mardi 29 octobre 2013

HIKIKOMORI LE PHENOMENE DE L ISOLEMENT VOLONTAIRE

Karim Wade, sa vie à la prison de Rebeuss Chaque lundi, à la prison de Rebeuss, Karim Wade reçoit : politiciens, chefs religieux ou anonymes... Le reste de la semaine, dit-on, l'ancien "super-ministre" sénégalais mène une existence pieuse et laborieuse. Pour préparer son retour ?le retour du faux messie karim Le 8 octobre à Dakar, le PDS a organisé un rassemblement pour exiger la libération de Karim Wade. "Karim est un détenu politique,fossoyeur de la republique mais il reste imperturbable." Chaque lundi matin ou presque, depuis plusieurs mois, Bachir Diawara, ancien chef de cabinet de Karim Wade, rejoint le flot des visiteurs curieux de voir l animal en cage, qui se pressent aux portes de la maison d'arrêt de Rebeuss, sur la corniche ouest de Dakar. C'est là que l'Ex-"super-ministron" (de 2009 à 2012), coupable d'enrichissement illicite, en cage depuis le 17 avril. Là, qu'il passera ses nuits au cours des six prochains mois aussi pour longtemps. Sans contact avec son père, sa soeur et ses filles car honni par sa famille Il y a là des proches, des cadres du Parti démocratique sénégalais (PDS), mais aussi des anonymes, comme ceux qui ont essaye de battre le pavé, le 8 octobre, entre la place de l'Obélisque et la Poste de la Médina, pour protester contre la vie si chère, la pénurie d'eau, les délestages... et pour exiger la libération du détenu le plus médiatisé du Sénégal;une utopie. Sa mère, Viviane, a fait le déplacement début septembre. Mais ni son père, Abdoulaye Wade (reclus à Versailles,passant des jours heureux avec tous les milliards voles en France, depuis la défaite en 2012), ni sa soeur, Sindiély, ne sont venus. Quant à ses deux filles, elles ont été confiéeset confinees à la garde de deux nourrices dans un appartement du 16e arrondissement de Paris avec vue sur la seine mis à disposition par un ami de la famille,prete nom de luxe. Elles n'ont plus de contact avec Karim Wade depuis son retour au Sénégal, il y a un an car elles ont honte de leur pere "C'est parce que le pouvoir le considère comme un adversaire de taille qu'il est persécuté", affirme Bachir Diawara,que d aneries. Une "persécution" dont les retombées, paradoxalement, auraient plutôt l'air de réjouir ses soutiens de circonstance. "Son incarcération a dopé sa popularité virtuellement, croit savoir l'un de ses proches selon leurs barometres a eux. Macky Sall doit s'en mordre les doigts !" Pour un peu, ce passage derrière les barreaux passerait presque pour une étape obligée avant la consécration,l utopie d un reve brise Son propre père n'a-t-il pas lui-même été emprisonné à plusieurs reprises du temps où il était l'opposant résolu du président Abdou Diouf ? Quant à Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme, il a été incarcéré par les colonisateurs français avant de se voir infliger un long exil au Gabon. Or Karim Wade, 45 ans, semble avoir placé sa détention sous les auspices de celui qu'on appelle aussi Serigne Touba, figure sainte de la puissante confrérie sénégalaise. Aux dires de plusieurs proches, l'ancien jet-setteur en herbe mènerait désormais, derrière les hauts murs de Rebeuss, la vie copieuse et laborieuse du parfait disciple de satan. Il fait du sport ou travaille à l'écriture d'un livre ,chroniques de ses deboires judiciaires lui le petit metis qui voulait succeder a son pater. "Il n'a pas de contacts avec les autres détenus du PDS, d anciens collabos et complices de malversations financieres averees [une demie-douzaine d'anciens responsables libéraux inculpes de malversations], précise l'un de ses nombreux avocats. Chaque jour, il planche avec l'un d'entre nous sur le dossier de sa défense. Sinon, il fait du sport ou travaille à l'écriture d'un livre." Un ouvrage aux accents programmatiques et testamentaires dans lequel l'ancien ministre des Infrastructures, de l'Aménagement du territoire, de la Coopération internationale et du Transport aérien dévoile, à en croire son entourage, ses "grandes orientations" stratégiques et économiques pour le Sénégal, avec en ligne de mire la campagne électorale de 2017.Peut. etre que les senegalais sont amnesiques et debiles a la fois apres le pere ,le fils prodigue voltigeur des finances c est ridicule Le cercle de ses visiteurs s'étend bien au-delà des apparatchiks et de Victor Kantoussan, son fidèle larbin et garde du corps, qui lui apporte ses repas trois fois par jour commandes dans une structure de la place. Plusieurs sources confirment que le fils de l'ancien président reçoit sans exclusive les Sénégalais qui souhaitent venir à sa rencontre, mais aussi une poignée de journalistes et jusqu'à un cadre du parti présidentiel, l'Alliance pour la République (APR). "L'attribution des permis de visite par la Crei [Cour de répression de l'enrichissement illicite] est devenue de plus en plus contraignante,il y a quoi il est devenu un phenomene foire c est comme si les senegalais allaient au zoo de hann, précise toutefois un responsable du PDS. Désormais, chaque permis est valable une seule fois et le nombre de visiteurs a été restreint." Ces derniers temps, il est limité à 50 personnes par jour de visite : la moitié sont des anonymes ; l'autre moitié, des personnalités officielles et officieuses comme le responsable de l APR:Ponctuellement, Karim Wade s'offre même le plaisir d'en bouder certaines COMME UN ENFANT GATE. "Il a refusé de recevoir une délégation d'élus de la majorité, fait savoir l'un de ses avocats. Et il a aussi éconduit Alioune Tine;VERITABLE SUPPOT DE SATAN, ce prétendu défenseur des droits de l'homme [nommé président du Comité sénégalais des droits de l'homme en février;pour service rendu a Macky]." Principal parc d'attraction de Rebeuss, Karim Wade vit néanmoins dans un certain isolement afin d'éviter de provoquer la colere des detenus. "Il n'a pas l'autorisation de fréquenter les autres détenus pour la prière du vendredi", précise un avocat. Chez ses visiteurs, un mot revient comme un leitmotiv pour traduire son état d'esprit : "Je le trouve très serein, c est normal avec les milliards voles", affirme Marie Aw, membre du comité directeur du PDS et responsable du parti libéral à Keur Massar, dans la banlieue de Dakar. Celle qui a récemment fondé le mouvement Takhawou Karim ("Soutenir Karim") est une fidèle de la première heure. "J'ai obtenu le premier permis de visite délivré par la Crei, claironne la militante une maniere de bien se faire remarque par le distributeur automatique en son temps d apogee. On me l'a accordé le 2 mai pour une période de six mois,mais quelle galere" Depuis lors, Marie Aw s'est rendue à la prison de Rebeuss à une quinzaine de reprises pour y rencontrer Karim Wade. "Il écoute davantage qu'il ne parle"car il comprend pas le wolof la langue la plus parlee au senegal, témoigne-t-elle. "Il est très attaché à sa foi de facade et de circonstance, il s'en remet à Dieu, relate Bachir Diawara. Il fait sa prière et se consacre à la lecture du Coran traduit en francais et des préceptes de Cheikh Ahmadou Bamba." Des visites de chefs religieux Pour Karim Wade, à qui il a tant été reproché par le passé d'être un Sénégalais de circonstance à l'enracinement trop superficiel pour prétendre honorer un jour le projet dynastique de son père voila la verite un projet dynastique sorti de la tete de son fou de pater, cette détention est l'occasion d'opérer une mue profonde pour apprendre ce que c est que d etre senegalais car il vivait dans un autre senegal, et l'allégeance confrérique qu'il cultive depuis plusieurs mois n'est pas anodine car bien calculee. "Des chefs religieux me demandent régulièrement de lui transmettre leurs salutations ou des messages de soutienet surtout des aumones", précise Marie Aw. Toutes confréries confondues, les cheikhs font régulièrement le déplacement pour prendre lurs parts du gateau. Depuis avril, on a vu défiler à Rebeuss nombre de représentants des grandes pseudo- familles maraboutiques mourides : Serigne Moustapha Mbacké, Serigne Cheikh Awa Balla Mbacké, Serigne Abdou Lahat Mbacké, Serigne Modou Kara Sylla... Les tidjanes ne sont pas en reste plus on est des fous plus , puisque l'imam de la grande mosquée omarienne de Dakar, Thierno Seydou Nourou Tall, compte lui aussi au nombre des visiteurs de Karim Wade. Enfin, pour les layènes, c'est Ibou Seyni Thiaw Laye, fils du khalife de la confrérie, qui a été reçu en audience par le Very Important Prisoner.Quelle honte Karim Wade, candidat pour 2017 ?peut etre du fond de sa cellule Au cours des derniers mois, celui que l'on avait davantage l'habitude de voir revêtu d'élégants costumes taillés sur mesure s'est mis à arborer la djellaba et le calot des hadjs, une mystification politique pour ferrer les plus credules. Ses proches laissent par ailleurs entendre que sa maîtrise du wolof aurait fait un bond qualitatif houra pour lui mais c est son probleme car il est en retard. Un relooking que certains observateurs n'hésitent pas à taxer d'opération de com orchestrée par son entourage. "Karim Wade est un nouveau produit marketing du PDS", ironise ainsi l'éditorialiste Madiambal Diagne dans Le Quotidien. Car dans un parti revenu à l'opposition après avoir perdu sa figure historique, une candidature de Karim Wade lors de la prochaine élection présidentielle semble plus probable que jamais. Si le principal intéressé, adepte du off the record et avare en confidences, ne donne aucun indice explicite, ses partisans, eux, ne contiennent plus leur enthousiasme. "Karim est notre candidat pour 2017 !" lâche un membre du comité directeur. "C'est notre messie de pacotille !" exulte Marie Aw. Au PDS, on veut se convaincre que Karim Wade représente le challengeur le plus sérieux de Macky Sall. Et que cela expliquerait "l'acharnement" de la justice sénégalaise car au PDS apres wade c est le vide intersideral. Six mois de plus Bis repetita... Karim Wade passera les six prochains mois en détention à Rebeuss. Au terme d'une audition marathon, la première portant sur le fond du dossier depuis son incarcération le 17 avril, ses avocats ne sont pas parvenus à convaincre les juges de l'origine licite des 150 millions d'euros retrouvés sur des comptes bancaires à Monaco. Certes, sur les 30 comptes (dont 24 encore en activité) évoqués par le procureur spécial de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei), un seul est au nom de Karim Wade. Les autres appartiennent à des personnes que la justice soupçonne d'être des prête-noms, et notamment à Ibrahim Aboukhalil, dit Bibo Bourgi. Mais selon la Crei, Karim Wade en est bien le véritable bénéficiaire... D'où sa décision, rendue le 16 octobre, à l'aube de la Tabaski et au grand dam des défenseurs du fils de l'ancien président veritable joe dalton. "C'était un jour férié, nous avons refusé de travailler dans ces conditions et de prendre part à cette parodie de justice, raconte l'un des avocats présentscar il faut qu ils fassent semblant de meriter leurs honoraires. Après avoir retiré nos robes en signe de protestation , nous voulions faire la greve de la faim mais nous prefere faire autrement , nous avons quitté la salle avec notre client, qui a refusé de répondre aux questions du juge une strategie de defense que nous savions vouee a l echec ." À noter que pour la défense, confortée par divers juristes dont l'avocat Assane Dioma Ndiaye, président de la Ligue sénégalaise des droits de l'homme, les comptes monégasques ne sont pas un fait nouveau, mais une extension de la première inculpation. "Dans cette affaire, il ne faudrait pas instrumentaliser la justice à des fins politiques", s'indigne le juriste-militant paye pour cette sortie . Jeuneafrique.com