapide ‘salamalec’ à l’entrée aux quelques personnes qui étaient dans le couloir du consulat avant le portique de sécurité. Et je suis dans l’enceinte du consulat du Sénégal à Paris, je suis en territoire sénégalais…en France. Acte I – Le Portique de sécurité Je m’engouffre à travers le portique de sécurité, qui fait un gros bip au passage. Personne n’est là pour m’interpeller ou regarder dans mon sac. Effectivement il y avait de quoi, mon sac à dos était rempli d’objets électroniques de toutes sortes (ordinateurs, téléphones portables, deux mini-hubs, une lampe à port USB, 4 casques, des câbles, des chargeurs…) la panoplie parfaite d’un geek. Etant donné que personne n’est devant la porte pour vérifier les entrées et sorties au Consulat et vu le coût d’installation d’un portique de sécurité – il faut compter environ plus de 10.000 euros – pose et maintenance inclues, je me suis posé la question que le citoyen lambda est en droit de se poser en pénétrant dans ces lieux: ‘’A quoi cela sert de laisser encore ce portique de sécurité qui fonctionne sans surveillance des entrées-sorties ? Pas de sas de sécurité, pas de contrôle physique, pas de gendarme à l’entrée, rien’’. De toutes les façons, le portique est toujours ouvert. Je me souviens il y a de cela quelques années, la porte se fermait et ne laissait rentrer les personnes qu’au compte-goutte. Mais ça, c’était avant… Maintenant c’est Sandaga-sur-Seine ! Acte II – Le vendeur de ‘ Café Touba’ café touba Ensuite je me dirige vers le service des visas. Ambiance conviviale, signalisations bien lumineuses, les personnes sagement assises sur les chaises mises à leur disposition. Ils attendaient leur tour pour récupérer leur visa sénégalais. Un homme étrange avec un grand sac de voyage dans la salle juste à côté du photocopieur et juste à côté du bureau du Gendarme.D, chargé de délivrer les sauf conduits des sénégalais sans papiers et de superviser la bonne marche des demandeurs de visas et la régularité de leurs reçus et autres tickets. Quelques minutes plus tard, il dépose son sac, sort un thermos, des verres à café en plastique et sert du café. Mais à l’odeur corsée, c’est du café Touba Quelques agents se rapprochent de lui, sortent des pièces de 1 euro, et repartent avec leur verre de café. Je me demande si le Consulat vend du Café Touba. A voir le gendarme conciliant et les agents contents de déguster le Café de la cité religieuse, je me dis que c’est vraiment le Sénégal ! Rien ne change même au pays de De Gaule ! Acte III – Le numérique ? visas Une révolution, car dorénavant, pour éviter que les personnes ne se déplacent pour rien, deux sites internet leurs sont dédiés. Tout est fait pour éviter que l’usager ne se déplace au consulat sans auparavant avoir les renseignements sur internet et prendre un rendez-vous. Une excellente chose. Les citoyens sénégalais peuvent suivre l’état d’avancement de leur dossier (carte d’identité, passeport, immatriculation, carte électeur, pièce perdue, rendez-vous…) Bravo au nouveau Consul Diallo ! Mais il y a un gros hic ! Beaucoup de monde, principalement des français et des binationaux qui ont pris rendez-vous via le site http://ecitizen.consulsen-paris.fr/ ou sur http://www.consulsen-paris.fr/ pour venir récupérer leur visa après s’être acquitté des 50 Euros obligatoires payables en ligne. Mais encore pour payer, il faudra s’en acquitter sur place en euros (pas de carte bleue ni de chèque. A Paris, la grande capitale française, le consulat du Sénégal ne connaît pas encore le numérique ou la modernité. Un tour rapide sur ma tablette me donne d’autres infos sur le consulat à l’ère du numérique. Et je remarque des choses étranges : au sujet de l’utilisation des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, le Consulat du Sénégal à Paris a lancé son compte tweeter au mois de Décembre 2010 avec un compte twitter associé @ConsulSenParis qui n’a tweeté que 4 fois, pour 0 abonnements et 41 abonnés depuis le 22 décembre 2010 dont 3 tweets le jour du lancement et un dernier tweet datant du 22 janvier… 2012. Et pourtant il y a plus de 35.000 sénégalais inscrits sur les fichiers du consulat…A noter le lien inactif Tweeter du Consulat (le Consulat sur Tweeter) qui est sur le site officiel du Consulat du Sénégal (http://www.consulsen-paris.fr ) Pour couronner le tout, le compte @ConsulSenParis est associé au Consul Général…Léopold Faye (bientôt 2 ans qu’il est parti) avec sa photo et un édito de ….Abdoulaye Wade. :-) Bien entendu le Consulat du Sénégal est absent sur les réseaux sociaux de type Facebook, Tumblr, Pinterest, You tube… Acte IV – Les services bureau consulat Retour à l’entresol, un rapide bonjour aux deux gendarmes présents dans leur cage en verre avec comme toujours beaucoup de monde au bureau des passeports. Personne ne me contrôle… La salle des passeports est pleine, on sent une certaine nervosité, je ne m’attarde pas, je monte directement aux étages supérieurs en prenant l’imposant escalier en marbre de ‘Carrare’ du Consulat. Au premier étage, quelques sénégalais sagement assis attendant leur tour d’être reçu par le personnel du consulat. Les salamalecs et autres condoléances fusent de partout-visiblement il devait avoir un décès les jours précédents d’un membre du personnel du consulat- et aussi quelques confidences concernant les prochains mouvements du personnel au Consulat. C’est ainsi que j’ai appris qu’il allait y avoir un profond changement de personnel et personne ne savait qui remplacerait qui. Inutile de vous dire que le nom le plus cité était…Dieu. « Bou nekhé Yallah, In Challâh, Yalla Bakhna, Tegg leep ci lokho Yallah, Yallah Yana, …Negnko bayi cii lokho yallah… ». Mais tous dans leur for intérieur ne souhaitent pas repartir au Sénégal. Je sentais une véritable angoisse dans leurs visages quant à l’idée de partir au Sénégal avec ces coupures d’eau, d’électricité, de chaleur, de poussière, de saleté… Tout cela sur fond de versets du Coran et de revue de presse de Ahmed Haidara qui nous renvoyaient à une ambiance du marché Tilène de Dakar. Personnellement, je trouvais le volume sonore relativement élevé pour un lieu de travail. Acte V – Le bureau du Consul amadou diallo consul Ensuite je me rends au 3e étage en empruntant l’escalier en bois étroit, où je remarque que je suis arrivé devant le bureau du Consul Amadou Diallo (c’est marqué sur l’écriteau ‘’ne reçoit que sur rendez-vous’’). Je me dirige vers sa secrétaire pour savoir si je peux avoir un rendez-vous maintenant. Elle me signale que non, et que les rendez-vous doivent être pris bien avant. Qu’à cela ne tienne, curieux par nature et du fait de ma profession, je reste assis sur le canapé en cuir noir qui orne la salle d’attente du Consul à côté de trois personnes qui attendaient leur rendez-vous avec des enfants assez sages. Mon portable commençait à se décharger et je cherchais une prise dans la salle d’attente. Je trouve une prise juste à côté du bureau de la secrétaire du Consul. Quelle ne fut ma surprise de voir que la prise murale est arrachée et présentait un grave danger d’électrocution pour ceux qui l’utilisent ainsi qu’aux enfants qui jouaient à côté sur la moquette. Je retire discrètement mon chargeur ne voulant pas être responsable d’un départ de feu au Consulat. Acte VI – les archives à terre Je faisais les cent pas dans le hall de la salle d’attente du bureau du consul et en face de celle de Mme Mbacké, la vice-consul et je tombais sur une espèce de bar avec beaucoup de documents dans des pochettes poussiéreuses. Ma curiosité de journaliste fit le reste, je décidais d’ouvrir une des nombreuses pochettes posées au vu et au su de tout le monde sur le sol. Et ô sacrilège ! Je tombe sur des coupures de presse du journal le Soleil datant des années 80 et à l’intérieur les décorations de personnalités et demandes diverses pour le président Diouf (ancien président du Sénégal) Tout cela une bonne dizaine de minute sans être dérangé le moins du monde. Je remis les documents à leurs places, accéda à l’étage supérieur qui devait être leur réfectoire. Je me décidais à quitter le consulat sans attendre de voir le Consul en prenant toujours les escaliers avec une certaine amertume, un sentiment d’inachevé et une crainte immense… Et si j’étais terroriste… Sidy Niang/Paris.xibaaru.com